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 Âme Strame Gramme || Loo

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    Date de Naissance : 07/05/1992







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MessageSujet: Âme Strame Gramme || Loo   Jeu 15 Sep - 19:27



Le soleil s’était enfin couché, laissant place à une douce pénombre qui finirait par prendre définitivement place d’ici à quelques heures. L’obscurité serait quasi-totale, car nous étions un jour où la lune ne brillerait qu’à son quart. Déjà la température commençait à tomber et je ne regrettais pas mon blouson. Je n’étais pas frileuse, non, juste prévoyante. Car je ne comptais pas rentrer tout de suite au petit appartement que je m’étais déniché. Situé à la limite entre le centre et la périphérie de Londres, il me servait surtout à dormir et manger une fois de temps en temps car je comptais bien passer le plus clair du temps à l’extérieur de chez moi.

J’avançais tranquillement, observant au passage les quelques personnes encore présentes sur les docks. Les quartiers n’étaient pas des plus fréquentables, et on disait même que les personnes saintes d’esprit n’y mettaient les pieds. Mais comme je n’étais pas saine d’esprit et que je ne craignais pas vraiment de perdre contre une éventuelle attaque, rien ne m’inquiétait réellement en ces lieux. Les mains dans les poches de mon sweat-shirt, je prêtais attention au moindre bruit, exerçant ainsi mes sens avant la nuit. Les feuilles des quelques arbres alentour commençaient à tomber, craquant ainsi d’une façon significative lorsque l’on marchait dessus. Mais je préférais me concentrer sur les personnes au plus près de moi, qui se trouvaient être deux promeneurs. A leur pas lent, on devinait qu’ils n’étaient guère pressés et prenaient d’ailleurs le temps de contempler le paysage. Les observant, je me rendis compte que c’était un couple de personnes âgées, ce qui confirma mes suppositions ; les personnes d’un certain âge, bien qu’elles ne soient pas les seules, sont celles qui ont le plus coutume de faire ce genre de choses. Je les croisais et remarquais leur air absent, les yeux dans le vague et songeais qu’ils ne devaient être au courant de l’endroit dans lequel ils se promenaient. Paix à leurs âmes. Je me retrouvais bientôt de nouveau seule. La nuit tombait, les gens rentraient, pour la plupart, chez eux, à l’inverse de moi. Je comptais bien rester encore un moment dans le coin.

Assise sur un banc, j’attendais patiemment depuis un bon moment, mes sens toujours à l’affut. La nuit se faisait bien plus noire, maintenant et ce n’était pas pour me déplaire. Quelques personnes étaient passées, ne prêtant pas attention à moi, siégeant seule, dos à la route sur laquelle nulle voiture ne passait. Le silence régnait, seul troublé par le doux clapotis des vagues et la légère brise qui faisait voler quelques feuilles. Me levant finalement, puisque n’ayant plus de raison de rester sans bouger sans pouvoir distinguer d’autres bruits que ceux de la nature, je repris un rythme moyen. Je n’avais pas d’idée précise de l’endroit où j’irais. Mais je me fiais à mon instinct, à mes envies. La ville n’était pas dépourvue de bars et restaurants en tout genre, oh non, et je trouverais bien mon bonheur en chemin. Alors que je continuais ma marche, j’entendis les bruits caractéristiques d’un bar et je fus soudain prise d’une envie de faire souffrir, comme ça. N’accélérant pas mon pas pour autant, je mis au point un rapide plan en tête, un sourire aux allures sadiques trônant dorénavant sur mon visage. Il fallait bien que je vérifie que j’étais en pleine possession de mon pouvoir, tout de même.

J’entendis avant de le voir un homme entre deux âges qui s’était isolé de façon à pouvoir fumer. M’approchant sans le moindre bruit, je fis le vide le plus complet, respirant aussi paisiblement que possible. Sortant les mains de mes poches tout en avançant, je me trouvais à l’entrée de l’impasse dans laquelle s’était isolé l’homme. Ce dernier ne m’avait d’ailleurs toujours pas remarquée et c’était d’ailleurs le but. Tendant enfin les bras, je pus voir avec satisfaction l’homme se soulever doucement du sol. Quand il prit enfin conscience que quelque chose n’allait pas, son premier réflexe fut évidemment de se tourner vers moi, complètement abasourdi. J’agitais mes mains d’une façon bien précise, pour l’avoir fait des centaines de fois, faisant voltiger l’homme dans les airs, qui se prenait ainsi les murs. Il était bien trop saoul pour réagir de quelque manière normale, ce qui était en soi assez amusant. Il devait croire que ceci n’était qu’un mauvais rêve et se laissait donc faire. Finalement, je ramenais les doigts de ma main droite vers ma paume, tout en tendant toujours ma main gauche de façon à ce que l’homme reste placardé au mur. Ses pauvres mains se ramenèrent à son cou, sentant malgré son état avancé d’ébriété que l’air n’entrait plus dans ses poumons, et tentèrent d’empêcher la force invisible qui faisait qu’il était en train de s’étouffer, en vain. Je le laissais tomber quelques secondes plus tard, évanoui mais pas mort pour autant. Je ne tenais pas à faire des vagues dans une ville supposée être mon lieu de résidence pour quelques années encore, du fait de mes études à terminer.

Je quittais la ruelle, satisfaite. Cela faisait plusieurs semaines que je n’avais pas usé de mes capacités particulières et le fait d’avoir quelque peu malmené cet humain me réjouissait au plus haut point. C’était ainsi. J’avais, depuis ce fameux premier jour, adoré percevoir la souffrance et la peur dans les prunelles d’une personne. Mon pouvoir m’était aussi utile au quotidien bien que j’y avais pas eu recours ces derniers temps. Je songeais, tout en m’éloignant du bar, à mes premiers essais. Et comparé à ce que je pouvais réaliser, c’était dérisoire. Malgré tout, cela m’exigeait de l’attention et lors d’un gros effort, la fatigue se faisait irrémédiablement sentir par la suite. Mais cela, je ne l’avais pas éprouvé depuis un bon moment. Et il me tardait que cela ne revienne, car cela signifierait que j’avais pu me défouler un sacré moment.

Tout en souriant en me remémorant avec précision quelques évènements passés ainsi que quelques personnes torturées, je pris soudain conscience que je n’étais plus seule. La personne qui me filait était attentive à ne pas faire de bruit, mais des années d’expérience, à s’entraîner encore et encore, à repérer le moindre bruit, la moindre anomalie, portaient leurs fruits. Je ne changeais pas mon rythme pour autant, soucieuse de faire croire à la personne que je ne l’avais pas encore repérée. Je changeais soudain de cap, m’enfonçant sans hésitation dans une ruelle que je savais être une impasse. Au passage, je constatais avec plaisir que l’obscurité ambiante empêchait la personne qui me suivait de discerner le nom de la ruelle, et donc, de continuer à me suivre sans y prendre garde.

Je me cachais devant une porte enfoncée dans le mur et je vis avec plaisir, l’homme me passer devant. Un sourire narquois aux lèvres, je lançais :

- Mon cher Leo, il va falloir que tu apprennes à te faire plus discret.

Le dénommé Leo se retourna lentement, et m’aperçut enfin. Et je ne fis aucun effort pour cacher la lueur moqueuse qui prenait place sur mon visage tandis que mon esprit se réjouissait en silence de la tournure intéressante que prenait enfin cette soirée.


Dernière édition par Loa Holtaïlis le Lun 8 Avr - 21:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Sam 24 Sep - 0:18




Âme Strame Gramme.




Assis dans un canapé d'exposition situé dans un grand magasin d'ameublement, Leonardo Sacritorian jouait habilement avec un élastique qu'il nouait autour de ses doigts sans jamais les emprisonner. Faire ces gestes automatiques lui permettait de réfléchir calmement et il en avait bien besoin. Des images de Cecilia, feu son épouse, ne cessaient d’éclater dans son esprit tandis que la culpabilité montait en lui, lorsqu’il constatait que la douleur provoquée par son image s’atténuait. Elle n’était plus aussi vive que hier et demain, elle le serait encore moins. Le jeune homme savait que ce n’était pas quelque chose de mal mais bien de naturel, cela ne l’empêchait pourtant pas de se sentir mortifié. En guérissant, il avait l’impression de la trahir. Ce qui était faux. Elle-même le lui aurait dit. Il devait aller de l’avant. Le passé était fait pour les morts et lui était encore vivant. Il devait en profiter, ne surtout pas gâcher ce précieux privilège, cet état de grâce. Le mouvement de ses doigts n'avait pas cessé tout au long de ses pensées mais le temps n'avait pas arrêté de filer alors Leo fut relativement surpris quand un membre du personnel du magasin vint lui dire qu'il était temps de partir parce que le lieu allait fermer. Le brun savait qu'il aurait du s'excuser de s'être laissé ainsi aller à la monopolisation d'un objet d'exposition mais il ne trouva pas la volonté de le faire. Il s'éclipsa donc en silence après avoir enfilé son long manteau de laine noire, ses mains jouant toujours avec le grand élastique.

Dehors, le crépuscule était déjà passé et les ténèbres qui se faisaient de plus en plus présentes autour de la ville arrêtèrent un instant les mouvements du ruban de caoutchouc appartenant à l'italien. Il était parfois tout à fait désarmant de voir à quelle vitesse le temps vous glissait entre les doigts. Sauf que Leo ne se sentait pas encore de rentrer chez lui. Par acquis de conscience, il commença cependant à marcher vers la bouche de métro qui pouvait le mener à Greenwich Village, la ville toute proche de Londres dans laquelle il habitait depuis un an et demi. L'endroit avait été choisi en raison de sa nouveauté. Personne n’avait eu le temps de mourir entre ces murs. Ignorant finalement l’entrée du métro, le jeune homme continua d'avancer tout droit jusqu'à dépasser les derniers immeubles, devenus de plus en plus vétustes au fur et à mesure de son avancée, et arriver aux docks. Lesquels étaient en voie de désertion. Les immenses containers arrivés dans la journée ou sur le point de partir formaient une sorte de parking impressionnant et quelques dockers traînaient ça et là, vérifiant une dernière fois les marchandises avant de laisser la relève à leurs collègues de nuit. Néanmoins, la solitude n'était pas le genre de choses qui aurait pu déranger le jeune homme. Ressortant de l'une de ses poches son élastique, ses doigts recommencèrent à danser entre les nœuds qu'ils créaient eux-mêmes et ses pensées se remirent à voleter dans sa tête au rythme de ses pas pour aller s'échouer sur les gens qui évoluaient constamment autour de lui. Ils avaient une famille, des gens qui les aimaient, des rêves, des désillusions et lui avait une épouse morte et des parents dévoués. Il était comme un vieux garçon, cynique à vingt-six ans. C'était tout à fait idiot de dire ça et il se morigénait dès qu'il y songeait mais c'était plus fort que lui. Il y a quelques temps, cependant,  il avait fait la connaissance d'une jeune fille, une anglaise, qui avait quelque peu remis en cause sa conception du monde. Vraiment jeune, elle venait tout juste d'avoir vingt ans mais elle avait déjà un sacré caractère. Sûrement en rapport avec son pouvoir. Un pouvoir qui pouvait faire très mal. Léo avait mis peu de temps à éprouver beaucoup d'affection pour cette fille pas comme les autres. Inconsciemment, elle avait réveillé ses instincts fraternels, frôlant parfois les paternels, et il lui avait assuré qu'elle pourrait toujours compter sur lui en cas de besoin. Même si elle n'était qu'une petite peste, avait-il aussitôt ajouté à cause de la gêne que lui avait procurée la prononciation de ces mots. Il n'avait plus l'habitude d'apprécier les autres alors une petite blondinette têtue, c'était assez étrange. Mais c'était sûrement pour ça qu'elle lui avait plu.

Accélérant le rythme de ses doigts sur l'élastique, il secoua la tête pour chasser la jeune fille de sa tête. Ca faisait quelques temps qu'il n'avait plus eu de contact avec elle. Une semaine, à vrai dire. C'était peu mais il s'inquiétait du fait qu'elle ait pu se mettre dans un quelconque pétrin. Contrairement à ce qu’elle avait l’air de penser, elle n'était pas immortelle cette gosse. En général, elle lui envoyait un message moqueur à travers un cellulaire pour lui dire qu'elle était en vie et qu'il n'avait pas à s'en faire. C'était lui qui lui avait demandé de faire ça et elle n'avait de cesse de s'en moquer dès qu'elle le pouvait. Il savait que c'était légitime, que son inquiétude était attaquable, que même Cee se ficherait de lui si elle était toujours en vie, il ne changeait pas d'avis pour autant. Mais il semblait que la gosse se soit lassée de ça car son téléphone était éteint et elle avait enregistré un message à son attention, sur la boîte vocale, pour éviter qu'il s'inquiète. Elle n'avait d'ailleurs pas dit qu'elle en avait assez de lui dedans mais il l'avait interprété comme ça. Un crédit, ça se rechargeait. Ce n'était pas une excuse. Bougonnant pour lui-même, il ne remarqua pas qu'il venait de s'éloigner du bord de la Tamise pour partir en direction des bars qui constellaient ses frontières, en revanche, il remarqua parfaitement bien la petite silhouette féminine qui sortit d'un pas léger de l'une des sombres ruelles qui faisaient des environs un labyrinthe tout à fait déroutant.

La fille semblait très heureuse et un pressentiment naquit dans l'esprit du brun. La laissant continuer tranquillement son chemin, il s'enfonça dans la ruelle qu'elle venait de quitter et ne fut pas vraiment surpris d'y trouver un homme très mal en point. Un soupir échappa à sa silhouette sombre et il repartit après avoir rapidement appelé les secours, en évitant consciencieusement la victime de sa chère Loa. La cruauté de la jeune fille ne lui était pas inconnue mais il ne pouvait s’empêcher de la désapprouver, sans néanmoins avoir le moindre contrôle dessus. Revenu dans l'artère plus large de la rue, il chercha du regard la jeune blonde et la repéra une centaine de mètres plus loin. Son pas était toujours aussi euphorique et Léo devina qu'un sourire devait décorer le visage fin de sa protégée. Calquant sa trajectoire sur celle de la jeune Anglaise, il se mit à avancer rapidement afin de réduire la distance entre eux. Arrivé à cinquante mètre d'elle, il ralentit son rythme et concentra ses efforts sur le fait de rester silencieux. Il voulait l'effrayer. Au moins pour lui prouver qu'il avait tout à fait raison d'être paranoïaque en ce qui la concernait. Elle ne sembla pas se rendre compte de sa présence, ou n'y porta en tout cas aucune importance et quelques pas plus loin, elle bifurqua avec assurance dans une rue inconnue du brun. Soucieux de ne pas la perdre de vue, ce dernier rangea son élastique dans l'une de ses poches, accéléra son allure et s'enfonça à son tour dans l'obscurité de la ruelle. Il n'entendait plus le bruit de la respiration de la jeune femme ni celui de ses pas quant à discerner sa silhouette, c'était peine perdue. Elle avait comme disparue. Jurant tout bas, l'italien comprit qu'il avait été repéré mais continua toutefois de marcher jusqu'à se faire arrêter par la voix sarcastique de Loa Holtailis.

- Mon cher Leo, il va falloir que tu apprennes à te faire plus discret.

En prenant son temps, il se tourna avec assurance vers l'origine de la phrase et se trouva face à son adorable protégée qui n'essaya pas une seule seconde de cacher l'expression moqueuse qu'arborait son si charmant minois. Petite peste. Le sourire qu’il avait souvent avec elle, étrange mélange d'amusement et de résignation, naquit cependant sur ses lèvres et il tendit la main à sa britty girl préférée, jugeant qu'il était tout à fait hors de question qu'elle reste une minute de plus dans le renfoncement sordide dans lequel elle s'était réfugiée pour fausser sa filature. Elle attrapa sa main, immense et brûlante comparée à la sienne, au bout de quelques instants et il la tira sans la moindre difficulté hors de son seuil de porte avant de briser leur contact manuel et de la toiser de haut en bas. Une toile d'araignée décorait le haut de sa tête alors il l'en débarrassa en soupirant d'un air courroucé. Ah les jeunes... Puis, il recommença à marcher, sortant par la même occasion de la ruelle, et répliqua sans se retourner vers elle:

- Peut-être ne suis pas suffisamment discret à ton goût mais au moins ai-je perdu le goût des farces idiotes... Se cacher ainsi, non mais vraiment....

Le ton faussement consterné de sa voix contrastait de façon tout à fait flagrante avec le sourire amusé que sa bouche ne pouvait réprimer et il se félicita intérieurement de ne pas s'être tourné vers Loa pour lui répondre. La jeune fille n'aurait eu aucun mal à l'envoyer bouler vu la totale absence de gêne qu'elle avait à lui dire ce qu'elle pensait. Néanmoins, Leo savait qu'elle le respectait. Et ça lui suffisait. C'était devenu un jeu entre eux d'essayer d'avoir un ascendant sur l'autre, il ne fallait pas chercher plus loin. En parlant de chercher plus loin, il lui semblait ne plus entendre le rythme des pas de la jeune blonde. Prêtant l'oreille avec plus d'attention, il constata que oui, l'anglaise ne le suivait plus alors il s'arrêta et se retournant à moitié afin de sonder les environs du regard. Où avait bien pu passer cette jeune rancunière? Avait-elle filé à l'anglaise? Le jeu de mots d’origine grandement française, somme toute prévisible et faible l'amusa intérieurement alors  il nota mentalement de le ressortir à Loa. Il était sûr qu'elle l'adorerait. Enfin surtout l'originalité dont il recelait en fait. Mais ça ne serait qu'un juste retour de bâton à ce qu'elle allait lui faire car il était absolument certain qu'elle préparait sa vengeance... C'était plus qu'une évidence à ses yeux. En soupirant, il sortit alors de nouveau son élastique de sa poche sans cesser de balayer les alentours de son regard et recommença à faire valser ses doigts avec avant de se réenfoncer dans la ruelle très mal éclairée.

- Sors de ton trou et je t'offre le repas, Loadorable, lança-t-il prêt à faire attention à la moindre réaction de l'intéressée, tout en attendant avec impatience le moment où il allait pouvoir lui balancer sa vanne plus ou moins drôle. Toute la mélancolie qu’il ressentait quelques minutes auparavant avait disparu, envolée grâce à la silhouette d’une petite sorcière.


Dernière édition par Leonardo Sacritorian le Dim 11 Mar - 16:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Lun 3 Oct - 18:32

Je n’arrivais pas à faire disparaître le sourire narquois qui ornait mon visage. L’expression de Léo ne fit d’ailleurs que l’accentuer et je n’eus pas de peine à imaginer ses pensées. En effet, malgré le peu de temps que nous avions passé ensemble, j’avais eu plusieurs occasions de lui démontrer mon pouvoir, l’usant même sur lui au bout de quelques temps, sans toutefois aller trop loin. Il restait un humain, après tout, et je ne tenais pas à ce qu’il se fasse réellement mal, tout de même. Cependant, je trouvais très amusant de le faire s’élever de quelques mètres et de le laisser retomber, modérant la violence. Excédé, il avait un jour prononcé tout haut ce qu’il en pensait : je n’étais qu’une sale peste. Le prenant au mot, il avait connu la joie de voler dans les airs pour retomber avec fracas sur une poubelle. Mais je savais qu’au fond, il m’adorait. L’idée que je lui fasse parvenir de mes nouvelles quotidiennement m’avait tout d’abord amusé, puisqu’au fil des jours, je trouvais en général quelque remarque pour agrémenter mes messages. Mais j’avais vite fini par me lasser de devoir chaque soir prévenir Leo que non, je n’étais pas – encore – morte. Je finis par lui envoyer un message un jour sur deux, coupant mon cellulaire pour être tranquille mais j’étais bien forcée de le rallumer pour contacter Hanna pour que nous nous retrouvions en semaine, ayant emprunté des chemins professionnels différents. Seulement, se procurer un téléphone fixe fut une partie de la solution ; s’arranger avec mon amie pour des lieux précis pour certains jours a été encore plus simple, me permettant ainsi pendant une semaine entière de laisser ce pauvre Leo dans l’inquiétude. Je savais qu’il était prévenant, voulait simplement me protéger et d’une certaine façon, il était le père que je n’avais jamais eu, celui à l’origine de mes gènes ne s’étant soucié de moi. Mais je n’avais jamais connu cela auparavant et il m’arrivait parfois de me sentir le besoin de souffler, de n’avoir à rendre de comptes à personne d’autre que moi-même. Ainsi donc, j’avais laissé la joie à mon frère adoptif de découvrir le message préenregistré qui lui était en partie – pour ne pas dire entièrement – destiné. J’imaginais déjà le nombre d’appels manqués venant de lui et à cette idée, je ne pus que sourire davantage encore si c’était seulement possible.

La main que l’objet de mes pensées tendit devant moi acheva de me sortir de ma torpeur et je sortis du renfoncement dans lequel j’avais pris place, prenant appui au passage sur la paume chaude et gigantesque de Leo. Il ne se gêna pas ensuite pour me passer en revue de haut en bas et retira la toile d’araignée qui avait trouvé de bon goût de se loger dans ma chevelure tout en ne prenant pas le soin de cacher son soupir et son air irrité. Il avait déjà tourné les talons que je l’entendais prononcer, presque consterné :

- Peut-être ne suis-je pas suffisamment discret à ton goût mais au moins ai-je perdu le goût des farces idiotes... Se cacher ainsi, non mais vraiment...

Je doutais du fait qu’il soit réellement en colère et j’avais comme l’impression qu’il profitait même que je ne puisse voir son visage pour sourire sans retenue. Néanmoins, je n’étais sûre de rien, son ton étant parfaitement maîtrisé. Je me demandais d’ailleurs où et quand il avait appris à faire ça. Dans son jeune temps, pensais-je en souriant. Mais question discrétion, Leo avait encore des progrès à faire. Mais après tout, il était à moitié italien. Mais sans doute n’était-ce qu’en lui. Tout le monde n’a pas les capacités à passer inaperçu, après tout. Je soupirais intérieurement à l’idée de devoir lui apprendre quelques techniques, même si l’expérience pourrait se révéler assez drôle. Et contrairement à ce qu’il me serinait à longueur de temps, j’étais consciente du danger qu’il pouvait y avoir, surtout que mon apparence n’était pas franchement du genre à faire peur aux gens. Mais je savais me défendre. L’existence était d’ailleurs bien plus palpitante à prendre quelques risques plutôt que de rester sagement dans son coin, et je ne me voyais pas vivre sans cet étrange pouvoir qui m’habitait. Il faisait partie intégrante de ma vie dorénavant, bien que l’accepter n’ait guère été très difficile puisqu’il me rendait supérieure, sur certains points.

Laissant mes pensées vaquer à tout va, je pus me remémorer avec plaisir que Leo avait promis de me protéger. Et bien que je n’y avais pas eu recours pour le moment, je savais que je pouvais compter sur lui au besoin. Il n’avait omis de me traiter de petite peste, une fois encore ouvertement. Et suite à cela, j’avais apprécié son étreinte. Sur le moment, Leo avait semblé heureux et presque soulagé que je ne relève pas le surnom que je savais finalement affectif. Mais j’avais pris plaisir à lui prouver qu’il avait tort en l’envoyant valser. Une fois relevé, il avait maugréé une fois de plus ce doucereux surnom qui m’était destiné, croyant sans doute que je ne l’entendais pas. Mais c’était sans compter l’absence totale de personnes et ainsi de bruits éventuels et il était retombé sur ses fesses quelques mètres plus loin. Le surnom en lui-même ne me touchait pas plus que cela, mais je m’étais mis un point d’honneur à ce que personne ne me traite de la sorte. Pas même quelqu’un que j’appréciais particulièrement. Et puis, mon caractère n’aidant pas, l’italien avait eu son quota en vols. Mais cela n’allait jamais plus loin. Je m’étais attachée à lui également sans en prendre pleinement conscience et je me refusais de le brutaliser plus. Mon pouvoir me servait simplement à me défendre avec lui puisque si on en venait au corps-à-corps, je savais pertinemment que je serais la grande perdante. Cela égalisait ainsi mes chances voire plutôt les augmenter considérablement. Car à moins de me priver de mes mains, on ne pouvait m’approcher dans l’intention de m’agresser sans que je ne réplique aussitôt. Ce qui était à la fois un avantage et inconvénient. Toute personne ayant un semblant de jugeote pouvait réaliser ce léger défaut et m’attaquer par surprise. Bien entendu, nous nous étions également entraînées en ce sens, avec Hanna, et c’est ainsi que j’avais appris à discerner le moindre bruit suspect. Mais je n’étais pas infaillible. Loin de là. Seulement je m’exerçais régulièrement depuis bientôt une bonne dizaine d’années et c’était tout à mon avantage.

Une idée venant de me traverser l’esprit, je décidais soudainement de stopper le flot de mes souvenirs auquel j’avais laissé libre cours seulement une à deux minutes auparavant, la faute à Leo à coup sûr. Un sourire se peignit de lui-même sur mes lèvres et je cessais de suivre l’homme que j’appelais communément « vieux croûton », autant verbalement que dans mon subconscient et je bifurquais dans la première ruelle venue. Je ne savais pas exactement la raison pour laquelle j’avais agit ainsi mais cela me plaisait. Leo s’inquiétait bien trop à mon goût bien que cela puisse être légitime. Et encore, il n’avait pas vent de toutes mes activités. J’avais donc jugé utile de voir la réaction qu’il aurait en s’apercevant que je ne le suivais plus. Je n’eus aucun mal à me dénicher un coin à la fois sombre et que l’on ne pouvait repérer à moins de s’y attarder et j’avais dorénavant une excellente vue sur la rue qu’empruntait Leo. Seulement celui-ci se rendit bien vite compte que je lui avais faussé compagnie. Autant la discrétion n’était pas son fort qu’il avait acquis cette faculté de s’apercevoir d’une absence subite des personnes. Une sorte de sixième sens, sûrement mais très développé chez lui puisqu’il n’eut pas tôt fait de s’arrêter. J’avais une vue imprenable sur son visage qu’il venait de tourner vers ma direction et je dus me retenir de rire devant son expression. Là encore, j’imaginais à la perfection les qualificatifs qu’il m’attribuait mentalement. Un profond soupir sortit de son gosier et je pus l’observer sortir de sa poche ce qui semblait être une sorte de ficelle. Me concentrant dessus, je réalisais ensuite que c’était un élastique avec lequel l’homme s’amusait à entortiller d’une façon complètement aléatoire autour de ses doigts sans jamais faire le moindre nœud. Il commençait déjà à rebrousser chemin tout en m’appelant à la cantonade :

- Sors de ton trou et je t'offre le repas, Loadorable.

Je dus réprimer un rire quand il me passa devant en plissant pourtant les yeux d’une façon relativement comique dans l’espoir sans doute de me repérer tout en ne cessant de s’amuser avec son élastique. Je pensais avec délice à lui offrir des petites balles déstressantes dans le but qu’il passe ses humeurs dessus car le pauvre élastique n’allait pas faire long feu à ce rythme. J’analysais ensuite la proposition qu’il venait de me faire et notais au passage le surnom bien plus affectif qu’il venait de prononcer. Décidant finalement que le jeu pouvait prendre fin, je sortis de l’ombre tout en passant une main dans mes cheveux, craignant qu’une éventuelle toile d’araignée ait put y trouver refuge. Je m’avançais aussi silencieusement que possible, d’un pas feutré, ne laissant ainsi pas le soin à Leo de remarquer où j’avais bien pu me dissimuler.

- Venant de toi, je ne peux refuser, répondis-je finalement. Cela dit, je peux t’assurer que malgré que j’affectionne ce pays et d’être une anglaise pure souche, j’aimerais autant manger autre chose que de la nourriture anglaise. Je commence légèrement à saturer.

Leo se retourna plus vivement cette fois et me regarda bizarrement. Ou plutôt, je n’arrivais à interpréter son regard et ne tenais pas plus que cela à le faire. Simulant un bâillement au bout de quelques secondes puisqu’il ne se décidait à bouger, je pus constater avec plaisir qu’il levait les yeux au ciel, signe devenu habituel pour moi et auquel je ne prêtais plus garde. Et comme il ne se décidait toujours pas à avancer, j’eus alors l’envie de tester un décollage mais également un atterrissage en douceur. Ainsi donc, je tendais les mains et l’italien eut la surprise de décoller sans accroc pour finalement atterrir sur ses jambes quelques mètres plus loin. Je n’avais jamais vu l’utilité à faire pareille chose, et n’avais donc jamais testé auparavant. Mais je constatais qu’au final, avec un peu d’entraînement, cela n’était guère bien difficile. Satisfaite de moi, je rejoignais en quelques grands pas un Leo qui affichait un air plus qu’étonné et à voir sa bouche grande ouverte, je ne pus m’empêcher de lui sortir une remarque dont il avait pris l’habitude avec moi :

- Ferme donc ta bouche, tu vas finir par gober une mouche.

Roulant des yeux, je lui donnais une légère tape qui eut pour effet soudain de le sortir de sa paralysie. Il n’eut pas même le temps d’ouvrir la bouche que je répondais déjà à la question qu’il apprêtait sûrement à me poser :

- J’avais simplement envie de tester. N’en faisons pas tout un plat. A ce propos, je ne voudrais pas avoir l’air d’une morfale mais je commence à avoir les crocs, moi !

Je lui souriais, d’un air parfaitement candide ce qui eut don de le faire une fois de plus lever les yeux au ciel. Et moi de me faire rire gaiement.


Dernière édition par Loa Holtaïlis le Lun 8 Avr - 22:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Ven 11 Nov - 17:18

Tout en continuant de s'enfoncer dans les ténèbres de la ruelle, Leo tendait l'oreille sans remarquer le moindre bruit d'origine humaine. En vérité, le seul bruit qu'il percevait clairement était celui que créait son élastique en bougeant aussi rapidement dans l'air autour de lui et c'était un son plutôt faible donc Loa ne devait pas être en train de se mouvoir. Ou alors, elle avait encore amélioré sa discrétion ce qui était une bonne nouvelle aux yeux du jeune homme même s'il savait qu'il ferait sûrement les frais de cette amélioration. Ralentissant son pas, il essaya de repérer une quelconque aura de vie mais c'est la voix - toujours un peu moqueuse - de sa jeune protégée qui finit par faire cesser leur jeu :

- Venant de toi, je ne peux refuser. Cela dit, je peux t’assurer que malgré mes origines, j’aime autant manger autre chose que de la nourriture anglaise. Je commence légèrement à saturer.

La blondinette se trouvait vraisemblablement derrière lui mais comme l'italien craignait qu'elle ne s'évanouisse à nouveau dans l'obscurité, il fit aussitôt volte-face et la trouva plantée là, sans aucune toile d'araignée dans les cheveux cette fois. Rassuré sur le fait qu'elle ne lui fausserait pas de nouveau compagnie avant un certain temps, il se repassa mentalement ce qu'elle venait de dire et dut faire appel à tout son self-control pour éviter de rire. La mention à la nourriture anglaise lui avait rappelé sa blague stupide, qui le faisait toujours autant rire même si ça faisait moins de deux minutes qu'il n'y avait pas pensée. Il allait vraiment falloir qu'il trouve un moyen de la placer. Ses mains arrêtèrent de jouer avec l'élastique et le rangèrent dans son manteau au moment même où l'Anglaise pur-souche contrefaisait un bâillement, sûrement dans le but de lui dire qu'elle était lasse d'attendre. La pensée qu'il avait toute son éducation à refaire le traversa avant qu'il ne se souvienne qu'il avait une petite peste devant elle, ce qui lui fit lever les yeux au ciel. Elle faisait ça simplement pour l'ennuyer, il ne pouvait rien y faire. Il pouvait juste l'embêter à son tour, comme d'habitude. Il sembla brusquement au brun que le jeu qu'il avait avec Loa n'aurait jamais de fin. Que même quand ils seraient presque devenus centenaires, ils continueraient à se défier, à repousser les limites de l’autre. C’était une idée très étrange, à la limite d’être choquante. Presque autant que le fait qu'il se trouvait désormais plusieurs centimètres au-dessus du sol et qu'il ne pouvait pas changer de lui-même la situation. Même s'il se savait résistant, une part de lui était intimement persuadée que la gosse finirait par avoir sa peau. Surtout celle de son postérieur, en fait, vu le plaisir évident que la petite blonde prenait à le faire atterrir dessus. Crispant son visage dans l'attente de la chute, il eut le surprenant plaisir de retrouver la terre ferme avec ses pieds, ce qui était presque une grande première pour lui. Mais il espérait que ce ne soit pas non plus une grande finale parce que c'était véritablement plus agréable que de rencontrer le sol avec ses fesses. Et plus hygiénique aussi. Il n'était -presque- pas maniaque mais la saleté le révulsait profondément donc s'il pouvait trouver un moyen pour que Loa le fasse constamment réatterrir de la sorte, ça serait tout à fait... Grandiose.

- Ferme donc ta bouche, tu vas finir par gober une mouche.

Empêtré dans ses considérations, il n'avait même pas remarqué qu'il avait la bouche toujours ouverte par la surprise. Ne voulant pas penser à l'air idiot qu'il devait sûrement arborer, ni donner à la jeune fille une nouvelle occasion de se ficher de lui, il ne commenta pas son geste lorsqu'elle lui donna une tape insignifiante sur le visage pour le faire revenir dans la réalité. Visiblement, même si elle faisait des choses assez étranges - car OUI, il n'était pas normal (quand on la connaissait) qu'elle ne l'ait pas maltraité en le faisant regagner la terre ferme-, elle était tout de même restée la même. D'un côté, c'était tout à fait rassurant. Il restait maintenant à comprendre ce qui l'avait motivée à expérimenter cette nouveauté. L'envie de lui montrer que si elle voulait, elle pouvait être gentille, sûrement... Et la tape servait certainement à lui dire qu'il ne fallait pas qu'il songe à s'y habituer... Cette gosse était une vraie peste. S'il avait raison, il l'emmènerait dans le pire bouiboui qu'il connaisse. Même si ça lui donnerait envie de vomir vu que la propreté n'était pas la préoccupation première des bouibouis. Mais avec un peu de chance, quand il poserait sa question, Loa lui répondrait quelque chose de tout à fait positif et bon. Il en doutait mais l'espoir était permis. Miraculeusement, il n'eut même pas besoin de demander que la jeune fille lui répondait déjà avec une légèreté qui sembla assez exagérée au jeune homme même s'il n'en dit rien:

- J’avais simplement envie de tester. N’en faisons pas tout un plat. A ce propos, je ne voudrais pas avoir l’air d’une morfale mais je commence à avoir les crocs, moi !

Comme pour imager ce qu'elle venait de dire, elle lui sourit de toutes ses dents avec un air innocent qui, décidément, lui seyait plutôt bien même si Leo savait qu'il ne pouvait s'y fier pour rien au monde. Levant une fois encore les yeux au ciel, il recommença à marcher en direction de la sortie de la ruelle en pensant qu'ils avaient toutefois échappé au bouiboui et sourit lorsque le rire joyeux de la jeune Anglaise atteignit ses oreilles. Il doutait parfois qu'elle ait vingt ans. Mais ce n'était pas plus mal ainsi. Soudainement, il sentit le bras mince de sa protégée se glisser sous le sien et son sourire devint plus tendre. Elle se comportait avec lui comme s'il était véritablement un membre de sa famille. Ca lui faisait chaud au cœur mais il ne dit rien et ils continuèrent à marcher en silence, regagnant progressivement les endroits animés du quartier des Docks. De nombreux restaurants étaient ouverts, les gens s'y engouffraient avec assurance et l’italien songea que leur duo ne devait pas paraître anormal dans cette foule d'humains. Un frère et sa sœur, un duo d’amis ou même un couple, dînant à l'extérieur après une balade, c'était tout ce qu'il y avait de plus banal. Sauf que l’une d’eux n’était banal mais que ça ne se voyait pas. Évidemment, Loa avait un éclat un peu trop différent dans les yeux, mais si on ne le savait pas, il était, par chance, pratiquement impossible de comprendre ce à quoi se référer ce détail. Sans préavis, l'Italien se stoppa sur le trottoir quasiment désert et contempla les possibilités qui leur étaient présentées avec un œil critique avant de demander son avis à sa protégée:

- Alors mon petit estomac sur pattes, quel restaurant a retenu ton attention? Je te préviens déjà que si tu ne m'as pas répondu dans deux minutes, je choisis pour toi, annonça-t-il avec détachement en passant le bras que la jeune fille tenait précédemment, autour des épaules de cette dernière.

Vraiment minuscule, cette gosse, songea-t-il sans toutefois désirer l'oraliser. Même s’il critiquait son appétit presque démesuré, depuis qu'il connaissait Loa, il n'avait de cesse de la faire manger pour la remplumer. De son avis, elle était vraiment trop mince, même si sa constitution était délicate. Sauf qu'il avait fini par s'apercevoir qu'il était dans son métabolisme de ne pas grossir. Anormale jusque dans sa distribution de calorie, c'était tout de même épatant. Mais visiblement, même si les calories ne devenaient pas des graisses, elles ne venaient pas non plus alimenter le cerveau vu que la jeune Anglaise ne lui avait toujours pas répondu. C'était méchant et gratuit mais comme il ne l'avait pas exprimé à haute voix, ça ne comptait pas.

- Les deux minutes sont bientôt écoulées donc je tiens à préciser que je doute que mon choix te plaise. Après, tu peux toujours filer à l'anglaise si tu veux, rajouta-t-il avec le même détachement que précédemment dans la voix alors qu'il était intérieurement ravi d'avoir enfin pu placer sa blague.

S'il avait eu l'âge de sa sœur de cœur, il aurait sûrement improvisé une danse de la victoire afin de fêter ça. Quoiqu'en fait, il avait peut-être légèrement trop de fierté pour ça... Mais il fallait avouer que ça avait été magistral. Sans aucune préméditation, en plus. Après, il restait à voir si la jeune blonde allait comprendre qu'il avait fait de l'humour. Ce n'était pas gagné vu que la situation ne se prêtait pas vraiment aux jeux de mots intentionnels et que sa voix n'avait pas changé d'un iota lorsqu'il avait parlé. Miséricorde. Il venait de brutalement réaliser qu'en fait ça n'avait pas été si magistral que ça s'il était impossible pour les autres de se rendre compte de l'étendue de son humour. Quelque peu déçu de s'être lui-même calmé, le jeune homme soupira profondément en baissant le regard sur Loa. Pour son estime personnelle, il fallait qu'elle ait compris. Elle n'était pas bête malgré ce qu'il avait pensé il y a un instant donc elle devait avoir compris. La possibilité qu'elle ait saisi la blague mais ne veuille pas la relever s'imposa soudainement à l'Italien et il poussa un grognement de frustration avant de se dire qu'il fallait vraiment qu'il arrête de se monter la tête de la sorte. Même s'il avait réussi à ne pas extérioriser sa joie d'avoir finalement pu dire sa blague, il venait sûrement de se montrer très bizarre à grogner de la sorte. Mais peut-être que ça encouragerait la jeune fille à enfin lui répondre.
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Mer 16 Nov - 19:01

Je n’avais pas la moindre idée de ce qui pouvait bien se faire retenir de rire ce cher Leo. Mais je n’avais pris compte de ce détail et avais poursuivi sur ma lancée. Son étonnement n’eut rien de surprenant pour moi, je l’avais habitué aux atterrissages forcés sur son postérieur ce qui n’était pas franchement pour lui plaire. Mais là était tout le but. Ceci n’avait été qu’une expérience et à moins de n’en voir l’utilité dans une quelconque situation, le brun avait tout intérêt à ne pas s’accoutumer à ce genre de douceur. Où était le plaisir sinon de me servir de mon pouvoir ? Non, d’une certaine façon, j’aimais faire souffrir les gens. Leur prouver que leur existence n’était pas si pitoyable, non, qu’il y avait des façons bien plus poussées de ressentir de la douleur véritablement. Hélas, les meilleures armes étaient toujours les mots puisqu’ils pouvaient vous toucher mentalement. Une blessure physique était ridicule à côté d’une remarque bien placée ou d’une révélation pouvant vous faire l’effet d’une balle reçue en pleine poitrine. Mais pas dans le cœur, non, cela aurait bien trop simple de mourir ; à quelques centimètres à peine à côté, de façon à ce que la douleur irradie dans tout votre corps. On en réchappait pourtant. Mais certains mots déterminent le cours d’une vie. Du bon ou du mauvais côté, tout dépend du point de vue. Toujours était-il que je n’avais souvent pas la patience de manier les mots pour faire souffrir les autres. Et il était bien connu que, de toute façon, les gens dotés d’une faible intelligence ne comprenaient généralement pas le sens de ce qu’on pouvait leur dire. Alors autant y aller brutalement.

Leo leva les yeux au ciel ce qui eut pour effet d’achever les pensées dans lesquelles je m’étais plongée presque inconsciemment. C’était décidément un tic chez lui qu’il ne pouvait réprimer. Néanmoins, je ne relevais pas et en ris même devant l’air consterné qui prit place un instant sur son visage vite remplacé par un sourire. Nous nous mîmes en route, l’un à côté de l’autre et je ne pus résister à l’envie de passer mon bras sous le sien. Il était à la fois le frère et le père que je n’avais jamais eus, d’une certaine manière. Enfin, si l’on excluait les remarques auxquelles il avait le droit à chacune de nos rencontres que je n’aurai sans doute pas tenues à mon propre père. Celui-ci m’avait d’ailleurs envoyé récemment une somme légèrement plus importante d’argent. Sûrement du au fait qu’il venait seulement de remarquer que mon anniversaire était passé depuis déjà plus de six mois et qu’il l’avait oublié, accaparé qu’il était par son boulot. Tout comme ma mère d’ailleurs. Mais je n’y prenais même plus garde, ils n’étaient plus des parents à proprement parler pour moi. Je m’étais constitué une nouvelle famille en allant dans l’internat dans lequel j’étais restée de longues années en la personne d’Hanna. Et dorénavant, Leo.

Progressivement, nous avions regagné les endroits plus agités et bruyants de la capitale et une ribambelle de restaurants en genres pourtant différents se faisaient concurrence les uns aux autres. Les personnes qui, comme nous, cherchaient où aller dîner, s’empressaient d’entrer dans telle ou telle ‘auberge’, désireux avant tout de remplir leur estomac affamé ou de rejoindre quelqu’un. Dans notre cas, Leo avait fini par se stopper brusquement et de porter son regard successivement sur les différents lieux nous entourant.

- Alors mon petit estomac sur pattes, quel restaurant a retenu ton attention ? Je te préviens déjà que si tu ne m'as pas répondu dans deux minutes, je choisis pour toi.

Le ton me fit sourire tout comme la remarque me donna à réfléchir. C’est à peine si je remarquais que Leo avait passé le bras auquel je m’étais accroché durant le temps de la marche autour de mes épaules. La différence de taille était considérable bien que je fasse partie de la norme. Non, c’était plutôt Leo que l’on pouvait considérer comme étant à la limite du géant. Cela dit, je doutais que cela soit un avantage tous les jours. Reportant mon attention sur mon estomac que je sentais gargouiller sans le moindre bruit, signe étonnant d’ailleurs, je notais sérieusement les pour et les contre concernant l’endroit qui me permettrait d’assouvir ma faim. En réalité, je n’avais pas tellement de préférence, mais puisque le choix m’était donné, autant prendre le temps de considérer les différentes options qui s’offraient à moi sérieusement et de me décider. Car j’avais comme la sensation que je n’aurai pas l’occasion de choisir une prochaine fois. J’éliminais de suite les endroits que je jugeais trop empreints de saleté où l’on pouvait même douter de la nourriture que l’on nous servait. Et puis, le vieux croûton ne se laisserait certainement entraîné dans de tels endroits. Je songeais un instant à choisir volontairement un lieu que je savais loin d’être propice pour Leo mais écartais cette éventuelle possibilité, soucieuse de manger au plus vite. Celui-ci pouvait parfois être pire qu’agaçant concernant la propreté, ce qui me faisait toujours sourire lorsqu’il atterrissait dans une poubelle ou une rue jonchée de détritus. Cela dit, j’admettais qu’il y avait des limites. J’en étais à ce stade de mes pensées lorsque Leo éprouva le désir de manifester son impatience :

- Les deux minutes sont bientôt écoulées donc je tiens à préciser que je doute que mon choix te plaise. Après, tu peux toujours filer à l'anglaise si tu veux.

Son ton n’avait pas changé d’un iota mais j’avais relevé la plaisanterie glissée nonchalamment dans ses propos. Un sourire se glissa sur mon visage alors que je relevais la tête vers mon père adoptif. Celui-ci s’était brusquement rembruni, peut-être par le fait que je n’avais toujours pas réagit à proprement parler à sa vanne. Qui était d’ailleurs de très bon goût. Je me demandais s’il la préparait depuis quelques temps déjà ou si elle venait juste de lui traverser l’esprit. La situation précédente s’y prêtant mieux, j’en concluais qu’il avait sûrement eut le temps d’y méditer en s’apercevant de ma fuite. Une sorte de râle s’échappa soudainement de son gosier, s’apparentant même à un grognement digne d’un ours. Je m’empêchais de pouffer, en vain. Je me calmais cependant bien vite au regard noir que me lança Leo bien qu’un rictus déformait le pli de ses lèvres.

Redevenant sérieuse, je plissais les yeux en examinant les quelques derniers choix qui s’offraient à moi et j’optais pour un restaurant chinois, curieuse de goûter enfin à ce que l’on disait délicieux. De plus, je voyais de l’endroit où nous nous tenions que certaines personnes mangeaient même avec des baguettes et je souris malicieusement en songeant à un essai pitoyable de ma part et, avec un peu de chance, Leo en agir de même. J’espérais qu’il n’avait pas encore tenté l’expérience, bien qu’il y avait de fortes chances pour qu’il ait tenté diverses sortes de nourritures. En tout cas, cela promettait d’être drôle, ne serait-ce puisque je n’avais pas la moindre foutue idée de comment on pouvait bien se servir de ce genre d’objet pour manger. Je me notais mentalement d’emprunter au passage une bonne vieille fourchette. Au cas où.

- On va là-bas, lui dis-je sans possibilité que mon choix puisse changer tout en désignant vaguement l’enseigne asiatique.

Je me mis en route sans l’en informer et il fut bien obligé de suivre, son bras étant toujours sur mes épaules. Je guidais Leo vers le lieu qui pourrait enfin faire taire mon estomac qui s’exprimait désormais ouvertement. Excédée, je donnais un coup de coude dans l’abdomen d’un Leo hilare. Et j’en profitais par la suite pour reprendre la parole :

- Au fait, c’est très aimable de ta part de m’avoir fait pareille proposition. Tu sais très bien que j’aurai pu me contenter d’un simple sandwich. Cela dit, je doute que nous nous serions amusés comme il y a des risques que nous allons le faire avec ceci.

Je désignais avec un sourire les baguettes tenues par un client en pleine discussion avec son vis-à-vis. Malgré ma forte attirance pour la cuisine asiatique tout comme autre, je me devais d’admettre mentalement que la perspective de rires, même contre moi, avait fini par porter mon choix sur ce restaurant. Je poussais la porte et pénétrais dans le lieu relativement calme et plus réchauffé que les rues de Londres, ne prenant pas le soin de retenir la porte pour Leo. J’avais été sympathique déjà en le laissant atterrir sans chute auparavant, il ne fallait pas pousser non plus.

Je pris place à une table assez éloignée des autres clients ainsi que de la porte, soucieuse de pouvoir discuter à mon aise sans que l’on puisse nous écouter au préalable. Le pas de Leo se faisait entendre derrière moi et nous fûmes rapidement installés, découvrant chacun un menu que nous avait apporté un serveur. Consciente que le brun n’était pas particulièrement satisfait de mon attitude et sûrement encore déçu que je n’ai pas fait de commentaire sur le jeu de mots qu’il avait utilisé, je me décidais à lui répondre, non sans un sourire qui ne trompait personne.

- Je t’assure que je ne filerai pas, réutilisant ses propres mots. Bien que la phrase soit vraiment bien tournée étant donné mon origine anglo-saxonne. Remarque, c’est tout à fait normal après tout, nous avons plus le sens de la discrétion que vous, mon bon Samaritain.

L’évocation du tendre surnom que je venais de lui attribuer avait rapport avec son nom, Sacritorian, qui, raccourcit en « Sacrito » signifiait Le Saint. Leo devait regretter amèrement de me l’avoir avoué puisque je l’utilisais dorénavant assez régulièrement notamment pour me moquer de lui. Mais nous savions tous les deux que c’était affectif malgré les apparences. Cependant, il pouvait toujours se dorer pour que devienne complètement sympathique. Comme je l’affirmais quelques fois, le monde ne serait pas aussi palpitant s’il n’était fait que de « bonnes » personnes. Dans toutes les histoires, il y avait un méchant. Et je me donnais à cœur joie dans ce rôle dans ma vie de tous les jours.


Dernière édition par Loa Holtaïlis le Lun 8 Avr - 22:02, édité 1 fois
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