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 Suddendly I see || Aylmett ♥

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    Date de Naissance : 03/05/1988







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MessageSujet: Suddendly I see || Aylmett ♥   Sam 22 Jan - 22:02

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Jour de janvier. Jour où la température avoisinait les zéros degrés et cela va de soi que ce n’est pas une chose que j’apprécie particulièrement. Les mains touchant le fin fond de mes poches, repliées sur elles-mêmes de façon à obtenir un peu de chaleur, l’écharpe me remontant jusqu’au-dessus de la bouche, la tête rentrée dans les épaules, je frissonnais malgré les plusieurs épaisseurs. Dieu que je hais l’hiver. Ou plutôt, les jours où, en plus d’un froid que l’on ressent particulièrement, le vent violent tâche par tous les moyens possibles de réussir à se glisser dans une légère ouverture et de vous glacer jusqu’aux os. Pressant le pas, je finis par arriver en vue de Buckingham Palace. La bâtisse datant du dix-huitième siècle avait été maintes fois rénovée et inspire dorénavant le prestige. Je continuais d’avancer sans hésitation sur l’allée entourée de haies entretenues à la perfection qui menait aux portes du palais. Plusieurs gardes assuraient leur rôle, le palais abritant tout de même la famille royale ainsi que les Vagabonds des différentes époques. Il nous suffisait de présenter l’anneau que nous portions en toutes circonstances pour avoir accès aux bâtiments. Celui-ci était particulièrement reconnaissable et il était impossible de s’en procurer un même très ressemblant sur le marché. Sortant donc ma main droite à contrecœur de ma poche, je la présentais rapidement aux hommes chargés de la surveillance qui me laissèrent alors entrer. M’engouffrant dans le hall, je frissonnais encore mais appréciais à sa juste valeur le changement de température. Je déboutonnais mon manteau avec malhabileté, due à mes doigts transis de froid et desserrais mon écharpe de façon à pouvoir parler mais la gardais tout de même. Sait-on jamais. Il m’était déjà arrivé de devoir partir précipitamment pour diverses causes. Et l’idée même de retourner à l’extérieur me gelait.

Tout en avançant d’un pas lent, des images me revinrent en tête. Toutes avaient un même sujet : la mission que je venais d’accomplir. Et oui, en tant que Vagabonde et malgré mon refus de tenter d’améliorer ou de détériorer la Terre, je me devais tout de même d’être là en cas de faute majeure, du style qui pourrait changer le cours des choses. Une mort imprévue, un mariage qui n’a pas eu lieu… Un rien peut bouleverser à jamais l’Histoire avec un grand « H » et peut même engendrer de sévères dégâts. Il n’était pas aisé de convaincre les gens déterminés à tout mettre sans dessus dessous de renoncer. Mais l’habitude l’emportait. Il s’agissait d’arriver à cerner quelqu’un au bout de même quelques minutes. Et bien souvent, il s’avérait que le fonctionnement des êtres humains soit un véritable jeu d’enfant à comprendre. Mais chacun étant unique, il fallait tout de même rester prudent. On n’était jamais à l’abri d’une imposture.

Passant pas divers couloirs, j’arrivais enfin à la salle aménagée pour se restaurer. Le brouhaha se faisait déjà entendre depuis les pièces que je traversais mais, trop plongée dans mes souvenirs que j’étais, je n’y avais pas prêté attention, étant comme enfermée dans une bulle n’appartenant qu’à moi. Le bruit me parut donc énorme et je grimaçais quelque peu avant de m’accoutumer progressivement mais rapidement au vacarme. En effet, c’était ici que se trouvait le Quartier Général des Vagabonds, quelle que soit leur nationalité ou leur époque. Il était peu dire que nous donc très nombreux. Il y avait bien quelques QG dans les différentes villes du monde, mais aucun n’équivalait celui-ci, et tout bon Vagabond se doit d’être passé au moins une fois par celui-ci. Les novices étaient généralement intimidés mais se faisaient rapidement au luxe des bâtiments et l’appréciaient à sa juste valeur. Malheureusement, notre temps à l’intérieur était compté. En effet, certains avaient déjà essayés d’en profiter pour rester plus que nécessairement en ces lieux et cela nous avait valu à tous de devoir sortir obligatoirement au bout de plusieurs heures d’affilée. Le nombre d’heures maximum était limité en fonction de nos besoins et de ce que nous venions de faire. Par exemple, les quelques courageux qui ne profitaient pas de leur anneau mais venaient par les moyens de transport habituels des simples êtres humains avaient droit à un temps plus étiré pour rester à Buckingham.

Je soupirais avant de m’emparer finalement d’un plateau et de me constituer un repas loin d’être diététique mais ô combien nourrissant. Me tournant ensuite de façon à avoir un aperçu de l’immense salle pourvue de tables et de chaises destinées aussi bien à nous réapprovisionner en nourriture qu’en discussion, j’avisais plusieurs places disponibles mais bien souvent au beau milieu d’une tablée. Je n’avais guère envie de discuter avec des inconnus aujourd’hui et bien que j’en reconnaisse quelques uns pour les avoir déjà croisés, ils étaient tous en pleine conversation et je ne me sentais pas capable de m’immiscer. Je souhaitais simplement me nourrir et dormir. M’allonger sur un lit confortable, fermer les paupières et m’évader dans un monde de rêves. Simplement récupérer mes heures de sommeil que j’ai depuis longtemps en retard. Certains me sermonnaient, me faisant remarquer qu’un beau jour, je m’endormirais n’importe où mais je me contentais de sourire et de passer à un autre sujet. A quoi bon dormir puisque j’avais toujours quelque chose à faire ? J’étais lasse de tout cela, de toute cette vie. Je n’avais pas d’amis à proprement parler, de personnes à qui parler pour me soulager enfin du poids qui me pesait depuis la mort de mes parents et de celui qui m’avait tant aidé. Il m’arrivait de ne voir aucun intérêt à ma vie, ou à mon semblant de vie plutôt. Les jours passaient et je m’étais faite à la routine quotidienne. Le temps continuait sa course inlassablement et je me contentais de suivre mais sans vraiment de volonté propre. Un jour viendrait où je ne pourrais simplement plus vivre ainsi. Et Dieu seul sait quel sera alors le but de ma vie…

Un bruit de verre cassé me fit brusquement revenir à la réalité. Prenant conscience que je me tenais toujours debout, mon plateau à la main, je slalomais lentement entre les différentes tables toutes occupées et où se déroulaient des débats sur divers sujets. Religion, politique, amitié ou amour, tout y passait. Au fond, cela me faisait sourire. L’insouciance et la naïveté des jeunes Vagabonds étaient palpables comparé à la sagesse et aux visages des plus anciens où l’on devinait le poids des épreuves par lesquelles ils pouvaient être passés. Ne m’attardant pas sur ce point que j’avais depuis bien longtemps remarqué, je repérais enfin une table occupée simplement par un jeune homme. M’avançant plus rapidement, décidée à expédier mon déjeuner en vitesse, je comptais que la table comportait trois places disponibles sur quatre, mais les deux places face au jeune homme étaient occupées par des plateaux que leurs propriétaires avaient abandonnés sans prendre le soin de les débarrasser. Il nous arrivait en effet parfois de devoir partir précipitamment suite à un message d’avertissement généralement donné par un autre Vagabond nous indiquant par exemple que l’un de ceux que nous pouvions avoir formé était dans une mauvaise passe ou capable de tout. Au vu de l’ordre et des desserts qui restaient impeccables, j’en concluais à cette hypothèse. Plusieurs personnes chargées du nettoyage passeraient prendre les plateaux en question en triant ce qui pouvait être remis à disposition ou non.

Arrivée à la hauteur de la table, je posais doucement mon plateau, soucieuse de ne pas effrayer inutilement la jeune personne que je devinais, par sa coupe, appartenant à la gent masculine. Malheureusement, je ne le fis pas avec autant de délicatesse que cela puisque le jeune homme en question se tourna brusquement vers moi. Le détail qui me sauta le plus aux yeux fut ses prunelles d’un vert mousse si clair et agrémentées d’une teinte noisette qu’elles en étaient remarquables au premier regard. Les trais de son visage étaient, comme je le pensais, signe de sa jeunesse. Des lèvres pleines absolument charmantes, une peau paraissant douce rien qu’à la vue, ni pâle, ni bronzée. Un visage carré encadrés par des mèches brunes, il était absolument renversant. Quelques secondes passèrent et je me rendis enfin compte qu’en plus de n’avoir prononcé aucun mot et de n’avoir fait aucun geste, je fixais sans gène véritable le jeune homme dont j’ignorais le nom. Je pris également conscience que ses pupilles ne semblaient pas se poser sur quelqu’un ou quelque chose en particulier, elles passaient d’un endroit à un autre sans ordre logique. Aveugle. Les yeux de ce si beau jeune homme étaient comme morts. Il ne s’en rendait alors pas forcément compte mais il dégageait un charme que moi-même, bien que lasse, fatiguée et maussade, auquel je ne pouvais résister. Son visage serein et dépourvu de toute expression mauvaise, je le devinais décontenancé aux légères rides qui barraient son front. Des années et des dizaines de personnes analysées portaient leurs fruits et j’étais capable de percevoir la moindre émotion qu’un visage humain voulait bien laisser transparaître. Ma bonne volonté reprit le dessus et ma mauvaise humeur commençait même à diminuer.

- Puis-je m’asseoir ici, s’il vous plaît ? Demandais-je d’une voix relativement douce, chose d’ailleurs assez étonnante chez moi.

La fatigue l’emportait sûrement et je n’étais pas en mesure de m’énerver. De plus, l’aura du jeune homme me calmait peu à peu. Soupirant face au visage inchangé de celui-ci, j’ajoutais d’une voix empreinte de lassitude :

- Je suis désolée si je vous dérange, je voudrais simplement trouver une place pour pouvoir manger en paix mais il se trouve que beaucoup sont occupées. Mais je comprendrais que vous préféreriez rester seul, cela arrive à tout le monde après tout.

Pour l’avoir déjà ressenti, je ne voulais certainement pas imposer ma présence au brun qui pouvait tout simplement avoir envie d’un peu de solitude et de quiétude. Même si cela m’aurait évidemment bien arrangé qu’il accepte dans la mesure que je ne voyais franchement pas où pouvoir prendre place sans être obligée de prendre part à une discussion inévitable. J’attendis donc patiemment que la jeune personne se décide à me laisser m’asseoir ou non à ses côtés.

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Dernière édition par Amy Hilnavy le Sam 6 Avr - 21:35, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Suddendly I see || Aylmett ♥   Mer 2 Fév - 18:45

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Il y a une araignée qui s’appelle Antigone. Il faut la protéger, l’emmener dans un jardin, un parc, un labyrinthe. Quelque part où elle sera en sécurité, où rien ne pourra la tuer. Comme le diable rouge qui danse à ma droite. Je le vois. Comme toujours, je vois. Je comprends que je rêve. Mais nous changeons de situation, alors j’oublie. Et ça recommence inlassablement.


Ce rêve m'était habituel mais il n'empêchait que ma peau était recouverte d’une fine membrane de sueur, due à la nuit agitée dont je venais de sortir, lorsque je retrouvai le monde conscient. Une de mes mains se porta immédiatement à mon front pour en détacher les mèches qui s’y étaient collées tandis que je me redressais sur le matelas qui m’avait été assigné à mon arrivée à Buckingham, plusieurs années auparavant . Durant ce même laps de temps, mon esprit essaya de calmer les battements de mon cœur en lui rappelant que, même si la nuit il semblait que je voyais des choses, dès lors que moi, Eliott Saint-James, j’étais éveillé, tout disparaissait pour me laisser de nouveau dans un univers indescriptible aux voyants. Tout cela prit moins d’une minute grâce à l'habitude et une fois que je fus réellement prêt affronter le monde extérieur, je pivotai pour déposer mes pieds sur le sol et attraper ma canne dans le même mouvement. Ainsi paré, j’allai me préparer calmement, entendant au loin les bruits que faisaient les autres Vagabonds. Dans le tas, il devait sûrement y avoir Rose Johnson, mon amie la plus proche, sauf si elle avait été appelée à partir en mission durant la nuit, ce qui ne m’aurait pas vraiment étonné étant donné que ces derniers temps, j’avais l’impression que le quartier général ne cessait de se remplir et de se vider à une allure plutôt rapide. Personnellement, je n’étais appelé que très rarement sur le terrain, mes qualifications se situant plutôt dans le domaine des interrogatoires que nous devions parfois mener, car j’avais acquis une perception beaucoup plus aigüe que la moyenne au sujet des émotions qu’exhalaient les gens. Certes, il fallait que je me concentre totalement sur les personnes pour avoir des résultats parfaits mais je pouvais déterminer en un rien de temps si le sujet mentait. Sur l’ensemble de nos effectifs, je savais que nous n’étions qu’une poignée à avoir cette facilité avec l’âme humaine. En fait, les autres étaient également plus sensibles que la moyenne des simples humains aux mouvements de l’âme, grâce à l’anneau, mais nous étions indéniablement les meilleurs. Cependant, je n’étais entré en contact qu’avec un seul autre Vagabond de mon genre, un homme plutôt discret et dont le nom m’avait échappé, en admettant qu’il m’ait été un jour donné, mais en revanche ce que je savais de source sûre était que j’étais le seul Vagabond aveugle ayant jamais existé sauf que ça m’importait peu, pour être sincère. Je savais que j’étais différent des autres, forcément je ne voyais pas et sans ma canne je pouvais être totalement perdu, mais comme je n’avais jamais été réellement traité en paria à cause de ça, le fait ne me touchait pas plus que ça. Les gens qui m’avaient donné la vie pour ensuite m’abandonner dans un institut spécialisé ne comptait plus à mes yeux, si je devais les croiser, je les remercierais de m’avoir placé dans un endroit me garantissant une certaine sécurité mais ma cordialité s’arrêterait sûrement là. Ma famille était composée de mes amis, j’avais donc eu la chance de pouvoir la choisir et je n’allais pas jeter ce privilège aux orties. Bientôt, je fus présentable et, toujours armé de ma canne en aluminium, je sortis dans les couloirs afin de gagner la salle commune de petit-déjeuner. L’ensemble du château n’était pas ouvert aux Vagabonds, seule une aile l’était en vérité, et même si certains s’en plaignaient, surtout quand il faisait aussi froid que ces derniers temps et que tout le monde aurait préféré rester au chaud, moi j’en étais plutôt satisfait : j’avais déjà eu assez de mal à mémoriser les différents recoins de l’endroit sans que l’on n’ait à agrandir mon périmètre de reconnaissance. Sachant que mon argument ne serait sûrement pas validé par l’ensemble, je m’étais toujours bien gardé de l’oraliser.

Le brouhaha en provenance du réfectoire de fortune se faisait plus fort à chaque pas que je faisais ; dans ma poitrine, les vibrations du bruit se répercutaient agréablement, me rappelant incessamment que j’étais vivant et entouré. A travers la semelle de mes chaussures, je sentais les épais tapis qui recouvraient le parquet lambrissé des couloirs et, pris d’une envie subite, m’arrêtais brutalement dans ma marche pour me rapprocher des parois alentours. Précautionneusement, je tendis ma main gauche devant moi et m’avançai jusqu’à ce que ma paume ne rencontre le mur puis je me mis à le longer, ma canne relevée du sol, jusqu’à rencontrer une fenêtre. Le brusque contact glacé me fit tressaillir de surprise mais un sourire s’épanouit sur mon visage instantanément après. De l’autre côté de la paroi qu’on m’avait dit être transparente, il y avait le glacial monde extérieur et moi, j’étais à l’intérieur, dans un univers de sécurité. Le plaisir que je ressentais à constater cela était purement enfantin et je savais que je me morigènerai plus tard de l’avoir éprouvé mais pour le moment, je ne pouvais m’empêcher de sourire, les doigts toujours plaqués contre la vitre froide. Précautionneusement, pour ne pas troubler l’équilibre que j’avais grâce à mon contact avec la fenêtre, je rejetais la tête en arrière et eus aussitôt l’impression de partir à la renverse alors je me remis dans une position normale avant de m’éloigner de la paroi pour revenir au centre du couloir, ma canne reprenant automatiquement son rôle de guide. Je ne mis pas longtemps à atteindre la salle du « self » où les décibels étaient impressionnants, tant ils étaient hauts, et lorsqu’on remarqua ma présence, deux secondes plus tard, je sentis une main se poser sur mon bras pour m’amener jusqu’aux buffets. La main appartenait à mon mentor, Kylan Owenned et comme d’habitude, elle me demanda si j’avais bien dormi tout en m’interrogeant sur ce que je désirais manger. Je lui répondis en lui renvoyant les questions usuelles de politesse et en m’enquérant de ce qu’elle allait faire aujourd’hui. Sa réponse me fit sourire : étant une Vagabonde plutôt efficace, mon mentor se trouvait souvent envoyée à des époques lointaines pour régler des conflits qui nécessitaient sa diplomatie et aujourd’hui, il semblait qu’elle allait devoir s’y coller une nouvelle fois. Tout en me guidant vers la table qu’elle occupait avec un jeune homme du nom de James Keer, elle me dit que Rose était partie une heure plus tôt, à l'époque Victorienne, et qu'elle m'embrassait. Apprendre cela me fit plaisir, ce qui fit que je souriais quand James me salua. Je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de parler avec lui mais dès que j’étais en sa présence, je me sentais gêné par l’aura de gravité qui semblait l’entourer. Kylan m’avait dit que James venait comme elle du passé mais ne m’ayant pas fourni plus de détails sur le sujet, l’homme était toujours un mystère pour moi, même s’il semblait passer le plus clair de son temps avec mon mentor. Alors que je m’étonnais de ce fait, Rose m’avait un jour dit qu’ils formaient une sorte de duo mais que James n’était pas vraiment affilié aux Vagabonds de notre genre de façon directe parce qu’il menait une quête personnelle en même temps. Cette information m’ayant laissé plutôt perplexe, je l’avais mise de côté dans mon esprit et n’avait pas cherché à y repenser. Quoiqu’il ait pu en être, le jeune homme paraissait avoir une conversation plutôt intéressante parce qu’à peine m’étais-je assis qu’il lançait un sujet de discussion relativement passionnant pour des gens de notre espèce. Emportés par nos répliques vives, nous en oubliâmes de manger et lorsqu’une voix féminine vint nous dire qu’il était temps pour Kylan et James de partir, j’entendis le jeune homme étouffé un juron alors que mon mentor soupirait en se saisissant de quelque chose que je n’identifiais pas sur son plateau. En passant près de moi, elle m’ébouriffa rapidement les cheveux puis je sentis les mouvements de l’air indiquant leur départ et commençai placidement à manger ce qui recouvrait mon plateau, mon estomac m’en rendant grâce. Il était vrai que j’étais sorti de l’adolescence à proprement parler depuis trois ans mais l’appétit vorace des adolescents ne m’avait malheureusement pas encore quitté. Cependant, l’exercice physique que je faisais régulièrement m’empêchait de grossir de façon inesthétique – dixit Rose, ce qui était plutôt une chance en soi. Engloutissant une nouvelle bouchée d’omelette au bacon, je sentis une présence nouvelle entrer dans mon champ de perception et m’arrêtai de manger pour percevoir plus distinctement les mouvements qu’elle allait faire. Elle s’approcha de moi, calmement, ses pas ne faisant pas un bruit important dans le vacarme nous entourant et je me demandais un instant si elle allait s’arrêter à ma table. Le bruit d’un plateau se posant sur la table, allié à la sensation de décompression qui se créait forcément lorsque l’une surface en rencontre une autre, me répondit que, oui, ma solitude allait s’arrêter très prochainement. D’un côté, j’en étais heureux mais je restais légèrement perturbé par le fait que je ne savais pas qui était mon ou ma mystérieux/se « intrus(e) ». Le visage tourné dans sa direction, je compris à son parfum, aussi léger qu’agréable, que j’étais en présence d’une femme plutôt jeune et attendis qu’elle daigne parler. A l’absence de raclement sur le sol, qui aurait signifié que la nouvelle venue s'était assise sur une des chaises de libre, je compris qu’elle m’observait également et me demandais si elle avait remarqué mes yeux. Rose disait que si on ne faisait pas attention, on pouvait passer à côté de ma cécité, sauf lorsque j’étais décontenancé parce que là, mon regard partait, davantage encore que d’habitude, dans tous les sens. Et comme c’était présentement le cas, il y avait fort à parier que l’inconnue avait compris que j’étais aveugle, ou alors peut-être pensait-elle que j’étais sous l’influence d’une quelconque substance chimique, mais ça aurait été une pensée assez inadéquate étant donné que l’ensemble des drogues étaient bannies du Q.G. En tant que Vagabonds, nous avions des responsabilités que nous ne pouvions compromettre avec ce genre de choses. La voix douce de la jeune femme face à moi s’éleva soudainement au milieu des autres bruits et quelque chose se figea en moi tandis que mon cerveau comprenait ce qu’elle disait, d’une façon entièrement mécanique :

- Puis-je m’asseoir ici, s’il vous plaît ?

Le timbre de sa voix me touchait plus qu’aucune autre ne l’avait jamais fait. Mon univers indescriptible changea brusquement, comme une vague déformant ce qui existait précédemment pour le remplacer par quelque chose de mieux, de plus intense. Ce changement impromptu acheva de me plonger dans la perplexité, tant et si bien que j’oubliais ce qui l’avait déclenché jusqu’à ce qu’un soupir fatigué, provenant indubitablement de l’inconnue, ne se fasse entendre, aussitôt suivi par de nouvelles paroles desquelles perçait l’épuisement plus que la douceur, même si cette dernière restait présente :

- Je suis désolée si je vous dérange, je voudrais simplement trouver une place pour pouvoir manger en paix mais il se trouve que beaucoup sont occupées. Mais je comprendrais que vous préféreriez rester seul, cela arrive à tout le monde après tout.

Le brouhaha environnant s’était éclipsé pour permettre à la voix féminine de pénétrer dans mon cerveau ou du moins avais-je cette impression parce que les paroles qu’elle dit m’atteignirent de plein fouet. Une nouvelle fois, un mouvement « soyeux » se créa dans mon univers et les contours d’une forme indistincte s’y créèrent pour la première fois de ma vie, me laissant tout à fait perturbé. Comme un poisson que l’on venait de jeter sur la rive avant de le remettre dans son habitat naturel, j’étais relativement perdu. Cependant, mu par un bienheureux automatisme, je parvins à répondre d’une façon toute à fait civilisée à mon interlocutrice :

- Non, non, je vous en prie, asseyez-vous. J’adore avoir de la compagnie, je ne suis pas vraiment du genre solitaire.

A peine les mots furent-ils sortis de ma bouche que je voulus les ravaler : si la jeune femme était fatiguée, elle ne voudrait sûrement pas entamer une conversation mais plutôt se restaurer pour ensuite aller se coucher, tranquillement. Gêné de mon erreur, j’esquissais un sourire confus et désignai de la main l’endroit où elle avait déposé son plateau pour l’encourager à prendre place avant de recommencer à parler, avec une légère hésitation dans la voix et toujours mon sourire quelque peu embarrassé sur les lèvres :

- Enfin, après je respecte évidemment que l’on préfère le silence lorsqu’on revient, aussi harassée que vous semblez l’être, d’une mission. Je saurais me taire, je vous le promets.

A la fin de ma phrase, mon sourire gêné se métamorphosa l’air de rien en sourire espiègle sans que je ne puisse m’en empêcher et je fus ravi d’entendre le bruit d’une chaise que l’on tire pour s’asseoir dessus. Les jambes de la jeune femme passèrent sous la table et je perçus immédiatement la chaleur corporelle en émanant, ce qui provoqua une nouvelle perturbation dans mon univers sensitif. La forme indistincte de tout à l’heure sembla également se préciser pendant une seconde mais elle s’évanouit finalement tout aussi rapidement, me laissant perdu mais moins qu’auparavant étant donné que je commençais à m’habituer au phénomène même si ça faisait moins de deux minutes qu’il s’était mis à apparaître. Conscient qu’il était sûrement lié à la nouvelle venue, je me demandais ce qu’elle avait de différent pour que je réagisse à elle de la sorte mais ne me voyais pas lui poser la question franchement. A la place, je préférais attendre qu’elle reprenne la parole pour me dire si elle désirait déjeuner dans le silence ou si un peu de bavardage la tentait.

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Aylmett

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MessageSujet: Re: Suddendly I see || Aylmett ♥   Sam 7 Mai - 18:48

Je me demandais si l’impolitesse faisait partie de mes défauts, debout, près de cette table que je convoitais tellement, tant pour sa tranquillité apparente, puisque n’étant occupée que par un jeune homme, que pour le fait qu’elle ne contienne quatre places seulement, soit moins de chances de se retrouver embarquée dans une conversation interminable comme seuls les Vagabonds savent le faire. Je venais de demander au brun s’il m’était possible de m’asseoir à ses côtés, comme il m’avait été inculqué de le faire lorsque l’on souhaitait déjeuner à une table où quelqu’un avait déjà pris place. Mais seulement après l’avoir longuement fixé sans prononcer le moindre mot. De plus, l’absence de réponse avait été un facteur de mon soupir qui était loin d’être d’une courtoisie exemplaire. La matinée particulièrement harassante était certes, à prendre en compte, mais n’excusait en aucun cas mon manque d’amabilité. L’hiver, en plus d’être la saison que j’étais bien pressée de quitter, empêchait mon cerveau de s’exécuter correctement en m’envoyant des ordres dans le but d’être un tant soit plus civilisée. Je savais que quoiqu’il en soit, je me devais de m’inviter à une table quelle qu’elle soit, du fait qu’elles étaient toutes, au moins partiellement, occupées. Cependant, j’aurais pu, mais surtout dû le faire plus simplement, et non sans accompagner mes paroles d’un soupir disgracieux. Au moins, j’y étais allée en douceur. Ce qui m’étonnait encore car ce n’était pas du tout dans mes habitudes. Je ne m’expliquais pas cette façon de réagir. L’étrange phénomène persistait, qui plus est. Car je savais que quoi que je dise, je l’exprimerais sans la moindre animosité mais au contraire, empreint du maximum d’aménité. Et cela me troublait d’en être consciente. Cela me perturbait d’être complètement lucide et de comprendre ainsi que c’était bien l’inconnu qui avait une réelle influence sur ma personne. Je ne le montrais pas mais j’en étais déboussolée. Personne n’avait eu une telle emprise sur moi jusqu’à ce jour. Il était donc peu dire que le jeune homme m’intriguait au plus haut point.

J’interrompis le flot de pensées qui commençait à partir en vrille pour me concentrer davantage sur le si charmant jeune homme qui semblait perplexe ainsi que légèrement désorienté. Ses prunelles rivalisant avec le plus bel océan ne se posaient nulle part en particulier et en observant un peu mieux, je pus également remarquer une canne en aluminium aux côtés du brun. Ce qui acheva de me convaincre que ces magnifiques yeux étaient, d’une certaine façon, morts, qu’ils ne verraient ainsi donc jamais les sublimes paysages dont la Terre du présent recelait encore. Mais au moins, ils pouvaient éviter toutes les horreurs présentes dans notre monde. Quoique… J’avais entendu dire qu’ayant perdu un sens, les autres s’en trouvent plus développés, de façon à compenser et à pouvoir continuer de vivre malgré tout. Les personnes aveugles entendaient certainement mieux que quiconque et percevaient sans nul doute des choses que le commun des mortels serait bien incapable de discerner. Je m’interrogeais quant au fait qu’ils pouvaient ainsi peut-être être aptes à, en quelque sorte, sonder l’esprit des gens. Savoir à qui l’on avait à faire en jaugeant la façon que son vis-à-vis avait de formuler ses phrases et aux intonations de la voix. Oui, les aveugles ne pourront jamais prendre pleinement conscience de la beauté de la nature. Mais, à l’inverse de nombre de gens, sont en parfait état de connaître une partie de notre personnalité au bout de quelques instants seulement. Je ne m’expliquerais jamais que des gens puissent mettre à l’écart de telles personnes pour leur handicap. Ce sont même en général ces dernières qui gagnent le plus à être connues et qui recèlent de qualités. Le jeune homme toujours muet à mes côtés en était un parfait exemple. Il avait, sans s’en rendre compte, su me calmer de mes quelques restes de pulsions haineuses envers la froideur et, comble du comble, le charme qu’il dégageait avait eu une conséquence, sur moi : je venais de m’exprimer avec une douceur que je ne me connaissais pas. Je ne savais qu’une telle personne pouvait exister, me faire cet effet-là sans le vouloir consciemment. Et cela me déroutait au plus haut point. L’inconnu était empreint d’une aura qui m’atteignait, bien plus que n’importe qui d’autre. Ce qui me faisait regretter une fois de plus mon manque de politesse. Je me promis intérieurement de tâcher de me rattraper, même si c’était plus pour que ma conscience cesse de me faire culpabiliser qu’autre chose.

Alors que je me réprimandais intérieurement tout en revenant au final incontestablement à des pensées que je venais de quitter, je ne cessais de regarder le jeune homme qui passait par divers stades d’émotions indescriptibles. Visiblement, il paraissait que je n’étais pas la seule à me questionner. L’étrange phénomène qui consistait à être bien plus sympathique et douce qu’à l’ordinaire me dirigeait complètement. Mais au fond, ce n’était pas pour me déplaire. Je n’avais pas franchement d’amis, juste quelques connaissances que je croisais de temps à autres. Il était peut-être temps que ce temps soit résolu et que je me prenne en main de façon à rencontrer des personnes avec lesquelles j’occuperais mon temps libre. Essayer de me rapprocher au plus près de l’état de bonheur qui m’était inaccessible depuis un certain nombre d’années. Enfin, que je m’interdisais même d’approcher. Car au fond de moi, la peur que les gens auxquels je puisse tenir disparaissent subitement était toujours d’actualité bien que moins présente. Inévitablement, je me tenais donc à distance des personnes souhaitant entretenir une relation plus amicale avec moi. Sauf à cet instant précis. Je baissais ma garde, en quelque sorte, me laissais aller. Et ce n’était pas plus mal.

A première vue, j’aurais tendance à dire que le brun était comme… perdu ? Ce pouvait-il que je ne sois pas la seule à être décontenancée ? Cette pensée me fit sourire bien que certainement improbable puisque son seul but étant de me rassurer. Néanmoins, je me demandais la cause de ce trouble. Après tout, j’étais la seule alentours. Mais peut-être, du fait qu’il soit aveugle et ne me connaisse pas, il se demande tout simplement ce que je faisais là et qui j’étais. Je ne me souvenais pas l’avoir déjà vu, et en étais certaine ; nul doute que le jeune homme serait resté gravé à jamais dans ma mémoire. Cependant, j’avais entendu dire à demi-mots qu’il y avait en effet une certaine personne ayant perdu un sens mais toute aussi compétente que les autres, voire plus qu’utile lors d’interrogatoires où sa présence était fortement requise. Ce qui confirma mon hypothèse susmentionnée. Je regrettais à présent de ne pas me concentrer davantage sur les conversations que mes semblables tenaient et ainsi de savoir un minimum à qui j’avais à faire. Ceci dit, je pourrais toujours apprendre à le connaître sans les dires d’autrui et à me forger ma propre opinion. Car pour la première fois depuis une éternité, j’étais persuadée que ce déjeuner ne serait pas comme les autres, monotone et habituel, sans la moindre diversité. Quelque chose au fond de moi me disait que je serais amenée à revoir le jeune homme. Et c’était bien loin de me déplaire…

Mon cerveau analysait et sautait d’un sujet à l’autre, toutes sortes de pensées défilant dans mon esprit. Hypothèses et questions ne manquaient pas à l’appel. Certaines prédominaient d’ailleurs mais d’autres venaient donc par automatisme et ainsi de suite. J’aurais pu écrire durant des heures tout ce qui me passait par la tête à cet instant précis si l’inconnu ne s’était décidé à sortir de sa léthargie pour m’adresser enfin la parole :

- Non, non, je vous en prie, asseyez-vous. J’adore avoir de la compagnie, je ne suis pas vraiment du genre solitaire.

Ce fut comme un choc, brusque et sans préavis. Sa voix me touchait d’une façon que je n’aurais su décrire. Et pourtant, je n’étais pas particulièrement attentive aux voix en particulier, je n’y faisais même pas attention en général. Mais le jeune homme n’était définitivement pas à classer dans la norme à mes yeux. Charmante et douce toute en étant en tous points masculine, il était étonnant de constater que je faisais dorénavant attention aux sonorités d’une voix. J’avais comme la sensation que les bruits autour de nous s’étaient estompés, que nous étions dans une sorte de bulle qui n’était accessible par nous. Nouveauté à ajouter à la liste qui commençait à se former à proximité du brun. Les paroles en elles-mêmes ne m’atteignirent que quelques secondes plus tard et me firent sourire sans que je n’en prenne conscience. Au contraire de moi, il préférait donc la compagnie à la solitude. Une certaine complémentarité en résultait de ces traits de caractères, au moins. Et qui sait, peut-être changerais-je à son contact. Je devais vraiment être atteinte pour en venir à songer à ce genre de chose et à en sourire, tout de même. Il dû se rendre compte de la portée de ses paroles qui contrastaient complètement avec les miennes et avec l’état de fatigue que j’avais évoqué puisqu’il se corrigea dans les secondes qui suivirent, les lèvres déformées par une sorte de sourire gêné, penaud :

- Enfin, après je respecte évidemment que l’on préfère le silence lorsqu’on revient, aussi harassée que vous semblez l’être, d’une mission. Je saurais me taire, je vous le promets.

Désignant d’une main la place à ses côtés face au plateau précédemment déposé, il semblait m’encourager à m’asseoir à ses côtés, promettant ce que j’aurais désiré plus que tout quelques instants auparavant : du silence. Et pourtant, c’était bien la dernière chose qui me faisait envie à présent. Force m’était de constater que je ne trouvais pas cela plus étrange qu’autre chose, dorénavant que des changements s’opéraient sans me consulter ; je m’adaptais sans me défendre. Le sourire de mon voisin se fit malicieux et bien que je m’en demande la raison, je le trouvais bien contagieux puisqu’un identique fleurit sur mon visage. Tirant la chaise si gentiment indiquée à moi, j’en fis le tour pour m’y asseoir et glissais mes jambes sous la table, m’avançant dans un même mouvement pour être en position de manger comme il se doit. Ma jambe gauche se plaça par automatisme sur mon genou droit sous la table, et, posant mes mains sur la table, je me tournais d’un quart de tour environ de façon à avoir la charmante personne à mes côtés dans mon champ de vision. J’étais résolue à tenir la promesse que je m’étais faite intérieurement. De plus, je me sentais l’âme de quelqu’un souhaitant faire la connaissance de son prochain, ce qui était rare. Et c’était la première fois que je le désirais autant. Que je le voulais tout court plutôt. Mais je l’avais peut-être découragé à parler après tout. Mon esprit logique me suggérait plutôt qu’au vu du sourire et de son envie d’être entouré, le contraire serait plus probable. Et une sorte de chaleur m’étreignit le cœur à tel point que je m’obligeais enfin à parler pour la dissiper :

- Je suis désolée de m’être montrée malpolie en vous abordant ainsi.

Il ne pouvait voir combien je le regrettais amèrement. J’avais bien des efforts à faire en communauté et celui de se montrer courtoise en faisait partie, en premier lieu même. Il me faudrait sans aucun doute apprendre à envisager de faire des connaissances également. Mais ceci viendrait avec le temps. Et seulement si je ne m’étais pas découragée d’ici quelques heures. Il ne fallait peut-être pas pousser tout de même. Mon vis-à-vis perçut peut-être la note de reproche que je me faisais à moi-même dans ma voix, et que mes excuses étaient bien réelles mais il n’en montra rien. Il souriait toujours, avec une telle sincérité que cela me touchait de le voir ainsi. Néanmoins, son air troublé était toujours présent sur son visage bien que loin d’être omniprésent. Non, c’était le bonheur qui semblait prédominer en ce moment précis. Du bonheur, pur et simple. Etre heureux, sans se soucier de quoi que ce soit. Et je l’enviais pour cela. Tout en me demandant quel était le moyen, la méthode qui permettait d’accéder rien qu’à un chouia de bonheur. Bien qu’assez ouverte, j’avais tendance à être résolument croyante envers ce qui était prouvé et non pour l’inconscient. Malheureusement pour moi, rien n’avait été encore démontré scientifiquement qu’il existait un moyen infaillible de ressentir juste de la joie. Néanmoins, la partie imaginaire de mon cerveau me chuchotait qu’il ne suffisait pas de grand-chose pour en entrevoir un morceau. Restait à déterminer comment.

- Mais comme vous semblez ne pas être atteint outre-mesure puisque m’ayant invitée aussi gentiment… Et bien moi c’est Amy, Amy Hilnavy.

Ne sachant pas vraiment s’il était plutôt de coutume de s’avancer directement vers des inconnus pour les serrer dans ses bras ou déposer un baiser sur chacune de ses joues, je tendis la main vers mon interlocuteur. Mais je me souvins quelques secondes plus tard qu’il ne pourrait le voir et ainsi la serrer en retour. Je n’avais aucune idée de la façon dont réagir. Je voulais à la fois me montrer polie mais sans pour autant l’effrayer en le touchant sans le prévenir. Il fallait donc que j’arrive à allier les deux. Mon esprit gambadait à toute vitesse et plusieurs solutions se présentèrent brièvement à moi avant que je ne les rejette pour leur excentricité. Mais je me décidais soudainement pour une idée, peut-être folle, mais qui conciliait la totalité de mes désirs.

- J’ai cru remarquer que vous êtes dans l’impossibilité de me voir, donc j’aime autant vous prévenir que je vais vous toucher la main dans le but de la serrer.

Je ne savais ce qu’il me prenait. Cela ne me ressemblait absolument pas. Mais j’osais, et, malgré tout ce que me dictait une certaine partie de mon cerveau, j’approchais lentement mes doigts de sa main et les posais délicatement dessus. Je le sentis réagir par réflexe en levant légèrement sa paume et tournais ma main de façon à lui serrer la sienne. Dégageant une chaleur étonnante pour une telle saison, j’en appréciais le contact et ajoutais avec un sourire :

- Enchantée de faire votre connaissance. Vous êtes ?

J’avais lu quelque part que le sens du toucher était l’un des plus développés chez les personnes atteintes de cécité, en général, d’où le brusque sursaut malgré que je l’aie prévenu. Néanmoins, son visage un instant crispé était illuminé d’un sourire resplendissant qui me surprit sans m’être inconvenant. Quiconque nous regardait à cet instant précis, s’il était plutôt du genre romantique y aurait vu le début d’une histoire. Mais une personne ressentant de l’aversion pour tout le monde aurait plutôt fait la remarque que nous sourions comme deux enfants découvrant un énorme cadeau de Noël, accompagné d’une niaiserie incontournable. De mon point de vue, c’était juste un petit bout de bonheur qui commençait à se dévoiler sans que je ne sache la façon dont j’avais procédé pour y accéder.

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MessageSujet: Re: Suddendly I see || Aylmett ♥   Lun 15 Aoû - 18:45

La salle était pleine de gens, je les percevais en train d’évoluer autour de moi mais mon attention ne parvenait à quitter la nouvelle venue. Elle était différente d’eux, c’était certain. Le sentiment s’ancrait un peu plus en moi à chaque seconde qui passait sans pourtant que je n’arrive à saisir ce qui faisait la particularité de la jeune femme. Peut-être était-ce parce que je ne la connaissais pas encore, peut-être était-ce à cause de cet effet incompréhensible qui avait assailli mon esprit ou peut-être était-ce encore pour quelque chose que je ne parvenais pas à identifier. Quoiqu’il en soit, ma résolution de rester muet jusqu’à une réponse de sa part ne m’avait pas quitté. Quelques courtes secondes venaient à peine de s’écouler, le silence entre nous n’avait ainsi pas eu le temps de devenir gênant et, étrangement, j’avais l’impression qu’aucune gêne n’était possible entre nous. Mon sourire n’avait pas non plus quitté mes lèvres, même s’il s’était légèrement diminué pour éviter de me donner un air idiot, et pour la première fois de ma vie, je regrettais de ne pas pouvoir voir. La différence de l’inconnue se voyait peut-être sur son visage et je ne pouvais pas la constater de moi-même. Si tel était le cas, ce n’était pas forcément plus mal d’un côté, ça empêchait que je la fixe indélicatement mais j’étais un peu décontenancé de ne pas comprendre ce qui n’était pas banal chez cette femme à la voix douce. Un brutal constat me fit me sentir stupide : son visage devait être parfaitement normal étant donné que c’était sa voix puis la proximité de son corps qui avait provoqués ce froissement de mes perceptions. Si j’avais pu, je me serais donné un coup du plat de la paume, sur le front, pour punir mon idiotie. A la place, je demeurais aussi souriant que je l’étais depuis le début et mes jambes bougèrent précautionneusement afin de se rapprocher de celles de la jeune femme, en évitant soigneusement de les toucher. Me faire passer pour un désaxé était la dernière chose dont j’avais envie mais je n’arrivais pas à faire taire mon envie de diminuer la distance entre nous. Ce n’était pas dans mon habitude et je mis ça sur le dos du désir qui me taraudait de retrouver l’étrange sensation soyeuse qui était apparue dans ma tête, quelques instants auparavant. Par chance, ma perception de l’espace était suffisamment fine pour que je parvienne à ne pas la toucher et au moment où je décrispais les muscles de mes jambes, la voix de la nouvelle venue résonna une nouvelle fois à mes oreilles.

- Je suis désolée de m’être montrée malpolie en vous abordant ainsi.

J’avais l’impression qu’une chaleur était née dans le timbre féminin, sûrement à cause d’une émotion relativement vive mais ne parvins pas à identifier ce qui aurait pu provoquer une telle réaction alors je rejetais l’hypothèse dans les tréfonds de ma tête. Le contenu de la phrase me surprit alors. Pas une seule seconde je n’avais considérée mon interlocutrice comme étant une personne impolie. Il arrivait à tout le monde d’être exténué et de préférer le silence et, de plus, elle ne s’était même pas installée comme en terrain conquis donc je trouvais presque amusantes ses excuses. Je tâchais, cependant, de ne rien en laisser paraître pour ne pas la froisser et agrandis mon sourire pour la rassurer quant à ce sur quoi elle présentait des excuses. J’avais découvert très jeune qu’un sourire sincère et placé au moment opportun pouvait faire des miracles sur les réactions des gens. Certes, pas forcément sur tous du fait de la diversité des caractères humains mais sur la plupart, un sourire apaisait, redonnait confiance ou égayait. L’impression soyeuse, précédemment offerte par la voix de la jeune femme, n’était pas revenue et je me demandais à moitié ce qui en était la cause exacte, en prenant toutefois soin de ne pas délaisser mon interlocutrice afin de ne pas tomber dans l’impolitesse. Ca aurait d’autant plus fait passer mon sourire pour hypocrite, ce que je souhaitais encore moins que passer pour un désaxé. La sincérité était l’une de mes principales caractéristiques, outre la cécité, et c’était en grande partie ce qui faisait de moi quelqu’un de bien donc je finis par me forcer à arrêter de cogiter sur la sensation mystérieuse pour me concentrer uniquement sur mon invisible vis-à-vis. Autour de nous, la rumeur de la foule ne s’était pas encore éteinte, signe que nous devions encore être dans la tranche horaire des repas, mais je n’y prêtai encore une fois aucune réelle attention. La nourriture contenue dans mon plateau ne m’intéressait pas davantage malgré que mon estomac dirigeât habituellement mon cerveau et la découverte de ce nouveau symptôme me fit intérieurement tressaillir. Par le même coup, je perdis un instant l’attention exclusive que je fixais sur la jeune femme mais la retrouvai rapidement, en partie grâce aux nouvelles paroles qu’elle m’adressa.

- Mais comme vous semblez ne pas être atteint outre-mesure puisque m’ayant invitée aussi gentiment… Et bien moi c’est Amy, Amy Hilnavy.

Amy. La voix avait donc un prénom que je pouvais fixer dessus et je n’en étais pas peu satisfait. Dans ma tête, la sonorité utilisée pour rendre le mot vivant me donnait l’impression de rouler dans tous les coins de mon esprit et je compris que le souvenir de mon interlocutrice risquait de me hanter pendant longtemps. Surtout si je ne la revoyais pas après aujourd’hui, ce qui était relativement probable. En effet, du fait que nous pouvions tous voyager dans le temps, qu’il existait plusieurs centres d’accueil pour nous à différentes époques et que les missions étaient de plus en plus fréquentes du fait de la découverte de la date de la fin du monde, l’hypothèse que nous nous rencontrions pour l’unique fois de nos deux vies étaient ainsi vraisemblable. Un léger poids dans mon abdomen apparut comme par magie, sans que je ne comprenne pourquoi, et mon sourire vacilla quelque peu sur mon visage. Il fallait supposer que l’effet que cette femme me faisait était plus important que ce que j’avais pu croire au premier abord. Sa voix avait touché une corde sensible de mon être, une corde qui n’avait jamais été utilisée jusque là. Un malaise vint répondre à ma conclusion. J’avais l’impression d’être en train de devenir un obsédé. Le genre d’homme qui voit une femme, est troublé par elle sans qu’elle n’ait rien fait pour cela et commence à fantasmer aussi sérieusement que dangereusement sur elle. Un savant mélange de modestie et de savoir-vivre m’avait jusque là préservé de la dernière étape mais je craignais de tomber dedans, sous peu. Le regret d’être là m’effleura, alors, tandis que le silence entre mon interlocutrice et moi-même se prolongeait tranquillement. Je me sentais toujours gêné d’être ainsi perturbé par Amy, rien que le fait de penser à son prénom me donnait la désagréable sensation de trop pénétrer dans son intimité et je savais que si j’avais été voyant, je serais sûrement parti en prétextant telle ou telle chose pour échapper à ce malaise.

- J’ai cru remarquer que vous êtes dans l’impossibilité de me voir, donc j’aime autant vous prévenir que je vais vous toucher la main dans le but de la serrer.

La voix de la jeune femme me permit de passer à autre chose, grâce aux thèmes nouveaux qu’elle abordait : mon handicap et la possibilité d’un contact physique. Je craignis pendant un instant de m’enfoncer davantage encore dans l’esprit obsédé dont je ne voulais pas mais le bruit caractéristique au dépliement compliqué des nerfs et articulations du bras humain fit taire mes pensées. Comme elle l’avait annoncé, Amy n’allait pas tarder à faire entrer en contact nos deux épidermes. Presque malgré moi, je demeurai immobile et la pulpe des premières phalanges de la jeune femme se posèrent sur le dos de ma main. Le contact me fit l’effet d’une décharge électrique de basse intensité, aussi sursautais-je légèrement. Reprenant le contrôle, je mus ma main de façon à ce qu’elle puisse serrer celle de mon interlocutrice et nos paumes se rencontrèrent brièvement. Le mouvement soyeux précédemment aperçu s’imposa de nouveau à mon esprit. La redécouverte du phénomène me déstabilisa autant que la première fois qu’il était apparu mais pas de manière négative. Le mouvement étrange m’apparaissait comme quelque chose d’incroyablement positif qui ne fit que renforcer mon sourire. Une agréable plénitude s’étendit dans mon corps alors que le contact avec Amy s’accentuait. La poignée de main, pourtant aussi formelle que toutes celles que j’avais faites tout au long de ma vie, ne me donnait pas envie de lui donner une fin et je ressentis un léger regret en me rendant compte de cela. En poursuivant dans cette voie, j’allais réellement finir par devenir un obsédé collant et effrayant. Permettant à mes talents de s’affirmer durant un instant, je perçus une sorte d’aura aussi positive que celle que je ressentais entourer la jeune femme et mon propre bonheur n’en fut que renforcé, étant donné que percevoir cela m’avait rassuré quant à ce que pensait Amy de mon existence.

- Enchantée de faire votre connaissance. Vous êtes ?

Je crus déceler un sourire dans le son de sa voix et je pensais que le mien, à force de s’agrandir, finirait par me déchirer les joues. C’était ce que disait régulièrement Kylan, en tout cas. Je doutais que cela puisse arriver, ne voulais pas vérifier si c’était vrai mais ne pouvais pourtant pas m’empêcher de sourire de toutes mes dents, lorsque mes émotions le demandaient. Surtout lorsqu’il s’agissait de sentiments positifs. L’odeur de mon omelette au bacon était devenue moins ténue, au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, signe qu’elle avait fini par complètement refroidir mais je m’en fichais éperdument. Aussi bonne qu’elle put être, aussi vorace que mon estomac fut, remplir le second avec la première n’aurait pas pu m’apporter autant de contentement que la présence d’Amy. La crainte de passer pour un obsédé ne s’insinua pas dans cette pensée-là, grâce à la tonalité sincère qui avait accompagné la question de mon interlocutrice. Elle était réellement enchantée de faire ma connaissance. Dire que la réciproque était vraie n’aurait pas été à la hauteur de mes pensées. Un peu confus du fait de mes réactions excessives, je sentis un léger afflux de sang monter à mes joues et maudit mes rougissements inopinés. Qu’Amy n’ait pas encore eu affaire à l’une de mes crises aigües de timidité me consolait cependant quelque peu et j’affermis légèrement ma prise sur sa main aussi fine que fraiche avant de lui répondre :

- Eliott. Eliott Saint-James, ravi de faire votre connaissance, également.

Les règles établies par le savoir-vivre et les convenances usuelles en société m’intimaient de lâcher la jeune femme mais quelque chose en moi luttait contre cela. Le rouge sur mes pommettes était pourtant toujours présent, à en juger par les brûlures légères que je percevais sur mes joues, et je continuai de secouer la main de mon interlocutrice quelques secondes, de plus en plus doucement, jusqu’à ce que le mouvement s’arrête de lui-même. Je m’apparus alors comme l’idiot que je devais avoir l’être d’être et mes doigts laissèrent leurs alter-égos sensiblement plus fins leur échapper. Evitant de trop m’attarder sur ce que je venais de faire, je toquais sur la table comme on m’avait appris à le faire, dans le centre où j’avais passé une grande partie de mon enfance et mit une légende verbale à mon geste, au cas où Amy ne connaisse pas la coutume :

- C’est pour souhaiter bon appétit. De ce que je sais, ça se fait beaucoup en Allemagne mais j’ai également entendu dire que dans la communauté sourde, ça se faisait également, bien que ça me paraisse étrange. Quoiqu’il en soit, bon appétit, mademoiselle Hilnavy !

J’avais fait de mon mieux pour que ma voix ne trahisse pas la crainte d’être passé pour un demeuré que je ressentais. Durant un court moment de réflexion, j’avais, en effet, estimé qu’il valait mieux agir comme si tout était normal afin de faire passer l’épisode discrètement. Le plus naturellement possible, je récupérai alors ma fourchette pour réattaquer mon omelette. A la première bouchée que j’en en pris, je pus vérifier qu’elle était effectivement devenue froide mais l’avalai comme si elle était restée aussi chaude que lorsque je l’avais prise, afin d’éviter d’avoir à me lever pour la réchauffer au micro-onde. Je n’aimais pas y aller, notamment quand il y avait du monde dans le réfectoire, parce que j’avais toujours peur de perdre l’équilibre et de laisser tomber l’assiette. L’éventualité de me tromper dans le réglage de l’appareil me paralysait aussi. C’était bien l’une des seules choses qui constituaient réellement un handicap pour moi, étant donné que je faisais de son mieux pour me débrouiller seul, la plupart du temps, et je rêvais de la surmonter, sans cependant savoir quand j’y serais prêt. Habituellement, dans ce cas-là, c’état Kylan qui s’occupait d’aller mettre l’assiette au micro-onde mais j’en étais assez gêné, étant donné que j’avais l’impression d’être un poids pour mon mentor. De par ce fait, la possibilité de demander à Amy de remplacer Kylan ne me traversa pas l’esprit et je pris une seconde bouchée, tout aussi impassiblement. Mon estomac encore adolescent accueillait la nourriture avec toute aussi de joie que si elle s’était trouvée chaude. Tout en mangeant, je laissais mon attention dériver de mon interlocutrice pour m’intéresser à ce qui nous entourait et j’eus la satisfaction anormale de constater qu’il ne restait plus que deux petits groupes de personne, en plus de nous. Penser « nous » me fit tiquer mais une nouvelle bouchée d’omelette froide m’empêcha de creuser le fait. Une impulsion naquit en moi, brusquement, et je repoussai ma chaise, en souriant légèrement :

- Je vais faire réchauffer mon assiette, je reviens dans un instant.

Je devais réellement passer pour un idiot, désormais, mais je n’avais pas envie de me préoccuper de cela, pour l’instant. La conviction que je pouvais très bien réussir l’épreuve du micro-onde m’obnubilait trop, à cet instant précis, pour que je songe à l’étrange tableau que je devais offrir à Amy. Mon talent combiné à ma connaissance du lieu m’empêcha de me prendre quelque chose ou quelqu’un et bientôt, l’appareil tant redouté fut devant moi. Je posai mon assiette sur lui et tâtonnai à la recherche de la porte que j’ouvris avant de glisser mon plat entamé dans le ventre du micro-onde. Je venais d’accomplir le plus simple, maintenant, il s’agissait de ne pas me tromper dans le réglage de la durée ou de la température. Faisant glisser mes doigts hypersensibles sur les curseurs adéquats, je tournai légèrement celui de la durée et m’apprêtai a faire de même avec celui de la température, quand une voix que je ne reconnus pas, m’indiqua qu’elle était bonne. Ainsi, j’étais surveillé durant mon opération. Cela m’amusa autant que cela me fit plaisir. Comme avec un enfant faisant ses propres expériences sous la surveillance d’un adulte, je faisais les miennes sous celles de mes confrères. L’attention qu’il me portait était agréable étant donné qu’elle était bienveillante sans être étouffante et je refermai la porte de l’appareil pour l’activer, en remerciant la voix qui m’avait aidé. Un sourire satisfait sur les lèvres, grâce à ce que je venais de faire, même s’il me restait encore à ramener l’assiette à bon port, je revins m’asseoir sans heurt face à Amy qui ne s’était heureusement pas envolée, durant mon absence.

- Aussi étrange que cela puisse paraître pour un voyant, vous venez d’assister à ma première fois avec un micro-onde. D’habitude, c’est mon mentor qui s’occupe de manœuvrer cet engin, lorsque j’en ai besoin, étant donné qu’il n’est pas marqué de braille et que j’ai toujours peur de renverser l’assiette sur quelqu’un, par inadvertance… Ceci dit, la dernière partie peut toujours arriver, puisque je n’ai pas encore récupéré mon assiette, notais-je en faisant une légère moue pensive avant de transformer ma moue en expression alarmée. Excusez-moi, je vous avais promis de me taire afin de respecter votre épuisement et je ne fais que parler ! J’arrête, de suite !

L’envie de me frapper la tête sur la table pour ne pas avoir réussi à réprimer mes tendances bavardes me prit mais je me contentais de me mordre la lèvre inférieure, d’un air coupable, tandis que mes joues ravivaient leurs rougissements passés. En fond sonore, le son caractéristique au micro-onde vint accompagner les conversations, durant quelques secondes, avant de s’éteindre sans que j’esquisse le moindre mouvement pour aller récupérer mon assiette. Je n’arrivais pas à envisager une seule seconde quitter Amy après la bévue que je venais de faire. J’avais l’impression que ça aurait été comme minimisé mon acte, alors j’attendis silencieusement qu’elle m’absolve ou au contraire, qu’elle confirme que l’absence de conversation était effectivement de rigueur. Au fond de moi, je devais pourtant bien m’avouer que si c’était la seconde hypothèse qu’elle choisissait, une certaine déception verrait le jour en moi. Elle m’apparaissait trop spéciale pour en être autrement.

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Aylmett

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MessageSujet: Re: Suddendly I see || Aylmett ♥   Sam 20 Aoû - 12:39

Je me demandais encore ce qui m’avait poussé à soudainement agir de moi-même de cette façon, même en prévenant le jeune homme auparavant, de lui serrer la main, sans lui demander la permission auparavant. Maintenant que j’y songeais, cela pouvait passer pour franchement grossier. Alors que sur le moment, la pensée m’avait apparue normale de lui tendre la main, et en me souvenant de sa cécité qu’il m’avait semblé noter chez l’inconnu, de le prévenir de la rencontre imminente entre nos deux épidermes. De fil en anguille, cette idée de serrer la main se mua en un étrange fait que j’avais appris, assez récemment par ailleurs. Cette poignée de main échangée remontait du temps des châteaux forts, où l’époque n’était pas vraiment à la confiance que l’on peut établir sans le vouloir de prime abord. Et lisez ici un crédit à faire confiance à l’autre juste de base, comme tendre sa main à un inconnu, rien de plus. Pour en revenir à notre population des temps cités ci-dessus, la confiance était telle que vous risquiez de vous retrouver avec un couteau dans le ventre lors d’une quelconque rencontre. La majorité des humains étant droitière, les armes étaient donc maniées de cette main et c’est ainsi que chacun se présentait en tendant sa paume droite dépourvue de tout objet en son sein, prouvant ainsi qu’elle n’était pas armée. De même, quelques habitudes liées étaient nées de raisons bien précises – bien que n’ayant aucun rapport avec les poignées de main, ma logique me faisait repenser à la façon dont je l’avais appris et donc à ces fameux gestes de politesse acquis de manière assez drôle quand on en apprenait la cause. Quand un homme et une femme montent un escalier, la politesse veut que l’homme passe en premier. Pourquoi ? Pour qu’il n’en profite pas pour reluquer – excusez le terme familier mais nécessaire à la bonne compréhension – les fesses de la dame ! Et lorsqu’ils redescendent, l’individu masculin passe de nouveau le premier, mais cette fois pour une autre raison : si la personne de la gent féminine venait à tomber, il pourrait la rattraper au passage, et certainement lui éviter ainsi tout mal.

À la fois amusée et honteuse d’avoir de telles réflexions qui m’entraînaient dans un monde de pensées en tous genres tout en excluant ainsi par la force des choses la ou les personnes avec qui vous étiez, je me décidais à y mettre un terme et à me concentrer sur l’instant présent. Le jeune inconnu n’avait fait qu’agrandir son sourire à mes excuses et malgré que je m’en voulu quelque peu, ayant tout de même été éduquée d’une façon relativement correcte. Enfin, surtout du temps où j’avais encore une famille. Celle de sang. Mais la pensée d’Anaël me vint et je me dis que finalement, il fallait toujours voir un bon côté aux choses, étant donné l’ange que c’était. Et pourtant, celui-ci n’avait jamais réussi à me faire vraiment tout voir d’un bon côté. Cela devenait inquiétant qu’au seul rapprochement de cet aveugle, ce charmant et bel homme, j’en vienne à de telles pensées. Aussi faites de bien que possible. Qui était-il donc pour réussir à avoir une telle influence sur moi sans même que je ne le connaisse ?

Quelle que fusse sa réaction à ma présentation, ou du moins, à l’énonciation de mon patronyme et de mon prénom – ce dernier que je souhaitais déjà inconsciemment qu’il utilise –, je ne la vis pas, trop préoccupée avec ma main tendue qu’il ne pouvait toucher sans en être averti du fait de son handicap. La solution simple m’étant apparue ensuite, je n’avais pas vraiment pris garde aux émotions que pouvait afficher son visage, à défaut de son regard qui n’avait pas vraiment de prise. Je me sentais étrangement bien en la présence de cet inconnu, qui, je l’espérais, n’allait pas en rester un longtemps encore. Mais le contact de nos deux peaux, même aussi brièvement que je savais que cela allait durer, me troubla quelque peu. J’avais l’impression d’avoir acquis, tout comme mon voisin sans doute, un sens du toucher plus prononcé. Et jamais je n’avais ressenti telles sensations lors d’une simple poignée de main. Cela pouvait paraître effrayant. Moi, cela ne faisait que me sentir un peu plus troublée mais d’une certaine manière, heureuse également. Etonnant mélange mais décrivant parfaitement ce à quoi j’étais en proie.

Je n’aurais cru qu’il était possible d’avoir un sourire si grand avant de rencontrer celui à cause de qui – ou plutôt, grâce à qui, je devais d’être ainsi. Cela ne le rendait pas imbécile pour autant, juste un peu plus séduisant encore. Je redoutais pourtant qu’à force de sourire de cette manière, qu’il n’en ait des crampes. J’avais comme la sensation qu’à défaut de voir, cet être qui n’était pas que de prime abord absolument adorable, avait une certaine faculté lorsqu’il était question de décrypter le ton d’une autre voix. Du moins, c’était l’explication que je voyais à son sourire qui s’était agrandit encore un peu plus ; je me refusais à penser qu’il était attardé et venait tout juste de saisir que nous nous serrions la main, bien que cela également signe qu’il appréciait au moins autant que moi le contact.

- Eliott. Eliott Saint-James, ravi de faire votre connaissance, également.

Le dénommé Eliott avait quelque peu affermit sur ma main sans en être brutal pour autant en même temps qu’il m’annonçait son identité. Lui attribuer un prénom était une bonne chose, d’autant que je savais qu’Eliott, tout dérivé d’Eli ou Elie qu’il était, dans sa signification avait un rapport avec Dieu, tout comme mon propre prénom d’une certaine manière. D’origine hébraïque d’après ce que je savais, le prénom lui convenait en tout cas tout à fait et j’en appréciais déjà les consonances. En effet, mes parents appréciant tout ce qui avait rapport avec les significations des prénoms, je m’y étais moi-même également intéressée par la suite. Tentative désespérée de me raccrocher à ma famille décédée coûte que coûte ? Peut-être serait-ce l’avis d’un psy. Mais pour moi, c’était tout simplement quelque chose que je tenais d’eux et que je cherchais, même si ce n’avait pas tellement d’importance, à savoir. J’étais bien loin de savoir tous les prénoms et me promis d’ailleurs de me renseigner sur Anaël bien que d’origine Anne, il devait signifier quelque chose comme grâce. Eliott, sans qu’il ne le sache, allait inéluctablement être le prochain prénom dont j’irais chercher les informations. Car le jeune homme était entré dans mes pensées et je doutais qu’il fut facile de l’en défaire dorénavant, comme s’il s’y était ancré et que je n’arrivais à dénicher la source qui me permettait de me décrocher. J’étais presque certaine que j’arriverais à le revoir, quelle que soit l’issue de cette rencontre. Etant le seul Vagabond à ma connaissance à être aveugle, il ne serait pas très compliqué de le retrouver. Quant à trouver une raison à lui donner… j’improviserais. Je réalisais que cela en venait tout de même à du harcèlement et je me triturais les méninges à savoir si c’était ou non conventionnel. Certainement pas. Mais j’avais comme l’impression que ma vie entière était en passe de changer. Et Eliott n’y était certainement pas pour rien.

Celui-ci, sur qui j’avais remarqué une légère rougeur au niveau des pommettes, qui m’avait amusée tout en songeant au fait qu’elle n’était qu’une sorte de reflet de celle que j’arrivais pour le moment à terrer au fond de moi, toqua brusquement sur la table après m’avoir relâché la main, ce que je regrettais déjà. Mais le geste assez soudain m’avait permis de ne pas m’attarder sur cette pensée tout en m’interloquant. Je n’avais jamais vu pareille chose et me demandais ce que cela signifiait. Etait-ce uniquement en rapport avec les aveugles ? Une habitude du brun ? Ou tout autre chose ? Je n’allais pas plus loin dans mes méditations que l’auteur du bruit répondait à ma question muette :

- C’est pour souhaiter bon appétit. De ce que je sais, ça se fait beaucoup en Allemagne mais j’ai également entendu dire que dans la communauté sourde, ça se faisait également, bien que ça me paraisse étrange. Quoiqu’il en soit, bon appétit, mademoiselle Hilnavy !

Je n’avais jamais entendu parler d’une telle coutume mais soit. Il était toujours intéressant d’en apprendre un peu plus. Par ailleurs, je remarquais donc que le jeune homme s’y connaissait également sur les autres handicaps comme sur les cultures de d’autres pays. Vraiment intéressant. Je le remerciais tout en lui rendant la politesse, le tout accompagné d’un sourire qu’il ne pouvait percevoir. Je n’avais pas fait un geste qu’Eliott avait repris son repas comme si de rien n’était, enfournant une nouvelle bouchée de son omelette, également présente dans mon assiette, comme s’il ne souhaitait pas s’étendre sur le sujet plus longuement. Bizarrement, je ne pouvais détacher mon regard de ses gestes alors qu’il mangeait le plus naturellement du monde. Par ailleurs, mon estomac commençait à se rebeller en l’absence de nourriture à digérer depuis un certain moment. Me tournant donc complètement vers mon assiette, je pris à mon tour délicatement ma fourchette et lentement l’amenais à ma bouche avec un morceau d’omelette découpé au préalable par le manche pourvu de quatre branches en métal. Tiède. Normal, au vu de l’heure déjà assez avancée à laquelle je m’étais présentée au buffet et choisis assez tardivement une place. Cela ajouté au début de conversation que j’avais eu avec Eliott, la nourriture ne m’avait pas attendu en cours de route. Mais peu importait, la faim, car elle était bien présente, ne m’empêchait certainement pas de manger et ce, quelle que puisse être la température de ce que j’allais ingérer. Et puis, je préférais le tiède au brulant. Secouant la tête que mon cerveau soit plus préoccupé par les raisons du refroidissement de mon assiette que sur ce qui m’était proche actuellement, je me rendis enfin compte que nous n’étions plus qu’un nombre restreint de personnes encore en train de se restaurer. Eliott avait donc réellement un certain impact sur moi pour que je ne m’en rende compte que maintenant. Et je n’en mesurais pas encore l’étendue entière.

Brusquement, l’objet de mes pensées se leva, faisant racler au passage sa chaise sur le sol du fait qu’il s’éloigne volontairement de la table pour se retrouver debout. Surprise, je le regardais faire en me demandant ce qui l’avait pris mais une fois encore, une explication tout à fait rationnelle vint expliquer mes questions intérieures.

- Je vais faire réchauffer mon assiette, je reviens dans un instant.

La solution toute bête faillit faire que je me tape le front tant elle était appropriée et simple. Cette pensée ne m’était venue en tête lorsque je le constatais pour ma propre nourriture et je m’en sentis assez bizarrement égoïste. Je suivais des yeux Eliott dans son expédition, assiette en main et très bien tenue tandis que son autre main libre, par réflexe, s’était placée devant lui et brassait de l’air à la recherche de l’objet qui allait rendre sa nourriture sans doute plus comestible. Qu’il n’ait pas pris sa canne me laissa penser que sa main tendue n’était qu’une précaution d’usage puisqu’il devait connaître l’emplacement du micro-ondes. La suite des opérations m’apparut familière, comme quelqu’un qui discutait en même temps avec une autre personne et qui donc, posait tout d’abord son assiette avant d’ouvrir la porte et de glisser dans l’objet électronique ce que l’on souhaitait faire réchauffer. Plus délicate, l’étape qu’il devait passer était cette fois le réglage de la minuterie et de la température, bien que la dernière reste le plus souvent inchangée, surtout dans un tel lieu. Je m’apprêtais à me lever pour venir en aide à Eliott quand me vint la pensée qu’il n’en était peut-être pas à sa première fois avec l’objet mentionné plus haut et qu’il pouvait prendre une aide éventuelle pour de la pitié ou que savais-je d’autre. Je restais donc en place, bien que prête à lui venir en aide si c’était nécessaire. Et je n’étais apparemment pas la seule puisque lorsqu’il se préparait, après avoir réglé le temps, à en faire de même avec la température, une voix s’éleva alors pour lui dire que c’était bon. Assez amusée de la tournure que prenaient les choses, je tournais la tête sur le côté et remarquais celui à qui l’on devait le commentaire suite auquel Eliott avait appuyé sur le bouton lançant l’objet dans un nouveau bruit. Quelconque, je devais l’avoir déjà croisé, sans nul doute, mais il n’était qu’un inconnu pour moi. Ce qui ne m’empêcha pas de lui adresser un signe de tête auquel il répondit lorsqu’il tourna la tête vers moi. Remerciement ? Peut-être. Pour quoi ? Bonne question. Simple façon peut-être d’être polie bien qu’Eliott puisse lui répondre de lui-même. Ce qu’il fit d’ailleurs. Et celui-ci revint vers notre table, tout aussi souriant que lorsqu’il l’avait quittée.

- Aussi étrange que cela puisse paraître pour un voyant, vous venez d’assister à ma première fois avec un micro-ondes. D’habitude, c’est mon mentor qui s’occupe de manœuvrer cet engin, lorsque j’en ai besoin, étant donné qu’il n’est pas marqué de braille et que j’ai toujours peur de renverser l’assiette sur quelqu’un, par inadvertance… Ceci dit, la dernière partie peut toujours arriver, puisque je n’ai pas encore récupéré mon assiette.

Son visage pensif à la fin de ses propos, il ajouta rapidement, un brin affolé et embarrassé :

- Excusez-moi, je vous avais promis de me taire afin de respecter votre épuisement et je ne fais que parler ! J’arrête, de suite !

Occupée à méditer ses propos précédents quant à sa toute nouvelle expérience, la seconde partie mit un peu plus de temps à atteindre le centre cognitif de mon cerveau. J’ouvris la bouche pour répondre quand le micro-ondes émit un bip sonore annonçant la fin du temps prévu qui me coupa en plein élan. Consciente qu’une mouche n’allait pas tarder à trouver un abri dans mon orifice toujours grand ouvert, je refermais la bouche avant de la rouvrir, quelques secondes plus tard seulement pour lui répondre :

- À vrai dire, parler est réellement une thérapie car je peux vous assurer que j’ai les yeux tout aussi ouverts et que ma fatigue, bien qu’encore un peu présente, s’est envolée pour la plus grande part. Continuez donc et en cas de non-réponse, je vous autorise même à me secouer !

Je ne cachais pas l’amusement dans ma voix à la fin de ma tirade, mon sourire également présent bien que pâle reflet de celui d’Eliott en comparaison. J’aurais bien eu besoin d’en prendre des cours, si cela avait existé. Les rougeurs sur les joues du jeune aveugle étaient de retour et m’amusèrent d’autant plus qu’il était tout à fait charmant ainsi. Seules quelques secondes de silence s’étaient passées mais, comme je supposais très fortement que je n’étais pas pour rien dans le refroidissement de son plat puisqu’ayant accaparé son attention, je préférais lui éviter de devoir mobiliser ses sens pour répéter l’opération.

- Par contre, je crains que le micro-ondes, qu’on le secoue ou non, ne réchauffe désormais pas plus votre plat. Je ne voudrais pas que vous y voyiez une quelconque prise en pitié, je sais que c’est détestable, mais sincèrement, si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à faire appel à moi.

Le tout complètement véridique, je m’en voulais de l’avoir en quelque sorte obligé à une telle expérience car je supposais que, tout aussi gentleman qu’il semblait l’être, Eliott n’ait voulu me demander de le faire au vu de notre connaissance peu profonde. Je ne savais quel sentiment l’habitait, peut-être l’envie de prouver qu’il n’avait pas besoin de l’assistance de quelqu’un pour chaque action dans vie, mais il me déclara simplement qu’il allait achever seul, s’il le pouvait, ce qu’il avait commencé et je respectais son choix tout en ne le perdant pas de vue pour autant, lui ayant assuré mon aide. Et également car, d’une certaine manière, ce n’était sans doute pas rien non plus pour lui. Il parvint finalement à ramener l’assiette et son contenu dont s’échappait quelque légère fumée à bon port et sans encombres. Les quelques autres personnes restantes, qui, je le savais, l’avaient certainement surveillé tout comme moi dans son entreprise, bavardaient de nouveau tranquillement aux autres tables sans plus faire attention à nous. Enfin à Eliott plutôt.

-Vous pourrez désormais vous vanter de savoir faire réchauffer un plat sans une autre aide que celle de savoir si la température voire la durée sont bonnes. Ce que ne peuvent affirmer tous les aveugles ayant à faire à un micro-ondes tel que celui-ci, lui dis-je avec un sourire.

Acceptant le compliment toujours en sourire, nous enfournâmes chacun quelques bouchées et alors que je m’apprêtais à lancer un nouveau sujet de conversation, dorénavant peu encline à aller prendre du repos, je pus à peine commencer une phrase qu’Eliott en fit de même. Immédiatement, je m’excusais et l’enjoignais à poursuivre tandis que galamment, il m’indiquait que la courtoisie voulait que les personnes de la gent féminine passent d’abord.

- Bien, commençais-je avec un sourire. Mais à la condition alors de me dire ensuite ce que vous étiez sur le point de me faire part.

Un hochement de tête confirmant qu’il était d’accord, et assez gênée car consciente de l’attention qu’il avait toute dirigée sur moi, je me lançais tout de même :

- Comment faites-vous pour travailler en tant que Vagabond alors que votre cécité ne doit pas vraiment vous aider à voyager dans le temps ?

Je n’avais entendu que rumeurs à ce sujet et je préférais savoir véritablement de quoi il en retournait. Parler boulot n’était pas vraiment personnel mais de la façon dont je l’avais tourné, cela pouvait paraître embarrassant et je commençais à me demander si j’avais bien fait. J’’étais simplement curieuse, peut-être un peu trop. Mais je voulais en savoir le plus possible sur cet individu intriguant qui avait réussi à amorcer un changement radical dans ma vie.

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Dernière édition par Amy Hilnavy le Sam 6 Avr - 21:45, édité 1 fois
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