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 The Apocalypse is over - Katellie

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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Dim 23 Juin - 17:20

Même si elle s’efforçait de rester dans le moment présent avec sa voisine, Ophelia ne pouvait pas s’empêcher de se demander ce que Berlin ne devait pas faire. Les pires scénarios défilaient en arrière-plan de son esprit, tandis qu’elle observait son interlocutrice. Pour autant, le désir de provocation qui l'avait saisie était toujours présent en elle et, sachant que c'était le moyen de repousser Berlin et Lester, elle attendait impatiemment de voir si sa voisine allait y répondre. Celle-ci leva ses sourcils d’un geste gracieux, habile mélange d’étonnement et de mépris, et abandonna sa brève observation du shooter pour la regarder, elle, Ophelia Brackwood qui ne savait plus très bien ce qu’elle voulait et ce qu’elle faisait. Fort heureusement, il semblait que son corps le savait pour elle et ses doigts laissèrent échapper le shooter que sa voisine s’empressa d’attraper.

Avec habileté, elle fixa le sel sur sa main mais au moment de verrouiller le shooter, Ophelia vit une hésitation passer sur son visage. Spontanément, les mots que Stephen avaient utilisés pour lui expliquer la manœuvre lui revinrent et elle les communiqua à sa voisine qui les assimila aussi rapidement qu’efficacement. Son coup n’avait pas été bruyant mais il semblait à Ophélia qu’il avait eu la force qu’il fallait étant donné que l’alcool avait réagi. Le reste de l’enchaînement se passa tout aussi bien et Ophelia se trouva satisfaite de ce qu’elle vit. Son interlocutrice était bien celle qu’il lui fallait pour aller plus loin que son quotidien. Pour oublier Berlin. Ses joues étaient aussi rouges que les siennes devaient l’être et Ophelia regretta qu’il n’y ait rien sur lequel se refléter, face à elles. Elle aurait aimé se voir avec elle. Leur reflet aurait matérialisé l'affranchissement qu'elle recherchait.

- Vous n’allez pas finir toute seule, annonça brusquement la-plus-si-inconnue-que ça avant de s’emparer d’un second shooter.

Ophelia hocha machinalement la tête, un ersatz de sourire aux lèvres. Elle-même attrapa un shooter et était sur le point de lécher sa main quand sa voisine se tourna plus franchement vers elle. L’expression de son visage était différente de celle qu’elle affectait auparavant. Ophelia n’eut pas le temps de se demander pourquoi : déjà,  une question des plus directes lui était posée :

- Etes-vous alcoolique ?

Pour toute réponse, Ophélia reprit le mouvement que la question avait interrompu et sala sa main avant de frapper, un peu plus vigoureusement qu’auparavant, le comptoir et d’avaler d’une traite le shooter moussant. Avec hargne, elle mordit le morceau de citron qu’elle s’était empressée de récupérer et ses yeux se fermèrent. Dans ses veines battait une colère sourde absolument inédite pour elle. Habituellement, elle n’avait que des colères froides. Elle avait trop souffert des emportements colériques de son militaire de père pour que ce soit autrement.  Vider le citron de son jus la calma quelque peu. Ses yeux se rouvrirent. D’un geste délicat, elle posa le citron desséché sur le plateau avant de regarder à nouveau sa voisine.

Etes-vous stupide ?, demanda-t-elle tranquillement, ses yeux bleus effleurant nonchalamment ceux de son interlocutrice.

Contrairement à sa réplique précédente, nulle agressivité, nulle provocation ne mâtinait sa voix. Seulement la même curiosité qui s’était trouvée dans la question de la blonde, cette curiosité qui ne servait que de couverture à des pensées plus fortes, plus essentielles. Ophelia l’avait compris grâce au citron. Du moins, cette suggestion lui était-elle apparue à ce moment-là et sa crédibilité lui avait-elle semblé des plus assurées.

Mais peut-être était-ce seulement l’alcool qui commençait à lui monter à la tête.

S’il te plaît, Berlin, calme-toi.

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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Ven 19 Juil - 22:05




Pour toute réponse, la jeune femme, qui s’était déjà emparée d’un nouveau shooter, finit ce qu’elle était en train de réaliser en accomplissant les dernières manœuvres du concept que j’avais tout juste appris, comme une pré-réponse à mon interrogation. La force qu’elle mit dans ses actions se ressentit autant par le bruit du verre frappé sur le comptoir que par l’agressivité avec laquelle elle donna l’impression de mordre un morceau de citron. Pourtant, elle ne laissa rien du jus du citron, le desséchant complètement, alors même qu’une telle acidité ne plaisait pas à tout le monde. Tandis que j’observais les moindres de ses faits et gestes, plus à cause d’une sorte de fascination que par automatisme, comme je dus me l’admettre plus tard, je ne pus m’empêcher de faire le lien avec ma question. Pour autant, je ne regrettais pas de l’avoir posée. Après tout, je ne la connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Elle s’était jointe à moi et avait proposé ce « jeu ». A elle d’en assumer les conséquences.

Aussitôt je pensais à Anastasia, alors même que la brune avait déserté mes pensées, pour ce que je croyais être de bon, une poignée de minutes plus tôt. Quoi qu’elle dise, elle ne retirait jamais rien, ne s’excusait en aucun cas, et commençait même à sourire si elle constatait que ce qu’elle disait vous mettait mal à l’aise ou vous énervait. Sauf peut-être quand il s’agissait de son très cher frère, Alexander.

- Êtes-vous stupide ? me renvoya simplement ma voisine en tournant la tête pour me regarder, interrompant ainsi partiellement le cours de mes pensées.

Je rencontrais ses yeux, si bleus, et fis une nouvelle fois un parallèle avec Ana. Leurs chevelures avaient beau être presque les contraires extrêmes l’une de l’autre, cette « inconnue », à l’instar de la brune, avait les yeux couleur océan. Je n’étais pas visuelle de nature, possédant, à l’inverse d’un grand nombre de personnes, une mémoire auditive. Mais les prunelles d’Anastasia m’avaient tellement captivée que je les avais observées en toutes circonstances. Et même si, et je le constaterais plusieurs fois par la suite, les deux femmes n’avaient absolument rien en commun, iris compris, c’était plus fort que moi : ces yeux me rappelaient Anastasia. Une fraction de seconde, les traits de la blonde changèrent pour ceux de l’aînée Wenstone, et je clignais des yeux sous la surprise. Découvrant que l’image d’Anastasia venait de s’imprimer sur ma rétine à la place de la blonde, je me détournais pour m’emparer d’un nouveau shooter, maudissant l’emprise qu’elle avait sur moi sans même être là.

- Oui, ça doit être ça…, murmurai-je d’une voix absente, les critiques d’Anastasia concernant la magie que je n’accomplissais pas aussi bien que beaucoup de sorciers me revenant désormais en tête.

Ce n’est qu’en tentant de saler ma paume de main que je me rendis compte que je tremblais. Pas de peur, ni même de froid. Mais je tremblais quand même. M’interrompant aussitôt, je fermais les yeux pour prendre une grande inspiration, comme je l’avais appris lorsqu’on m’avait envoyé chez un professionnel pour tenter d’apprivoiser les réactions qu’entraînait ma phobie. Je n’étais pas du genre à m’énerver ainsi, à me laisser envahir par les émotions. Ce n’était pas un jour comme un autre, certes, mais je devais me contrôler. Anastasia m’avait fait suffisamment de mal pour qu’en plus je me donne en spectacle en public.

- C’est peut-être le cas, oui, répondis-je à voix haute en jetant un coup d’œil à mon compagne, une fois mon calme recouvré.

Reprenant le cours du manège que j’avais complètement intégré à présent, je salais la paume de ma main, pris même un citron par avance pour qu’il soit davantage à proximité, et verrouillai mon shooter comme on me l’avait conseillé. Sauf que cette fois, je savais que je n’avais pas à hésiter quant à la force avec laquelle il fallait frapper le shooter. La suite me vint naturellement, et bientôt je pus sentir couler dans ma gorge la tequila et en savourer le goût, combiné au sel et au citron. Et je devais admettre que ce n’était vraiment pas mauvais.

Faisant fi de ce qui avait pu être dit auparavant, je me retournai vers ma voisine qui, il me semblait, n’avait pas bougé d’un pouce pendant ce temps et lui demandai sans détour, sans chercher à comprendre d’où je sortais ça :

- Pensez-vous que dans toute relation amoureuse il y en a toujours un qui aime plus que l’autre ?
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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Lun 12 Aoû - 0:06

Leurs regards se croisèrent. Encore, ne put s’empêcher de songer Ophelia. Il lui semblait que plus elles se regardaient, plus il leur serait impossible de se séparer avec simplicité. Leurs regards devaient secrètement les lier en quelque mystérieux pacte qui leur apparaîtrait lorsqu’elles voudront y échapper…

… Oui, l’alcool lui montait définitivement à la tête. Elle pouvait même dire que son cerveau devait patauger dans la téquila pour avoir de telles pensées. Elle, la cartésienne, se mettait à croire en une spiritualité omnipotente. Alors qu’elle savait très bien que le seul à avoir tous les pouvoirs, ici, c’était Totsky. Ophelia avait tiré sa révérence au profit d’Ellie.

Peut-être que tu n’aimes pas Berlin parce qu’elle te renvoie à ta propre folie, siffla une voix pernicieuse dans sa tête, rapidement contrée par un brusque mouvement de sa voisine. La blonde inconnue avait l’air décomposé. Son teint, déjà pâle lors de leur premier échange, avait encore perdu en couleurs et s’il n’y avait pas eu les rougeurs alcooliques sur ses joues, elle aurait certainement beaucoup tenu du cadavre.

- Oui, ça doit être ça…

Sa voix n’était qu’un murmure. C’est à peine s’il était compréhensible. Ophélia eut l’impression de l’avoir jetée au fond du trou. Pourtant, elle ne savait même plus ce qu’elle lui avait dit. Elle le regretta. Quitte à blesser les gens, autant se souvenir de comment on l’avait fait. L’alcool l’atteignait étrangement fort, ce soir…

Ses yeux bleus scrutateurs ne lâchaient pas leur cible, laquelle s’efforçait de se préparer une nouvelle Paf. Sans qu’elle ne s’en soit aperçue, le mauvais côté d’Ellie et Totsky étaient repartis. Les tremblements de l’inconnue les avaient peut-être intimidés. Ophélia, elle-même, en venait à regretter de l’avoir abordée. Elle avait cherché à fuir l’excès, l’anormalité et tout ce qu’elle avait trouvé, c’est une statue de glace sur le point d’éclater sous la pression des mille fissures qu’on lui avait infligées. Si la statue de glace n’avait pas été si belle, c’est certain qu’Ophélia serait partie sans hésiter. Mais la beauté froide de son interlocutrice n’était pas la seule chose qui la retenait. Pour une fois, elle avait envie d’être malheureuse et de se laisser aller. Or, si l’inconnue lui avait précédemment paru idéale pour déchirer les limites de sa vie, elle paraissait maintenant convenir à merveille pour ce nouveau plan.  Si Totsky avait encore été en train de traîner dans le coin, il aurait sûrement dit qu’à ce niveau, ce ne pouvait être que le destin.

- C’est peut-être le cas, oui.

La blonde avait fermé les yeux quelques secondes, certainement pour se reprendre, et Ophélia devait avouer que cela avait l’air d’avoir brillamment fonctionné. Elle ne comprenait toujours pas à quoi exactement ces paroles se référaient, puisque la mémoire ne lui était pas revenue, mais ce n’était pas important. Ce qui l’était, c’était qu’elle et sa voisine paraissaient être installées sur une brèche et qu’un instant plus tôt, elle avait failli s’y engouffrer. La seule chose qui l’avait retenue, c’était la reprise de son interlocutrice. Une part d’elle-même en était déçue : elle allait devoir conserver sa dignité, elle n’avait pas pouvoir se lâcher. Le reste de sa conscience, a contrario, lui demandait ce qu’elle avait à évacuer. N’exagérait-elle pas ? Si, sûrement, mais ce n’est pas de ma faute. C’est Totsky. Il est ressorti, se répondit-elle tandis que sa voisine finissait sa Paf. Elle ne tarda d’ailleurs pas à revenir vers elle. Son teint s’était ravivé et ses yeux brillaient de mille feux alors même qu’à l’extérieur le soleil n’était pas encore couché. Occupée à remarquer tout cela, Ophélia ne put pas se préparer à la question qui lui fut posée :

- Pensez-vous que dans toute relation amoureuse il y en a toujours un qui aime plus que l’autre ?

Pardon ? répondit-elle spontanément avec une sincère expression de stupéfaction peinte sur le visage.

Dans sa tête, des pensées s’étaient levées, pareilles aux feuilles dérangées par le vent d’automne. Son exclamation correspondait au temps qu’il allait lui falloir pour organiser grossièrement tout cela. Elle fit ainsi et, alors que son interlocutrice paraissait sur le point de ravaler sa question, elle reprit la parole, certaine de ce qu’elle allait dire.

Je pense que personne n’aime de la même manière. Ipso facto, je ne pense pas qu’un aime fatalement plus que l’autre. L’affection dépend de bien trop de facteurs… Il est même possible aux couples les plus amoureux d’avoir une « baisse d’amour » (elle mima les guillemets dans un mouvement irréfléchi)  à un moment donné pour X ou Y raison. Je ne crois pas qu’il y ait de règles à ce sujet. Chacun s’adapte et fait les siennes en priant pour qu’elles correspondent à celles de l’être convoité. Quelque chose dans ce goût, conclut-elle en haussant nonchalamment les épaules.

Mais malgré son apparente indifférence, c’est avec une certaine hâte qu’elle récupéra un shooter qu’elle but cul-sec, sans se soucier de la rendre Paf. Des effluves de Berlin et Lester étaient revenues la narguer. Eux qu’elle pensait avoir envoyés au diable, avec Totsky, se trouvaient en fait juste derrière la porte de sa conscience et, parfois, leurs voix lui parvenaient quand elle s’en approchait de trop près. Or, la réponse qu’elle venait de donner avait eu cet effet…

Pourquoi l’inconnue qui lui avait presque mis un râteau au début de leur « discussion » en était-elle arrivée à lui poser une telle question ? Et pourquoi elle-même, qui avait assuré ne pas vouloir assumer le moindre interrogatoire – fusse-t-il pour jouer-, avait-elle répondu ? Parce qu’elles étaient des femmes, quoique leurs caractères puissent décider, et qu’il y avait un moment où  il leur fallait parler ?  

Parce que s’épancher auprès d’inconnus était reconnu comme thérapeutiquement miraculeux ?

Foutaises, gronda-t-elle en elle-même. J’ai répondu parce que je n’avais aucune raison de ne pas le faire. Et peut-être un peu parce que j’ai bu. D’accord. Peut-être beaucoup parce que j’ai bu. J’ai presque envie d’appeler Stephen pour qu’il vienne me chercher…  Avec lui, au moins…

Une censure instinctive s’abattit sur son esprit. Elle attrapa un nouveau shooter et attendit que sa voisine ait fini de décortiquer la réponse qu’elle lui avait fourni. Quelque chose d’intéressant allait peut-être sortir de tout cela… Après tout, l’amour passionnait les foules et transcendait l’Homme, alors, comme sujet de conversation, il devait y avoir plus stérile…

Et toi, Ellie, qui aimes-tu? chuchota Lester tout contre la porte de sa conscience.

Ou, plus intéressant,, ajouta Berlin,qui peut t'aimer?

D'un geste plein de grâce, le shooter se déversa dans sa gorge. Elle retint une grimace. La porte s'était épaissie.

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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Mar 13 Aoû - 10:04




- Pardon ? s’exclama subitement sa voisine, qui ne s’attendait visiblement pas à une telle interrogation.

Je ne savais pas moi-même où j’étais allée pêcher pareil truc. Enfin, en y repensant, si. C’était une question qui m’était venue, plusieurs fois, mais à laquelle j’avais toujours trouvé une réponse. Seulement, Anastasia Wenstone avait toujours réussi à faire en sorte que cette fameuse question revienne à la charge. Et prouvait sans aucun doute que quoi que l’inconnue aille répondre, dans notre relation, il y en avait bien eu une qui avait aimé plus que l’autre. Enfin, qui avait même aimé tout court, tandis que la réciproque n’avait jamais été vraie. C’était une vérité que je mettrais d’ailleurs beaucoup de temps à accepter, car après tout, ne m’avait-elle vraiment jamais aimée ?

Revenant au moment présent, je constatais que ma voisine ne s’apprêtait visiblement pas à me donner une réponse. Sachant que j’avais bien articulé et comme elle ne semblait pas présenter de problèmes de surdité, j’avais admis que son exclamation était due au contenu de la question. Mais après tout, elle avait expressément précisé que les questions n’étaient pas de rigueur, et c’était son droit de ne pas me répondre. Et puis, qu’est-ce que son avis pouvait bien me faire ? Elle avait prouvé avoir un certain sens de la répartie, alors de toute manière, elle allait certainement éviter la question d’une manière ou d’une autre si jamais elle décidait de finalement me dire quoi que ce soit d’autre. J’étais donc sur le point de retirer ma question, de façon à pouvoir au moins finir les shooters en paix avant de partir, quand elle reprit la parole :

- Je pense que personne n’aime de la même manière. Ipso facto, je ne pense pas qu’un aime fatalement plus que l’autre. L’affection dépend de bien trop de facteurs… Il est même possible aux couples les plus amoureux d’avoir une « baisse d’amour » à un moment donné pour X ou Y raison. Je ne crois pas qu’il y ait de règles à ce sujet. Chacun s’adapte et fait les siennes en priant pour qu’elles correspondent à celles de l’être convoité. Quelque chose dans ce goût.

Momentanément déconnectée de la réalité avant qu’elle ne me réponde, je n’en étais pas moins revenue à elle lorsqu’elle s’était lancée et avait donc été en mesure de la voir mimer des guillemets en l’air pour m’indiquer que c’était plus une façon de parler qu’autre chose. Mais ce qui était encore plus remarquable était son visage. Son visage de porcelaine qui ne laissait paraître à l’extérieur qu’une profonde indifférence qui contrastait de manière flagrante avec son exclamation précédente. Alors soit cette femme avait été surprise que je pose une telle question et à bien y réfléchir celle-ci ne méritait pas qu’on s’y attarde, soit son détachement n’était qu’une façade. Ou alors l’alcool commençait à sérieusement me monter au cerveau et par la même occasion à me faire croire que je pouvais émettre des raisonnements judicieux. Peut-être ce qui était le plus plausible.

La jeune femme en tout cas n’avait pas perdu une seconde pour s’emparer d’un shooter qu’elle vida cul-sec, sans prendre le temps de le rendre paf. Vraiment étrange tout ça. Mais pas autant que sa réponse en elle-même, maintenant que j’y réfléchissais. Ca se tenait. Ce qu’elle disait était parfaitement logique, ou du moins, rejoignait ce qu’il m’était déjà arrivé de penser, et à mes yeux, apparaissait donc comme logique. Je n'avais rien à y ajouter. Je ne la connaissais ni d’Eve ni d’Adam, et je savais pertinemment pour l’avoir vu qu’elle n’était pas sobre, et pourtant, elle venait de balayer un bon nombre de mes doutes sur la question. Car elle avait énoncé ça comme une évidence, et peut-être que ça l'était, dans le fond, et que je m'étais réellement inquiétée inutilement. Et puis, comme elle le disait, tous les couples étaient différents...

En voyant que ma voisine venait de boire un nouveau shooter cul-sec, je revins mentalement en arrière : l’alcool ne me montait pas à la tête – surtout que je n’en avais pas ingéré une quantité astronomique pour le moment –, la jeune femme avait certainement un problème. Si c’était lié à l’alcool, je ne pouvais certainement pas l’aider. Enfin même si ça n’était pas lié à l’alcool. Je ne pouvais pas l’aider. Car je n’en avais pas la moindre envie. Je ne la connaissais pas, qu’elle traverse une crise de quelque genre que cela soit, cela ne me concernait pas, c’était son problème, pas le mien. Ceci dit, j’étais curieuse de savoir de quoi il en retournait. Ca me permettait au moins de penser à autre chose.

- Votre raisonnement se tient, déclarais-je subitement, m’étonnant moi-même par la même occasion d’avoir pensé à faire un lien avec ce qu’elle venait de dire. Ca vous touche particulièrement ?

Elle s’abstient de s’exclamer, cette fois, mais son regard me poussa à aller plus loin, comme pour m’expliquer. Ce soir n’était décidément pas un soir comme un autre.

- Vous avez l’air de porter un masque, en fait. Enfin c’est l’impression que ça donne. Et je suis plutôt bien placée pour savoir combien c’est pratique de cacher ses sentiments.

Je m’emparais d’un shooter, mais revins rapidement à l’inconnue qui restait stoïque.

- Bref, vous êtes certainement plus touchée par le sujet que ce que vous voulez bien laisser paraître.

Comme rien ne vint aussitôt, et que la blonde demeurait impassible, j’ajoutais après une poignée de secondes, avant de m’intéresser à nouveau à mon shooter :

- Ou alors vous trouvez vraiment le sujet stupide ou inintéressant et je me fais des idées. Vu que dans les deux cas vous ne voudrez sans doute pas poursuivre, autant arrêter les frais là question conversation.

En quelques mouvements que j’avais l’impression de complètement maîtriser à présent, je rendais mon shooter paf et pris le temps d’apprécier la sensation que l’alcool produisait, oubliant complètement l’inconnue pour un instant. Sans doute qu’un certain mal de crâne surviendrait par la suite, alors autant profiter au maximum du moment présent. Il y aurait sans doute un moment idéal où l’alcool aurait rendu floues suffisamment de choses mais que l’effet gueule de bois ne se fasse pas encore sentir. Il ne durerait peut-être pas longtemps, ou du moins, pas assez longtemps, mais ça serait toujours ça de pris.

Saloperie d’Anastasia, quand même.
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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Mer 18 Sep - 13:40

- Votre raisonnement se tient, finit par dire la questionneuse. Ellie faillit rouler des yeux. Elle ne voyait pas pourquoi un jugement devait être porté sur sa réponse. Elle en avait donné une, c’était déjà bien assez.

- Ca vous touche particulièrement ? continua la jeune femme sur le même ton.

Ellie la dévisagea avec un mélange de consternation et de curiosité. Où était passée l’asociale du début ? Si elle avait su que lui parler – répondre - déclencherait tant de paroles, elle s’en serait abstenue. Un murmure moqueur traversa son esprit mais elle n’y prêta aucune attention. Elle était dans la réalité, le moment présent. Elle ne devait pas se laisser ronger par des chimères. Elle était adulte et intelligente. La preuve : ne venait-elle pas de tenir un raisonnement logique sur un sujet compliqué ? Son interlocutrice, en tout cas, avait saisi l’interrogation dans son regard puisqu’elle précisa sa pensée :

- Vous avez l’air de porter un masque, en fait. Enfin c’est l’impression que ça donne. Et je suis plutôt bien placée pour savoir combien c’est pratique de cacher ses sentiments.

Sa main se saisit d’un shooter. Ellie eut l’impression de se voir en différé. La confidence qui venait de lui être faite la surprit moitié moins. L’autre retrouvait certaines de ses caractéristiques en elle, des caractéristiques de défense. Or, à l’heure actuelle, ni l’une ni l’autre n’allait bien. Derrière le mur de son esprit, le silence se fit. Ne plus être seule dans sa vision du monde avait chassé ses trouble-fêtes. Cela ne signifiait pas pour autant que l’inconnue et elle étaient entièrement sur la même longueur d’ondes mais celles qu’elles s’étaient trouvées en commun étaient suffisantes pour ce soir. Elles cachaient toutes les deux des choses et si sa voisine se trompait quand elle supposait que c’était de sentiments pour quelqu’un dont il s’agissait, Ellie n’avait aucune envie de la détromper. Pour la première fois depuis que son regard était tombé sur elle, elle se demandait si elle avait une quelconque chance de la ramener dans son lit. Une bonne nuit de sexe avec une inconnue lui ferait sûrement le plus grand bien. Après tout, c’était connu, coucher relâchait les tensions… Toute à ces considérations, c’est avec quelques instants de retard qu’elle perçut la suite des propos de la jeune femme :

- Bref, vous êtes certainement plus touchée par le sujet que ce que vous voulez bien laisser paraître.

Ellie ne bougea pas. Elle ne savait pas si l’autre était hétérosexuelle ou de son bord mais bien qu’elle soit largement séduisante, elle ne voulut plus envisager la possibilité de la toucher. Ses questions et ses analyses commençaient à lui peser. Elle, ce qu’elle voulait, c’était boire trop et aller se coucher. Pas disserter sur des questions à fortes tendances psychologiques.

- Ou alors vous trouvez vraiment le sujet stupide ou inintéressant et je me fais des idées. Vu que dans les deux cas vous ne voudrez sans doute pas poursuivre, autant arrêter les frais là question conversation.

Un Merci Seigneur chargé d’ironie faillit échapper à Ellie mais le cul-sec que fit aussitôt l’autre l’en dissuada. Son regard se posa sur leurs shooters et elle s’aperçut qu’elles en avaient éclusé la plus grosse partie. Levant un doigt en direction du barman, elle lui demanda une carafe d’eau et deux verres ainsi que deux nouveaux shooters, de vodka, cette fois-ci.

L’eau et les verres arrivèrent presqu’aussitôt et elle les servit, sa voisine et elle, avant de reposer son regard sur elle :

- Pour lutter contre la gueule de bois, dit-elle en levant légèrement son verre comme pour porter un toast avant de le vider d’une traite. Elle se servit aussitôt un second verre qu’elle but aussi vite que le précédent avant de reprendre la parole : Vous pensez trop. Il n’est même pas dix-neuf heures et nous sommes déjà en train de nous mettre la tête à l’envers, vous devriez oublier le reste. Si ce n’est pas possible, alors oui, je partirai. Sûrement pour m’acheter des frites, d’ailleurs. Mais pour le moment, je suis là. A vous parler.

Elle fit une pause, remercia le barman pour les shooters qu’il venait d’apporter et en mit un devant chacune d’elles.

- En tout cas, ne dites rien avant d’avoir bu, déclara-t-elle en la regardant droit dans les yeux. C’est un conseil. Et si vous n’aimez pas la vodka, je vous en prie, prenez autre chose : je vous l’offre. Je me sens d’humeur généreuse, ce soir…

Elle garda son propre shooter devant elle, attendant tranquillement que l’autre réagisse aux propos qu’elle venait de tenir. Si elle lui avait conseillé de boire avant de répondre quoi que ce soit, c’était pour l’aider à laisser de côté les raisons qui l’avaient poussée à être là maintenant, mais elle n’était pas sûre que le message y ait été évident. Pour autant, elle n’avait pas envie de le préciser… Elle-même se relâchait grâce aux tentatives de compréhension de l’autre : elle lui avait fait se rendre compte que si son moral avait été heurté, c’était seulement de son fait. Avec suffisamment de volonté, il lui aurait été possible de gérer normalement l’évènement. Mais elle avait préféré se replier sur elle-même et rappeler de vieux démons… Heureusement, cela n’avait pas trop dérapé.

Ophelia aurait été fière d’elle.

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