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 Âme Strame Gramme || Loo

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    Date de Naissance : 07/05/1992







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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Dim 6 Mai - 12:20

Leo qui s’était précédemment laissé aller contre le dossier de sa chaise se redressa subitement suite à mes propos, ce qui faillit me faire hausser un sourcil si ce que je disais n’était pas si difficile à exprimer pour moi. J’espérais que, quelle que soit la façon dont il prenne mes paroles, il en profiterait tout de même car je n’allais certainement pas me répéter. Mais là n’était pas la question, plutôt de savoir comment il allait réagir. Un doux sourire sur le visage, il posa sa main sur la mienne et sachant ce que je lui avais déjà fait endurer et que cela ruinerait mes efforts, je ne cherchai pas à me retirer, bien que dire que j’appréciais le contact aurait été faire preuve d’une superbe ironie. Mon cerveau me permettait d’accomplir une sorte de télékinésie, mais sans mes mains comme lien, cela ne servait à rien, j’avais déjà pu l’expérimenter. Je n’étais donc pas vraiment heureuse du geste, mais notai que l’Italien ne faisait rien pour emprisonner ma main, ce qui aidait déjà à ce que je me tienne à carreau.

- Merci. Merci d’avoir choisi la difficulté et de m’avoir répondu. Mais, s’il te plaît, ne sous-entends plus jamais que je t’ai demandé de changer.

Je traitais ces informations une fois seulement que j’eus retrouvé la totale liberté de mes doigts, et appréciais secrètement que mon effort ait porté ses fruits, étant tout de même consciente que s’il se décidait à repartir, je ne ferais cette fois rien. Admettre que j’avais de l’affection pour Leo m’était déjà assez pénible sans que je doive le clamer chaque fois que celui-ci n’en puisse plus de moi. C’était dit et acquis, point. Le changement de sujet, qui parvint juste après que mon vis-à-vis ait récupéré son argent auquel je n’avais touché, me plut d’autant plus.

- Et je suis persuadé que je m’en sortirai parfaitement bien avec les baguettes.

Je ne me gênais pas cette fois pour hausser un sourcil ironique, bien curieuse de voir ce qu’il allait en advenir. Seulement, une fois que le serveur eut apporté nos plats que nous observâmes en silence un long moment avant qu’il ne daigne nous annoncer ce que c’était, je pus vite m’apercevoir qu’une condition que j’avais émise n’avait pas été vraiment respectée. En effet, bien qu’on m’ait ajouté une fourchette en plus des baguettes, contrairement à Leo qui n’avait que ces dernières, ce cher vieux croûton ne s’embarrassa pas des instruments mis à sa disposition mais se contenta de ses doigts pour manger. Le serveur déjà éloigné à une autre table ne put se rendre compte du regard noir que je lui lançais. Sans doute que grand bien lui en fit, d’ailleurs. Je l’aurais volontiers étouffé depuis ma place pour le non respect des demandes d’un client – lequel est toujours dit roi –, mais ayant un minimum de savoir-vivre – ou plutôt parce que Leo n’apprécierait pas –, je me contentais de me dire que viendrait bien un moment où je pourrais le faire trébucher par quelque moyen qu’il soit.

- Bon appétit, Loadorable.

Je ne répondis pas au jeune homme de toute manière bien trop occupé à déguster ses rouleaux de printemps et me saisis de ma fourchette pour goûter à mon tour. Je n’avais aucune connaissance de la nourriture chinoise, et aurais bien été en peine de distinguer les divers éléments qui constituaient le met. Mais je devais admettre que l’autre imbécile de serveur avait choisi quelque chose de fort appréciable pour mes papilles gustatives.

- J’espère que tu ne te fatigues pas trop à utiliser ta fourchette, ma puce, recommença Leo sur un ton taquin. Comment trouves-tu ça ? Plutôt bon, non ?

Prendre la mouche aurait été lui accorder une grande satisfaction et ne me ressemblait pas. De plus, sa remarque, loin de me toucher, me fit prendre conscience qu’il avait laissé de côté sa maniaquerie et sa détestable manie de déprécier les moindres microbes pour manger à la manière d’un jeune enfant. Lui d’habitude si à cheval sur ses manières n’avait visiblement aucune honte à manger avec ses doigts dans un restaurant, tandis que j’utilisais ma fourchette, ce qui était tout aussi rapide et propre. La situation délicieusement ironique fit apparaître un sourire en coin sur mon faciès juste après que je lui eus répliqué :

- Ne t’inquiète pas pour moi, c’est tout aussi pratique et moins salissant. Mais je vois que toi, par contre, tu préfères t’en tenir aux techniques de la préhistoire, qui laissent d’ailleurs de magnifiques traces sur ton visage.

J’avais en effet remarqué qu’en se servant des diverses sauces qu’il avait à sa disposition, l’Italien s’en était étalé autour de la bouche ainsi que sur sa joue droite, ce qui aurait bien mérité une photo si j’avais eu un appareil à disposition à cet instant-là. Loin de se frustrer, Leo continua de manger tranquillement et ne tenta même pas un geste vers sa serviette pourtant à proximité. Ne m’en formalisant pas, j’entamais un nouveau rouleau tout en évitant volontairement de répondre à la seconde partie. Certes, ce n’était pas le serveur qui avait cuisiné les plats, mais admettre que ce que je mangeais était à mon goût alors que le susnommé avait apporté quelque chose que l’on pouvait prendre avec les doigts sans difficulté m’était impossible. C’aurait été l’approuver, chose que je ne faisais pas. Nous poursuivîmes donc notre repas en silence durant quelques minutes, ce qui me permit d’apprendre que l’occupante de la table la plus proche de nous trouvait ravissantes les décorations du lieu. La futilité de ses propos m’exaspéra tellement que je m’obligeais à trouver quelque chose à dire ou faire pour ne pas avoir à l’entendre déblatérer un peu plus sur la qualité du lieu – qui possédait un serveur fort malpoli. J’attendis que Leonardo commence à boire pour lancer mon idée :

- Au fait, je suis enceinte.

Je pus voir avec satisfaction ce cher bon samaritain menacer de s’étouffer avec ce qu’il tâchait d’avaler et tousser durant quelques secondes avant de pouvoir reprendre un souffle normal. J’avais adopté un ton volontairement neutre, tout comme je l’aurais certainement fait si l’information avait été véridique. L’idée m’était tout juste venue et puisque c’était la seule qui me permettait de relancer rapidement la conversation, j’avais balancé ma fausse bombe dans les bras de Leonardo qui avait réagi de manière spontanée. Son « PARDON ? » dut être entendu par tous les clients du restaurant et je ne pus m’empêcher d’ajouter aussitôt :

- Crie-le plus fort, je pense que ceux du fond n’ont pas bien entendu.

Son air interloqué et abasourdi ne disparut pas pour autant. Sans doute qu’il faisait exprès pour avoir un complément d’informations. Et celui-ci ne tarda pas outre mesure.

- Ta réaction aurait sans doute été inappropriée pour n’importe qui d’autre. Tu devrais me remercier de ne pas partir vexée, fis-je avec un ton faussement outré, puis, n’observant toujours pas de mouvement, même pas ses yeux se lever au ciel, je poursuivis avec un sourire : d’accord, j’admets que c’est aussi parce que c’est faux et que ta tête est franchement comique.

Je buvais à mon tour d’une seule traite et n’attendant pas qu’il se décide enfin à sortir de sa léthargie, je finis par lui demander s’il ne voulait pas me la refaire une seconde fois, car son expression, dorénavant neutre, avait été d’une telle perfection que j’aurais pu croire que je l’annonçais à mon propre père. Quoique celui-ci s’en serait sans doute fichu ou se serait rapidement éloigné, peu désireux de se tenir près de son monstre de fille qui allait mettre au monde un nouveau monstre. Car c’était bien ce que lui et ma mère m’avaient fait comprendre, que je n’étais certainement pas normale, voire une alien. Mais je n’en avais rien à faire. Leonardo Sacritorian ici présent avait très bien joué son rôle et prouvait que je n’avais pas tort de l’associer à une figure paternelle. Il ne savait pas encore que la seule idée d’être en couple me répugnait et que par extension le désir d’avoir un enfant un jour était inexistant, puisqu’il était absolument hors de question que je me retrouve avec un bébé sur le dos, ou plutôt dans le ventre, par accident. Mais il serait peut-être informé de ce détail plus tard, au vu de sa spontanéité remarquable qui me faisait rire intérieurement et sourire à l’extérieur. Je me doutais que lui devait penser à une preuve immanquable de l’absence de maturité dans mon cerveau, ce qui n’était de toute manière pas tout à fait faux, je le concevais. Mais tant pis. Cela m’avait occupé suffisamment et amené, si l’autre Italien se décidait, à un nouveau sujet de conversation. Pas terrible, certes, les gosses étant bien souvent détestables, moi y compris. Mais tout de même. On faisait avec les moyens du bord. Je me souvins subitement de l’élastique que j’avais gardé dans ma poche et pus de nouveau sourire avec une candeur certainement pas véritable en voyant ses yeux me fixer de nouveau, après que j’eus claqué l’élastique contre ma paume.


Dernière édition par Loa Holtaïlis le Lun 8 Avr - 22:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Dim 10 Juin - 17:50

Paisiblement, du moins autant qu’il pouvait l’être en compagnie de Loa Holtailis, Leo continuait à déguster son plat, qu’il trouvait fort plaisant, d’ailleurs. Cela faisait quelques temps qu’il n’était pas allé manger de la nourriture chinoise, lui préférant des plats japonais moins lourds en semaine, et il était ravi de pouvoir les retrouver et les faire découvrir à son amie. Il trouvait d’ailleurs vraiment drôle qu’elle s’obstine à manger avec sa fourchette alors qu’il était connu que ce genre de nourritures se mange avec les doigts. Heureusement pour elle qu’elle se débrouillait bien, elle serait parue ridicule, autrement.

- Ne t’inquiète pas pour moi, c’est tout aussi pratique et moins salissant, rétorqua-t-elle, un sourire en coin prenant place sur son visage. Mais je vois que toi, par contre, tu préfères t’en tenir aux techniques de la préhistoire, qui laissent d’ailleurs de magnifiques traces sur ton visage.

Haussant légèrement les épaules, il choisit de ne pas rebondir, très satisfait de son retour à la préhistoire. C’était tellement plus pratique de cette façon qu’il ne se voyait pas être handicapé par des couverts. Les couverts étaient des outils, des aides, pas des instruments obligatoires en toute circonstance, à la base. Et, même si de nos jours, dans les sociétés occidentales, il était plutôt mal vu de manger autrement qu’avec ces outils, il restait quelques plats qui toléraient être mangés avec les mains. La plupart de ceux composant la nourriture chinoise en faisait partie donc les remarques de la blondinette glissaient sur lui, sans le toucher. En ce qui concernait les traces de sauce, il les sentait et savait donc que son interlocutrice disait la vérité mais il savait aussi qu’il risquait de s’en remettre, une seconde après avoir essuyées les premières. Il ne lui servait donc à rien de stresser à ce sujet. Il pouvait finir tranquillement et s’essuyer après. Surtout qu’il voyait mal Loa lui en tenir rigueur. Dans leur duo, c’était elle la je-m’en-foutiste reconnue.

D’ailleurs, elle ne réagit pas à son ignorance, préférant se concentrer sur le découpage d’un autre rouleau de printemps. Cela fit réaliser au brun qu’il ne savait toujours pas si ce qu’elle mangeait lui plaisait, bien qu’il lui eût posé la question, précédemment. Ne sachant pas comment interpréter cela, il décida que Loa devait au moins trouver cela comestible vu qu’elle n’avait pas renvoyé le plat et qu’elle continuait à manger, sans paraître le moins du monde dégoûtée. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l’Italien mais il préféra le cacher derrière une autre bouchée de nourriture, afin d’éviter de vexer son interlocutrice, même légèrement.

Une légère phase de silence naquit, peu après, sans que cela ne gênât Leo. Il se sentait plutôt bien, le ventre en cours de remplissage, les idées claires et sans aucune tension avec Loa. Les bavardages futiles autour d’eux ne le dérangeaient pas non plus. Il pensait que chacun avait le droit de s’exprimer, peu important le contenu de ce qu’il disait. Après, il avait lui-même la liberté de prêter plus ou moins attention aux propos tenus, en fonction de son intérêt personnel pour la question. Il savait que Loa avait un point de vue assez différent sur la question aussi cela le surprit qu’elle ne réagisse pas vraiment à ce que disait leur plus proche voisine dont la voix portait plutôt bien, malgré sa qualité féminine. Il ne fit cependant aucune remarque et récupéra son verre pour en boire une gorgée, afin d’aider à mieux faire passer le dernier morceau de rouleau de printemps qu’il venait d’ingurgiter. C’est le moment que choisit son amie pour reprendre la parole avec une nouvelle plutôt surprenante pour quiconque la connaissait, même superficiellement.

- Au fait, je suis enceinte.

A ces mots, la gorgée qu’il venait d’avaler ne passa étrangement plus aussi bien et il s’étouffa pendant quelques instants, une quinte de toux le saisissant, avant de pouvoir respirer à nouveau librement. Aussitôt, il lâcha un « PARDON ? »  plutôt puissant, malgré l’étouffement dont il venait d’être l’objet qui leur valut d’attirer tous les regards.

- Crie-le plus fort, je pense que ceux du fond n’ont pas bien entendu, réprimanda immédiatement la blonde tandis qu’il desserrait légèrement le nœud de sa cravate, machinalement.

Il ne savait pas encore comment prendre la nouvelle. Déjà, il n’était même pas sûr qu’elle soit vraie mais avec Loa, on pouvait s’attendre à tout. Mais si c’était vrai, si elle attendait réellement un bébé, il se savait déjà prêt à l’aider autant qu’il le pouvait et autant qu’elle en avait besoin. Avant de s’emporter, il lui fallait cependant savoir si c’était vrai ou non, alors il fixa son interlocutrice avec la même expression confuse qu’il se savait arborer depuis qu’il avait entendu sa déclaration.

- Ta réaction aurait sans doute été inappropriée pour n’importe qui d’autre. Tu devrais me remercier de ne pas partir vexée. Sans répondre, Leo attendit la suite. Ce qu’elle disait n’avait pas d’importance première, dans le cas présent. Au pire, si elle avait dit la vérité, il s’excuserait, voilà tout. Un sourire naquit finalement sur le visage de la blonde et elle confessa son mensonge : d’accord, j’admets que c’est aussi parce que c’est faux et que ta tête est franchement comique.

Résistant à son envie de lever les yeux au ciel, Leonardo resta silencieux durant quelques instants. Il ne savait pas quoi penser du soulagement qu’il avait ressenti en entendant la confirmation du fait que la grossesse n’était pas réelle. Ne pensait-il pas Loa réellement capable de s’occuper d’autrui ? Une voix coupable confirma que c’était bien cela et il préféra ne pas s’attarder sur la question, reprenant pied dans la réalité au moment où son amie lui demandait s’il ne pouvait pas refaire son expression surprise, qui aurait si bien convenu à un véritable père. Un sourire aussi tendre que résigna naquit alors sur les lèvres de l’Italien. Loa restait très jeune, malgré ce qu’elle voulait en laisser paraître ou ce dont il avait l’impression parfois.  Ce n’était pas un mal. C’était normal pour son âge, l’une des seules choses normales auxquelles elle pouvait prétendre. Il ne voulait pas la lui retirer. Cela n’aurait définitivement pas été judicieux de sa part. Il l’observa alors réfléchir, silencieuse, et baisser les yeux vers ses mains avant de les relever vers lui. Subitement aux aguets, il regarda autour d’eux, constata que plus personne ne leur portait d’attention et grimaça en entendant le claquement de son élastique résonner dans l’air. Il devina le sourire faussement candide de Loa bien avant de le voir. Soupirant discrètement, il tendit alors la main vers la jeune fille, sans grand espoir.

- Rends-moi ça, Loa.

Il avait parlé sans la moindre conviction. Cela ne l’intéressait plus de batailler pour ça. Il appréciait se défouler sur les élastiques mais il ne voulait pas en être l’esclave. Ou plus, en tout cas. Il devait se comporter comme l’homme responsable et respectable qu’il était. Qu’elle casse l’élastique, si cela lui chantait. Il ne réagirait plus à ce moyen de pression. Des élastiques, on en trouvait partout, et si elle ressentait le besoin de l’ennuyer, il lui faudrait trouver autre chose. Tant pis pour elle. Au moins, elle n’avait pour l’instant rien fait de plus que continuer à faire claquer le ruban de caoutchouc. Il était temps de limiter les dégâts en montrant l’indifférence que ce comportement induisait. Hochant la tête pour lui-même, il ramena ainsi sa main vers lui  et se réadossa à son siège, quelques instants avant que le serveur ne vienne débarrasser. Il leur demanda si tout s’était bien passé et Leonardo confirma tandis que Loa ignorait royalement le jeune homme. Une fois celui-ci parti, l’Italien se repencha vers son interlocutrice.

- Tu as aimé, déclara-t-il sans l’ombre d’un soupçon. Tu as aimé ce que tu as mangé et cela ne te plaît pas vraiment.

Il était absolument enchanté par cela mais avait essayé d’éviter autant que possible la goguenardise dans sa voix. Il savait qu’il n’y était pas parvenu parfaitement mais ce n’était pas grave. Loa avait entendu pire et avait également fait pire.

- Ta fierté est vraiment mal placée, continua-t-il tranquillement. Je sais que tu es très indépendante et plutôt autosuffisante, comme fille, mais ta fierté est quand même très mal placée. Je ne veux pas te changer, juste que tu grandisses un tout petit peu. Admettre qu’on a eu tort ne fait pas de mal. Cela rend même supérieur aux autres, cela permet d’avancer.

Il ne savait pas pourquoi il lui disait cela après avoir dit qu’il ne voulait pas la changer puisqu’il était certain qu’elle risquait de le voir sous cet ange mais il le faisait. Il avait, en plus de cela,  parfaitement conscience du fait que chacun de ses mots entrait dans une oreille de la blonde avant d’en ressentir, quelques secondes plus tard, par l’autre. Il gaspillait donc sa salive mais il s’en fichait. Après tout, elle en valait le coup. Il en était sûr. Et comme ça, il ne pensait pas à l’élastique qui lui manquait, malgré tout ce qu’il avait pu penser, un instant auparavant.
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Jeu 23 Aoû - 9:14

L’élastique eut l’effet escompté et ramena un Leonardo, qui semblait bien las, à la réalité. Je ne savais pas vers quoi ses pensées avaient bien pu se diriger, mais le préférais tout de même bien ancré dans la réalité en ma présence. Et comme l’objet – qu’il allait sans doute pouvoir retrouver n’importe où sans trop de mal si je le gardais – semblait lui permettre d’évacuer le stress, s’occuper les mains ou je ne sais trop quoi, que j’avais réussi à lui subtiliser à son grand désarroi, autant que je m’en serve dans pareille situation. A son doux sourire en réaction à mes dernières paroles avait suivi une grimace en entendant le son de ce cher élastique claquer contre ma peau. Son soupir, bien que discret au niveau sonore, était bien visible. Entre ça et les yeux qu’il levait au ciel, je commençais de toute manière à bien connaître sa façon de réagir, et à ne pas m’en étonner le moins du monde.

- Rends-moi ça, Loa.

Son ton n’était certainement pas impérieux, ni joueur, ni amical. Juste las, sans la moindre conviction. Je n’avais déjà pas l’intention de lui rendre l’objet, alors là encore moins. Peut-être agissait-il ainsi juste pour la forme. Sa main revenant à sa place initiale, sa tête acquiesçant par le même temps, il se résigna. Le bout de caoutchouc n’allait donc plus m’être utile pour le taquiner ou l’enquiquiner, mais bien en sa fonction principale, si jamais il ne finissait pas dans une poubelle auparavant. A nouveau adossé à son siège, mais pas de manière aussi droite que j’avais pu l’observer aborder au début de notre relation, il observa le serveur débarrasser tout en nous demandant si cela nous avait convenus. Je l’ignorai, laissant le soin à ce cher Saint Leo de répondre pour nous deux. Le serveur ne méritait nullement que je lui adresse la parole, et je n’oubliais pas qu’il fallait que je le fasse trébucher avant de partir.

- Tu as aimé. Tu as aimé ce que tu as mangé et cela ne te plaît pas vraiment.

Ce n’était pas une question, Leo affirmait bien que j’avais apprécié ce qui nous avait été apporté et l’avait fait sitôt que le serveur s’était un minimum éloigné. Et il n’avait pas tort. Mais je n’allais pas l’admettre. Je n’avais pas à le faire, il me connaissait assez pour que je n’aie pas à approuver ses dires. Il était d’ailleurs très heureux de ce fait, ou plutôt de ma bonne appréciation des mets qui avaient fini dans mon estomac. Cela s’était autant entendu que vu à son visage qui radiait. Il en fallait vraiment peu pour le contenter, cet Italien. Cela m’étonnait de moins en moins de sa part, et même si j’évitais de le lui dire parce que la guimauve et le « gnangnan » n’étaient absolument pas ce que j’appréciais de faire, de vivre, d’entendre ou de voir, j’appréciais néanmoins sa simplicité, son sourire spontané et sa bonne humeur en général. Le fait que je pense à ceci prouvait la manière dont il commençait à déteindre sur moi, et si j’avais voulu l’imiter, j’aurais bien grogné à cette idée. Mais je n’en étais heureusement pas rendue à ce point.

- Ta fierté est vraiment mal placée. Je sais que tu es très indépendante et plutôt autosuffisante, comme fille, mais ta fierté est quand même très mal placée. Je ne veux pas te changer, juste que tu grandisses un tout petit peu. Admettre qu’on a eu tort ne fait pas de mal. Cela rend même supérieur aux autres, cela permet d’avancer.

Haussant un sourcil, je l’écoutais déclamer ce que j’aurais pu qualifier de stupidités si je ne savais pas ses propos plutôt véridiques. Il était vrai que me voir admettre mes torts ne lui était pas commun. Je préférais me dire que je savais arrêter de m’enfoncer sans toutefois me rectifier, plutôt que d’énoncer haut et fort que j’avais eu tort. Je ne voyais toujours pas l’intérêt. Que de paroles inutiles et de perte de temps. Dans un cas où je reconnaissais intérieurement que je m’étais trompée, je n’en faisais pas part oralement mais ne continuais pas non plus sur ma lancée que je savais alors fausse. Cela me semblait un bon compromis. Mais expliquer cela à l’Italien ne servirait pas à grand-chose : il ne comprendrait pas mon point de vue. Et qui plus est, oui, ma fierté était sans doute également très mal placée. Mais une fois de plus, je n’avais pas à le confesser puisqu’il énonçait le fait pour nous deux. Le contredire ne serait d’aucune utilité : il avait raison. Lui par contre me semblait bien me vouloir changer au moins sur certains points, malgré ce qu’il disait. Il était bien conscient que je n’admettais pas mes torts à voix haute mais n’hésitait pas à continuer comme quoi cela ne faisait pas de mal mais avancer. Il souhaitait donc que je le fasse, ce qui revenait à changer mes habitudes et donc moi par la même occasion. Cependant, il ne servait à rien que j’explique mon raisonnement, puisque le vieux croûton changerait alors la formulation de sa phrase de façon à ce que je ne puisse rien y redire, bien que l’idée de fond restait la même. Ah, ce Leo.

- Tu te contredis, énonçais-je d’un ton assez ferme, mais ne m’attardais pas là-dessus. Mais passons. Je ne vois pas l’intérêt de reconnaître à verbalement mes torts. Je n’insiste pas sur mon point de vue et basta.

Je résumais, sentant d’avance que le brun pourrait trouver quelque chose à redire.

- Et ce qui se passe là-dedans, fis-je en tapotant ma boîte crânienne, t’est inconnu, à moins que tu ne sois devenu devin et que tu aies oublié de m’en informer.

Un sourire en coin s’était emparé de mes lèvres machinalement. Je souhaitais simplement lui faire comprendre que, d’une, cela me passait au-dessus que les gens pensent ma fierté mal placée parce que je ne reconnaissais pas tout haut mes torts, et de deux, qu’il n’avait aucun moyen de prouver que je n’admettais pas avoir faux sans pour autant l’exprimer à tout un chacun. Leonardo hocha la tête, et mon sourire s’agrandit légèrement en constatant qu’il ne pouvait rien trouver à redire à mes arguments.

- Qui plus est, je n’ai rien à redire sur la nourriture. Je ne tiens juste pas à adresser le moindre mot à ce serveur, nuance.

Je m’amusais un bref instant avec l’élastique avant de le ranger, n’appréciant pas la matière que je jugeais très désagréable. Comment diable l’Italien pouvait-il bien passer ses nerfs sur une telle chose ? Encore un des mystères à son sujet. Mais celui-ci n’avait pas la moindre importance et retrouvait les autres ayant pour solution commune « Leo est bizarre ». Je savais au fond qu’il ne l’était pas tant que ça, juste différent de ma personne et de d’autres de mes connaissances à certains sujets. Mais quelques faits inexplicables à propos du brun méritaient réellement une telle réponse, tout de même. Peut-être était-ce aussi pour cela que je l’appréciais, après tout.

Jugeant que mes pensées prenaient un bien curieux tournant, j’orientais mon cerveau sur un nouveau sujet de conversation. Je ne tenais absolument pas à continuer à discuter de la personne chargée de nous servir. Elle n’en valait absolument pas la peine. Et je n’avais pas la moindre envie d’entendre encore la conversation de la table la plus proche de nous. Je sentais sinon que j’allais faire un commentaire que Leo jugerait déplacé ou qui le fait sourire, au mieux, avant de lever les yeux au ciel devant mon impolitesse ou un autre de mes défauts. Au lieu de quoi, je ne cherchais pas très loin et embrayais finalement sur un thème très présent pour de telles circonstances :

- Comment as-tu appris à cuisiner ?

Il n’avait qu’évoqué ce passe-temps, puisque finalement nous ne discutions pas vraiment de tels sujets. Je savais qu’il appréciait, non adorait préparer des plats, quand il en avait le temps. Mes talents en la matière étaient à déplorer, et je ne doutais pas que Leo, dans sa sainteté, m’offrirait de m’enseigner des choses à ce sujet sitôt qu’il apprendrait la chose. Mais justement et par bonheur, le sujet le concernait lui.
Par « comment » je sous-entendais aussi une éventuelle personne lui ayant enseigné des rudiments, des bases ou comment se perfectionner, ce qui lui plaisait tant et tout le bataclan. Leonardo avait la possibilité de développer sa réponse vers toutes les directions, même l’humour qu’il appréciait tant. Et j’étais encline à l’écouter un peu plus sérieusement que lorsqu’il tentait de me faire une leçon de savoir-vivre. Je n’avais pas laissé échapper un peu de guimauve auparavant pour lui faire signifier que – damn – je tenais à lui. Et par ce fait, que je voulais en apprendre plus à son sujet. Et pour une fois, pas de ses bons conseils. Cela allait nous changer un peu, et pour le meilleur de mon point de vue. Enfin, aussi certainement du sien. Après tout, il était bien conscient que lorsqu’il jouait au père m’apprenant les bonnes manières, ce qu’il disait ne s’attardait pas dans mon esprit, puisque je jugeais l’information inutile, n’est-ce pas ?

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Dernière édition par Loa Holtaïlis le Lun 8 Avr - 22:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Dim 9 Déc - 11:24

Sourcil levé, Loa paraissait réagir comme Leo s’y attendait. Pour cette raison, il ne prêta qu'une oreille distraite à ce qu’elle disait. Derrière eux, deux femmes parlaient d’un sujet bien plus intéressant que le babillage précédemment remarqué. La fermeture d’un cabinet d’architectes, au centre de SoHo, leur faisait se demander à quel point Londres allait mal sous son vernis de quotidien. Il aurait aimé avoir le pouvoir de balayer leurs inquiétudes d’une remarque assurée mais le fait était que le point soulevé se révélait être réellement épineux. La crise financière allait croissante dans ce monde et Londres ne faisait pas exception au schéma. Pour l’instant, le cabinet que Lester et lui tenaient avait suffisamment de contrat pour finir l’année tranquillement mais qu’en serait-il ensuite ? Il se sentit partir vers ces pensées et, pour contrer cela, se raccrocha aux derniers mots que Loa avait prononcés.

- Je n’insiste pas sur mon point de vue et basta, l’avait-il entendue  dire.

Il hocha machinalement la tête, se réprimandant mentalement de son manque d’attention tout en ne pouvant s’empêcher d’écouter la suite de la discussion des femmes derrière eux. Devant lui, Loa se tapota le crâne et il sourit légèrement avant qu’un sourire en coin ne glisse sur les lèvres de la blonde et fasse se demander à l’architecte ce qu’elle venait de dire. Il lui semblait avoir entendu le mot « demain » avant qu’elle ne dise quelque chose comme « oublié de m’en informer ». Il s’interrogea sur ce dont elle pouvait bien parler mais étant donné qu’elle ne semblait pas attendre de réponse de sa part, ne chercha pas longtemps. Il lui offrit donc un nouveau signe de tête pendant que, derrière eux, les femmes disaient qu’elles avaient l’impression que les gens partaient de plus en plus longtemps à la campagne. Comme pour… fuir la ville disait l’une d’elles sans avoir l’air de trop y croire. Le sourire de Loa s’agrandit à ce moment-là et il se dit que les coïncidences savaient être belles. En leur honneur, et par respect pour son interlocutrice, il arrêta alors d’écouter les femmes pour se concentrer sur celle face à lui.

- Qui plus est, ajoutait d’ailleurs cette dernière tandis qu’il prenait cette décision, je n’ai rien à redire sur la nourriture. Je ne tiens juste pas à adresser le moindre mot à ce serveur, nuance.

Leonardo était sur le point de lui dire que cette décision devait de toute façon être au goût dudit serveur quand l’élastique qui lui avait été précédemment dérobé claqua dans l’air. Un vif désir de le récupérer s’empara alors de lui mais, malheureusement, Loa ne semblait toujours pas désireuse d’accéder à cette requête et le rangea sur elle, l’air de rien. Voyant ça, l’Italien en fut partiellement soulagé : au moins son précieux ami ne risquait-il pas de casser, ainsi à l’abri des humeurs imprévisibles de la blonde. Enfin, au moins pour un temps. Un temps que Leo ne pouvait s’empêcher d’espérer suffisamment long pour lui permettre de récupérer son bien avant le claquage final.

- Comment as-tu appris à cuisiner ? demanda soudain Loa en coupant court au silence qui s’était tranquillement installé entre eux.

L’élastique brusquement écarté de ses pensées, il haussa les épaules tout en passant une main dans ses épais cheveux bruns et sourit. Ses yeux bleus brillaient d’une joie toute enfantine, tandis qu’il se rappelait les heures passées avec sa mère à comprendre et mémoriser les différentes astuces culinaires qu’elle essayait de lui inculquer. Son père était leur cobaye préféré et avait de nombreuses fois fini aux toilettes en train de vomir tout ce que son estomac contenait, sous les excuses affolées de son fils et les réprimandes consternées de sa femme qui regrettait de ne pas avoir épousé un homme, un vrai. Fort heureusement, Leo s’était rapidement amélioré et ses essais suivants avaient fait oublier à son père ses déconvenues précédentes ; bien qu’il n’ait jamais rechigné à tester le moindre plat fait afin, selon une hypothèse que Leo gardait pour lui, de préserver au moins une trace du courage viril qu’Antonella lui reprochait de ne pas avoir et que lui se pensait posséder.

- Ma mère m’a tout appris, répondit-il finalement après quelques courtes secondes à sourire en silence tel l’autiste que Lester le suspectait parfois d’être. Elle adore passer des heures à confectionner des plats qui nourriront bien ses invités et lui apporteront leurs louanges alors elle s’est mis très tôt en tête de m’apprendre à faire de même… Heureusement pour elle comme pour moi, j’ai très vite adhéré à ses enseignements et, à présent, je me sers de la cuisine pour me relaxer. D’une certaine façon, c’est un bon dérivé de mon métier puisqu’on crée quelque chose d’esthétique, que l’on aménage des éléments pour les faire cohabiter de la manière la plus adaptée…

Il se tut, imaginant sans le vouloir un gratte-ciel de boudoirs sur lequel coulerait une rivière de sirop d’érable, acheminée jusqu’au sol par des gouttières à ciel ouvert faites en pâte à gâteau et recouvertes de jaune d’œuf. Cela avait l’air absolument ragoûtant et Leonardo sourit à nouveau en regardant droit dans les yeux, sa gracieuse interlocutrice.

- Mais je pense que tu devrais venir juger ma technique par toi-même et cela, dès ce soir.

Il jeta un regard autour d’eux puis se pencha vers elle dans une allure de complot qu’il s’amusa à avoir et à laquelle, il le savait, Loa n’adhérerait que pour lui faire plaisir.

- Les desserts chinois ne font pas parties de mes préférés. A vrai dire, ce n’est même pas la dernière chose à laquelle je penserais, si je devais choisir un dessert parce qu’ils ne seraient même pas sur ladite liste… Sans vouloir vexer le moindre cuisinier chinois qui pourrait nous entendre, ajouta-t-il, quelque peu coupable de critiquer ainsi. Jetant un regard à droite puis à gauche dans un sursaut paranoïaque due à la honte, il en arriva au fond de sa pensée : aussi, comme tu as du le comprendre, je te propose donc de venir prendre le dessert chez moi. Si tu n’as rien d’autre de prévu, évidemment, puisque ça risque de prendre un petit peu de temps. Craignant de la faire fuir, il s’empressa de préciser :je dirais au maximum une heure et demie, dernière cuillerée engloutie.

Il la regarda, peu désireux de le montrer mais certain de l'avoir convaincue. Loa avait beau être un petit format, il savait qu'elle n'en gardait pas moins un grand estomac. Or, s'il n'était pas encore reconnu comme dompteur de sorcière, on ne pouvait nier qu'il avait un certain pouvoir sur les estomacs.

La soirée était donc loin d'être finie. Il en aurait mis ses fesses à voler.
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MessageSujet: Re: Âme Strame Gramme || Loo   Dim 9 Déc - 15:35

Je sus que j’avais fait mouche lorsqu’un sourire apparut de nouveau sur les lèvres de mon vis-à-vis. Cela n’avait pas été bien difficile, remarquez. Ses yeux brillaient tout en fixant un point invisible derrière moi, ce qui me fit prendre conscience que Leo était parti dans ses souvenirs. Par ce fait, je pouvais donc bien réfléchir à complètement autre chose, comme comment faire payer à ce maudit serveur son choix qui n’avait nullement dérangé Leo puisque, comme il l’avait prouvé, une fourchette ne lui avait pas été nécessaire. Si nous le croisions à nouveau en sortant, ou s’il ne tentait ne serait-ce que de venir vers nous à nouveau, je me jurais de ne pas le laisser repartir tranquillement. Après tout, renverser un plat ou tomber d’un objet quelconque n’avait jamais tué personne. Mais si jamais il avait la chance de ne pas me recroiser aujourd’hui, qu’il ne s’attende pas à un traitement de faveur s’il m’arrivait de revenir, bien au contraire. Après tout, je choisissais parfois des personnes qui n’avaient pas mérité mes bons soins – ne voyez absolument pas là l’ombre d’un regret, tout le monde a bien besoin d’être secoué un peu à un moment ou à un autre, je ne fais qu’aider. Ce serveur pourrait donc bien faire l’objet de nouveaux essais. Cette nouvelle idée me fit sourire de contentement, ravie d’avoir un autre cobaye que l’autre immortel casse-pieds.

- Ma mère m’a tout appris, répondit enfin un Leo qui me rendait le double de mon sourire, mais certainement pas pour la même raison.

Il avait un peu l’air crétin à faire une pareille tête, et je me félicitais intérieurement de n’avoir cure de ce que pouvaient les gens alentours. Car avec un énergumène maniaque comme celui qui me faisait face, on pouvait sans doute vite avoir honte en sa présence. Quoique je ne devais pas être un cadeau non plus. « Bah, ce n’était que lui rendre la monnaie de sa pièce », concluais-je en hochant légèrement la tête pour moi-même.

- Elle adore passer des heures à confectionner des plats qui nourriront bien ses invités et lui apporteront leurs louanges alors elle s’est mis très tôt en tête de m’apprendre à faire de même… Heureusement pour elle comme pour moi, j’ai très vite adhéré à ses enseignements et, à présent, je me sers de la cuisine pour me relaxer. D’une certaine façon, c’est un bon dérivé de mon métier puisqu’on crée quelque chose d’esthétique, que l’on aménage des éléments pour les faire cohabiter de la manière la plus adaptée…

Autant la nourriture était quelque chose dont je pouvais (presque) aimablement discuter pendant un certain temps, autant Leo ne me convaincrait jamais de l’attrait de l’immobilier. Le domaine du bâtiment est ennuyant à mourir à mes yeux. La simple pensée qu’on puisse s’extasier devant des murs me faisait lever les yeux au ciel avant de me donner une forte envie d’envoyer une personne avec un tel état d’esprit voler pour lui faire prendre conscience que ce sont des murs, rien d’extraordinaire. Aussi, comme Leo commençait à s’embarquer sur un tel sujet, je fus ravie qu’il en revienne à celui que j’avais lancé, avec un sourire toujours aussi idiot :

- Mais je pense que tu devrais venir juger ma technique par toi-même et cela, dès ce soir.

Je haussais un sourcil, me demandant ce qui prenait soudain à l’Italien. Et surtout, à la possibilité qu’il veuille m’empoisonner ou me rendre malade pour tout ce que j’avais pu faire. Pour que cela me serve de leçon. C’aurait été assez étonnant de la part d’un tel bon Samaritain, mais sait-on jamais.

- Les desserts chinois ne font pas parties de mes préférés. A vrai dire, ce n’est même pas la dernière chose à laquelle je penserais, si je devais choisir un dessert parce qu’ils ne seraient même pas sur ladite liste… Sans vouloir vexer le moindre cuisinier chinois qui pourrait nous entendre.

Leo jeta des coups d’œil furtifs alentours pour s’assurer du caractère privé de notre conversation, et cela ne fit que me conforter dans l’idée qu’il avait définitivement un grain. Au vu de son état d’esprit, je n’excluais pas la possibilité que, même sans le vouloir, il soit bien fichu de faire des mélanges douteux et qui pourraient nuire à ma bonne santé. Je ne savais même pas quoi penser desdits desserts chinois – je n’en avais jamais mangé, de toute manière –, tant le brun commençait à me préoccuper. Si en plus d’être maniaque il devenait parano, je risquais vraiment quelque chose. Quoique sa paranoïa était sans doute communicative, pour que j’en vienne à de telles pensées.

- Aussi, comme tu as du le comprendre, je te propose donc de venir prendre le dessert chez moi. Si tu n’as rien d’autre de prévu, évidemment, puisque ça risque de prendre un petit peu de temps.

La question ne se posait pas en matière de temps, mais bien en fonction de la stabilité mentale de Leo. Néanmoins, puisqu’il ne semblait pas encore être capable de pouvoir se téléporter, il aurait le temps de se calmer sur le chemin. Ou de s’emballer encore plus, en fait. Je pourrais toujours vérifier ce qu’il faisait, après tout, et poser des questions au moindre ajout douteux dans la quelconque recette qu’il envisageait de faire, même si cela pouvait entraîner des explications sans fin de la part de l’Italien.

- Je dirais au maximum une heure et demie, dernière cuillerée engloutie.

J’étais déjà d’accord avant qu’il ne présente ce nouvel argument, le calme m’étant revenu en adhérant au fait qu’il était tout bonnement improbable qu’une personne comme lui puisse avoir des intentions malsaines. C’était plutôt mon domaine, ça.

- Ca marche, répondis-je aussitôt, coupant court à d’éventuels arguments, histoire aussi de calmer le jeu.

La joie sur le faciès de mon interlocuteur me fit lever les yeux au ciel et soupirer sans aucune discrétion. Quel grand gamin. Enfin, enfermé dans un corps de vieux croûton parfaitement capable de donner des leçons de savoir-vivre sans pareil. Les apparences sont définitivement trompeuses.

Nous ne perdîmes pas plus de temps, et nous préparâmes à sortir. J’ajoutais cependant que je voyais Leo, comme il l’avait promis, réglé le prix de nos repas :

- Ne t’avise même pas de donner un semblant de pourboire au serveur.

J’étais parfaitement sérieuse, voire menaçante, et cette fois ce fut le tour de Leo, redevenu calme entre temps, de lever les yeux au ciel. Ce qui me rassura pour de bon, puisque je sentais que les risques de l’empoisonnement par inadvertance venaient de chuter considérablement, ce cher Leo étant redevenu mon bon vieil ami Italien.

Ce qui valait mieux, parce que j'avais encore faim, et que j'espérais qu'en tant qu'ami, Leo allait rassasier mon estomac qui avait encore un peu faim.
On vous a déjà dit que je suis une morphale ?

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Âme Strame Gramme || Loo

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