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 The Apocalypse is over - Katellie

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    Date de Naissance : 14/02/1987







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MessageSujet: The Apocalypse is over - Katellie   Sam 23 Mar - 16:36


Cette journée était vraiment pourrie. Je ne voyais pas en quoi elle pouvait encore se détériorer, sincèrement. Entre ce que j’avais entendu d’Ana et… Mon cœur se serra à la pensée de la brune, même si elle ne le méritait définitivement pas. Faisant un geste au barman, je commandais un cognac. Je ne connaissais pas vraiment les alcools moldus, préférant généralement ceux sorciers qui se trouvaient être bien plus efficaces pour ce genre de situation. Mais je voulais éviter le monde magique et ses sorciers pour le moment, soucieuse de me fondre dans la masse et d’aller au dernier endroit où je pourrais rencontrer quelqu’un que je connaissais. Je ne me souvenais même plus du nom du bar, pour le coup, m’y étant engouffrée parce que j’avais remarqué qu’il n’y avait pas trop de monde. J’avais beau être encore un peu dans ma bulle et ne pas faire tellement attention à mon environnement, j’avais toujours une sainte horreur de la foule. Par chance, en entrant, je m’étais rendue compte que j’avais effectivement choisi le bon lieu, et avais pu aller m’installer directement au bar sans avoir de trop proches voisins pour autant. C’était tout ce que je désirais.

Mon cognac arriva, et par le même temps, les souvenirs de la journée remontèrent également. Je savais déjà qu’Anastasia ne m’aimait pas, pas vraiment, en tout cas, même si, dans le fond, j’espérais le contraire. Et je ne m’en étais pas rendue compte avant aujourd’hui, de cet espoir. Ni que j’étais si attachée à elle, à ma grande honte. Bon sang. Elle avait dans l’intention de me liquider, de me sortir définitivement de sa vie. Je tâchais encore me dire que c’était dans le « meilleur » sens du terme, sans parvenir à m’en convaincre. Ecouter aux portes avait vraiment du bon, parfois. C’était au moins ce que je pouvais me dire. Et même si ça m’avait sauvée, en quelque sorte, ça ne restait qu’un détail. Et le reste s’imposait avec bien plus de force. Tous les souvenirs que je croyais plus ou moins heureux avec Anastasia n’avaient plus les mêmes couleurs. Et derrière chaque action, parole et pensée, je me demandais s’il ne se cachait pas quelque chose de particulier, un quelconque plan de la brune. De la fille dont j’étais bêtement tombée amoureuse.

Je bus une gorgée à cette pensée. Je m’en voulais profondément d’être tombée si bas. Je n’aurais jamais dû la revoir, et encore moins continuer à lui parler. Un an. Ca faisait plus d’un an que je côtoyais cette fille. J’avais osé espérer et penser que c’était sérieux. Je m’étais accommodée du mauvais caractère d’Ana, de former une espèce de couple un peu étrange, avec elle. Un couple qui n’avait pas l’air d’en être véritablement un, mais qui commençait à l’être, pour moi. Mais pas pour Ana. Elle en avait marre, de moi. Ne supportait plus de m’avoir dans ses pattes. Critiquait ouvertement à son frère certaines de mes coutumes qu’elle trouvait ridicules, comme celles que j’avais l’habitude de faire, le matin. Qu’il fallait vraiment que je ne fasse plus partie du paysage. Et chaque remarque de plus qu’Alexander approuvait m’enfonçait un couteau dans le cœur. Enfin, pas vraiment, mais c’était la sensation que j’avais. Dorénavant, je comprenais parfaitement ça, alors que j’avais toujours jugé que les gens faisaient beaucoup de raffut de pas grand-chose. J’avais réellement tout entendu, ne réussissant à me détacher de la porte qu’en les entendant bouger.

Je n’avais pas réfléchi, et avais transplané aussitôt, me retrouvant ainsi dans le premier endroit qui m’était venu à l’esprit. La rue où j’avais rencontré Ana. Ce qui n’était définitivement pas une bonne idée. J’en étais sortie en hâte, rejoignant une artère plus fréquentée de Londres. Encore sous le choc, je n’avais pas fait attention à ce que je faisais exactement. Je marchais juste, sans direction ni envie précise de destination, mais pour simplement rester en mouvement. Et c’est ainsi que j’ai provoqué l’incident. J’avais involontairement foncé dans un jeune garçon tout frêle qui, sous le choc, se retrouva les quatre fers en l’air. D’habitude, adorant les enfants, je ne serais donc pas partie ainsi, sans même m’excuser. Mais les circonstances étaient particulières. En prime, et surtout, il s’était mis à saigner du… Rien que d’y repenser, j’en avais des frissons. J’avalais automatiquement une nouvelle gorgée qui me brûla la gorge, mais qui eut le don de sauter l’image pour passer à la suite. Ma fuite délibérée qui avait suivi m’avait fait sortir de la tête tout ce qui m’avait amenée ça, étant trop occupée à mettre le maximum de distance entre moi et le gamin blessé. Heureusement pour moi, j’avais enfilé des chaussures plates, juste avant d’aller écouter aux portes, m’apprêtant d’ailleurs à en changer, quand j’avais surpris mon nom dans la conversation des Wenstone. Aussi, je n’avais pas eu trop de mal à atteindre et bifurquer dans le premier parc qui s’était présenté à moi. Je ne savais pas pourquoi j’avais choisi cet endroit, j’avais plus agi inconsciemment qu’autre chose. Mais c’était mieux que rien. Je m’étais avachie sur le premier banc, en nage, ne me souciant pas du regard curieux du jeune homme qui y était déjà. J’étais repartie dans mes sombres pensées quand il m’avait « demandé » ce que j’avais. Je ne le connaissais ni d’Eve ni d’Adam, pourtant. Mais il devait faire partie de ces gens qui sont naturellement altruistes. Alors comme il s’y intéressait, j’en étais arrivée à lui parler de ma phobie, à lui rapporter ce qui s’était passé, et à élargir à ce que je ressentais, plus globalement. Et ça m’avait aidée.

Je n’avais pas tardé à rentrer, quand même, après, souhaitant être seule avec moi-même et au calme. Et puis je n’avais plus supporté d’être renfermée, et, dans le fond, la solitude me pesait, même si je ne souhaitais pas forcément parler. J’avais besoin de sortir, prendre l’air, d’être quelque part avec d’autres personnes qui seraient là mais ne m’aborderaient pas pour autant. Mais surtout, je voulais oublier, boire jusqu’à ce que je ne puisse plus associer Ana à la moindre cachotterie. Que l’alcool réduise à néant la fille qui venait de me briser le cœur et d’en écraser furieusement les morceaux. J’avais dans l’intention d’occulter, pour un moment au moins, combien cette journée avait été épouvantable.

Je ne remarquai que distraitement qu’une personne avait pris place sur le siège en hauteur voisin au mien. Une soudaine pensée qui résumait parfaitement la situation venait de s’imposer à moi. Une pensée qui me figeait complètement. Une pensée qui me glaçait le sang, et ne me laissait pas de marbre.

Je n’étais qu’un objet aux yeux d’Anastasia Wenstone. Un simple objet. Et je l’avais toujours été.
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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Ven 29 Mar - 21:19







Le monde regorgeait d’histoires d’amour brutes, sincères, violentes où les larmes, la douleur, la passion, le dépassement avaient une place de choix. Généralement, ces histoires étaient fictives, créées pour satisfaire le besoin de certains individus. Ophélia Brackwood ne s’était jamais sentie appartenir à cette catégorie de personnes. Elle avait eu un certain déficit en amour et en attention mais elle n’avait jamais cherché à le compenser en rêvant d’une belle et grande histoire d’amour. Peut-être parce que toutes ces grandes histoires d’amour si populaires mettaient en scène des couples hétérosexuels et qu’elle avait très tôt su qu’elle ne serait jamais membre de l’un d’eux. Elle était homosexuelle jusqu’au bout des ongles, s’en accommodait fort bien et ne le criait toutefois pas sur tous les toits. Ceci dit, elle savait que bon nombre de ses congénères gays n’avaient pas de mal à s’identifier aux couples hétérosexuels mis en scène, parce qu’ils ne se considéraient pas forcément aussi homme ou femme que pouvait l’assurer leur carte d’identité. Et ce n’était définitivement pas le cas d’Ophélia qui se sentait femme malgré tout. Femme qui aimait les autres femmes pour leurs ressemblances avec la féminité. Pas femme qui aimait les autres femmes pour leur hybridité de genres.

En ce jour d’octobre 2012, ceci dit, elle se disait qu’elle préfèrerait n’aimer rien d’autre qu’elle-même. Elle savait que cela risquait de la renvoyer à Tostky, cette invention qui l’avait tant aidée dans son enfance et son adolescence, mais elle préférait cent fois cela à l’état de soumission et de dévotion auquel un de ses proches était livré à cause de l’amour. Elle n’était même plus sûre que l’on doive appeler le sentiment ainsi mais savait pourtant que c’était bien ce dont il s’agissait. Elle inspira fort tandis qu’elle continuait à descendre la rue dans laquelle les bureaux des L&L se trouvaient. Elle n’aurait jamais pu imaginer que l’un d’eux soit aussi avili. Aussi prêt à nier son existence pour autrui. C’était effrayant. Elle croisa les bras sur sa poitrine. Elle savait qu’elle n’aurait pas dû entendre ce qu’elle avait entendu. Elle savait que Lester Cooper, l’un de ses patrons, pensait être seul. Mais cela n’y changeait rien. Témoin involontaire d’une intimité extrêmement poussée, elle était désormais bouleversée. En tournant à l’angle d’une rue, elle songea qu’elle se ficherait bien d’elle-même si elle se croisait maintenant. Elle se demanderait où était passée la placide Ophélia, celle qui gère, planifie, rassure et arrange tout. La réponse serait sûrement qu’elle a préféré laisser place à Ellie.

Ellie était le surnom que son père lui avait trouvé pour palier au fait qu’elle était une fille. C’était un surnom que, désormais, tout le monde employait dès qu’ils devenaient proches d’elle sans pour autant savoir qu’elle lui donnait secrètement une double-dimension. Si Ellie était un diminutif, Ellie était aussi celle qui avait appelé Totsky. Ophélia, elle, n’aurait jamais fait cela. Sa main se porta à ses lèvres, glissa entre et ses dents se refermèrent sur ses ongles. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne se les était pas rongés. Elle en ressentit une certaine libération. Elle ne chercha pas à s’arrêter. Ils repousseraient bien un jour.

Elle continua à marcher un certain temps, tournant et retournant dans sa phrase les mots de Lester, la fêlure dans sa voix lorsqu’il disait à Berlin qu’il l’aimait et les larmes qu’Ellie devinait perler aux coins de ses yeux. Elle connaissait Berlin Neacsu. Elle avait déjà eu l’occasion de la rencontrer. La jeune femme, plus proche de l’adolescente que de l’adulte, ne lui avait pas laissé d’impression marquante. Pourtant elle tenait Lester Cooper comme un chat tient une souris. Le pas d’Ellie accéléra sans qu’elle ne le remarque. C’était une réaction instinctive de son corps pour l’éloigner de ce qui avait causé son trouble. Pour l’éloigner de ce qu’elle jugeait être menaçant.

Berlin, attends-moi, ne fais pas ça… Berlin, attends-moi, je suis presque là…

Ellie se mordit le doigt. Un goût de sang envahit sa bouche. Elle s’arrêta net.  Quelqu’un lui rentra dedans mais elle y fit à peine attention. Son regard était fixé sur le rouge qui s’échappait de sa peau meurtrie. Son esprit se vida pour ne laisser plus que le sang et la douleur. Lester s’éloigna en emportant Berlin avec lui.

Elle sentit soudain le vent qui faisait voler sa queue de cheval, les odeurs des pots d’échappement et les regards des gens qui la dépassaient en grognant, mécontents. Elle se sentit exposée. Rentrer dans le premier bar lui tendant les bras fut la meilleure solution qu’elle trouva pour y échapper. De toute manière, ce n’était pas comme si elle n’y allait jamais. C’était l’occasion rêvée pour un découvrir un nouveau. Elle y tuerait le temps jusqu’à ce qu’il soit suffisamment tard pour qu’elle puisse retourner au bureau récupérer les affaires qu’elle y avait laissés sans craindre de croiser Lester. Ni même Leo. Quoique lui avait moins de chance d’être à son travail passé cinq heures. Depuis qu’il était en couple avec leur comptable, il s’arrangeait pour travailler davantage chez lui. C’était sûrement pour cela que Lester n’avait pas vérifié sa solitude avant que Berlin ne l’appelle. Ellie poussa les portes du pub d’un geste décidé.

Peu de gens s’y trouvaient. Quelques personnes étaient au bar, certaines parlaient au serveur qui essuyait quelques verres derrière son comptoir. D’autres étaient disséminées autour des différentes tables qui meublaient l’endroit. Sans s’attarder dans l’observation des lieux Ellie s’avança jusqu’au bar où elle s’installa sur le tabouret avoisinant celui d’une femme dont l’âge et la chevelure étaient semblables aux siens. Le choix n’était pas anodin : elle n’avait pas la moindre envie de flirter, ni même de faire la moindre rencontre et la femme avait l’air dans le même état d’esprit qu’elle. En plus, en étant assises côte-à-côté elles se protégeaient mutuellement une aile d’une quelconque tentative d’approche.

D’un geste machinal, Ellie regarda ce que l’inconnue buvait tandis que le barman venait voir ce qu’elle voulait. Elle voulait un whisky, on the rocks si possible, mais demanda plutôt un mojito. Ce n’était que la fin de la journée. Il lui restait toute la soirée pour monter doucement dans les attractives spirales de l’ébriété. Surtout qu’il lui fallait rester suffisamment sobre le temps pour elle d’aller récupérer son sac. Après…

Elle remercia le barman et porta sans attendre le verre à ses lèvres. La fraîcheur mentholée de la boisson lui fit du bien. Reposant le verre devant elle, elle nota qu’il n’était pas trop sucré, ni trop chargé en glace ce qui était appréciable. Rares étaient désormais les bars qui ne vous décevaient pas pour ce cocktail. La performance était d’autant plus à saluer qu’au vu de sa population actuelle, le barman ne devait pas préparer si souvent que cela ce genre de cocktails. C’était peut-être ça la clé, au final.

Elle sentait l’alcool se propager en elle, en quantité trop infime pour avoir un véritable effet mais le placebo avait toujours bien fonctionné sur elle, en dépit du fait qu’elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour le cacher. Ses épaules se relâchèrent. Ses mains se détendirent. Elle eut envie de sentir ses cheveux dans son cou. Son élastique, noir, atterrit bientôt près de son verre. Verre qui, le sucre aidant, fut rapidement fini. Elle en recommanda un au barman. La même chose.

Quelques rires éclatèrent dans son dos. On se congratulait au vu du ton de la voix. Ellie sourit, un peu cynique, un peu amère. Elle aurait cent fois préféré être l’involontaire témoin de quelque chose comme cela plutôt que de la folie d’un homme amoureux.

S’il te plaît, Berlin, calme-toi. J’arrive. Berlin, ne fais pas ça.

Le sourire d’Ellie se fana. Dans un mouvement instinctif, pour échapper aux mauvaises pensées, elle baissa la tête, la tournant vers la femme à côté d’elle. Ses cheveux dégringolèrent autour de son visage, épargnant ce dernier grâce à son inclinaison, et elle se força à respirer, le regard fixé sur le cou de l’inconnue, l’attention cent lieux plus loin.

Berlin, tu sais que je n’aime que toi. Berlin, attends-moi.

Le barman revint et posa son verre devant elle avec un léger choc. Ellie se retint pour ne pas sursauter. Ses yeux passèrent du cou au visage de la femme et elle croisa son regard, bleu comme le sien, tandis que l’autre buvait une autre gorgée de son alcool.  Elle se redressa.

Bonsoir, lâcha-t-elle en récupérant son nouveau verre pour l’entamer. Elle apprécia le goût toujours aussi agréable du mojito avant de le reposer. Berlin, je suis presque là.

Elle laissa son regard revenir à sa voisine. Même si elle n’était pas dans une quelconque recherche amoureuse, elle la trouva jolie avec son visage fin, ses mains soignées et son expression anéantie.

Je sais qu’il est tôt, ajouta-t-elle, indifférente au manque de réponse de l’inconnue, mais si je vous proposais des tequilas-paf, vous accepteriez ?

Le concept de tequilas-paf était un concept qu’elle avait découvert par le biais de Stephen, un espèce d’hurluberlu qui était bien l’homme dont elle était le plus proche actuellement, une sorte de Tosky en cent fois mieux, et qui permettait de se vider la tête plus rapidement grâce à l’enchaînement de gestes à effectuer. Généralement, il s’accompagnait d’un jeu de questions : celui qui refusait de répondre ou ne le pouvait pas buvait. Certaines refusaient pour le simple plaisir de boire. Dans le cas présent, Ellie n’était même pas sûre que des tequilas-paf soient disponibles aussi tôt dans la soirée mais elle tenait cette idée comme un naufragé tient une bouée.

Berlin, un jour, tu me tueras.

Vous semblez en avoir autant besoin que moi.
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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Mar 30 Avr - 18:11




Je restais quelques secondes interdite, un peu sous le choc. Ce n’était pas une découverte, à proprement parler. Ou peut-être que si, consciemment. Je n’en savais trop rien. Le plus important étant l’actuel état dans lequel cela me mettait, ce qui était vraiment bien loin d’être glorieux. Tout ça à cause d’elle. D’elle et de mes sentiments pour elle, à vrai dire. Saloperie d’émotions, d’hormones et d’attirance. Moralement parlant, j’étais en morceaux, et sans doute récupérable à la petite cuillère, puisque c’était bien la première fois que je me faisais ainsi avoir. Et même si le gros était dû à Anastasia, je m’en voulais aussi. Je m’en voulais d’en arriver là à cause de quelqu’un. Cela ne faisait que me conforter dans l’idée que la manière dont je traitais mes collègues était la meilleure possible. Ils ne méritaient rien de mieux, de toute façon. J’aurais dû en faire autant avec tout le monde. Quoiqu’ils n’étaient pas tous aussi horribles qu’elle. Je savais que tant que le sentiment n’était pas réellement mis en jeu, tout allait bien. Outre le fait que j’avais affaire en général à de profonds imbéciles ou simplement à des personnes dénuées de tout intérêt, cela expliquait en partie que je tâche d’éloigner tout le monde, en adoptant une attitude relativement repoussante. Et ça marchait, la plupart du temps.

J’avalai une nouvelle gorgée de mon second cognac, pas encore décidée à changer de boisson. Je n’en connaissais pas la majeure partie, de toute manière. Mais c’était sans doute une bonne occasion de justement les goûter. Ce n’était pas comme si j’avais dans l’intention d’avoir le moindre souvenir de cette soirée. Si par le même temps cela pouvait effacer la douleur que je ressentais, je n’aurais sans doute pas attendu aussi longtemps avant de venir. Mais je savais que ce n’était pas le cas. Alors autant noyer mes idées noires dans un quelconque alcool, même moldu, ne serait-ce que pour un moment. Je n’avais rien de mieux à faire, et allais sans doute être d’humeur encore plus exécrable le lendemain. Mais je n’en avais absolument rien à faire. On ne me payait pas pour être un rayon de soleil, et c’était bien mieux ainsi. J’aurais vite été licenciée. Par contre, faire fuir les gens, peut-être était-ce là ma vocation. Anastasia en était la preuve vivante, même si le sens ne convenait pas ici. On avait plutôt envie de me faire disparaître. Oui, c’était ça. Et maintenant que j’y pensais, je n’aurais peut-être pas dit non, si on me l’avait proposé.

L’absence de délicatesse de la part du serveur lorsqu’il apporta son verre à ma voisine me fit tourner la tête vers la source du bruit, plus par automatisme qu’autre chose. Loin de sourire, et constatant que l’action était loin d’être une source d’intéressement, je me détournais aussitôt, pas le moins du monde dérangée par le regard de la blonde à mes côtés. Cependant, si elle persistait à me fixer, je n’allais sans doute pas rester très longtemps sans rien dire. Qu’elle s’occupe de ses affaires et me laisse en paix. Je ne demandais rien de plus.

- Bonsoir.

Je ne réagis pas, absolument pas touchée, et ne jugeant pas opportun de répondre. Je n’avais pas la moindre envie de faire la conversation à quelqu’un, malgré ce qui m’était arrivé un peu plus tôt dans la journée. Qui plus est, je savais que l’alcool pouvait me délier la langue. Un peu trop facilement, d’ailleurs. Et je n’avais aucune envie de m’aventurer dans un tel terrain. J’étais suffisamment agacée par l’état dans lequel je me mettais comme ça, sans en plus devoir découvrir que j’avais clamé à tout va ce qui s’était passé. Le ton neutre de ma voisine indiquait qu’elle était certainement juste polie, et qu’elle n’insisterait pas. « Une chance », pensé-je en finissant d’une traite ce qui restait de mon alcool moldu.

- Je sais qu’il est tôt, commença-t-elle, et je regrettai aussitôt que mes pensées fussent trop optimistes. Mais si je vous proposais des tequilas-paf, vous accepteriez ?

Je me retournai vers l’inconnue, la regardant réellement, cette fois, sans toutefois laisser mon visage exprimer la moindre expression. Il n’en avait pas lieu, de toute manière, puisque j’étais anéantie et tout bonnement à bout. Pourquoi diable avait-elle choisi ce moment-là, ce jour-là ? La veille, j’aurais été tout à fait capable de la renvoyer bouler en bonne et due forme. Parce que je voulais juste qu’on me foute la paix, qu’on me laisse tranquille et qu’on ne vienne surtout pas me déranger, exception faite du barman, qui avait le statut particulier de me faire parvenir de l’alcool. Elle n’était pas désagréable à regarder, je devais bien l’admettre, mais ce n’était pas ce qui primait. J’allais l’ignorer, faute d’avoir une quelconque répartie à lui sortir, quand elle ajouta :

- Vous semblez en avoir autant besoin que moi.

J’avais prévu de tout refuser en bloc ou de faire comme si rien ne s’était passé, quoi qu’elle puisse me dire, mais ce qu’elle avait ajouté changeait la donne. D’abord parce que si je connaissais la tequila de nom, je ne voyais pas ce que le « paf » venait faire là-dedans, mais aussi parce que l’idée même de boire avec quelqu’un qui était désintéressé n’était pas si déplaisante que ça. Je doutais qu’elle puisse en avoir besoin autant que moi, à moins que quelqu’un n’ait planifié de la liquider. Pardon, que quelqu’un de cher à son cœur n’ait planifié de la liquider. Après tout, le premier fait n’était pas si difficile que ça à obtenir, à la réflexion. Il suffisait d’emmerder les bonnes personnes et hop, on avait envie de vous faire taire une bonne fois pour toutes. Mais là n’était pas le sujet. Cette inconnue pouvait s’avérer, en plus d’être une bonne compagne de boisson, être un sujet de divertissement. Enfin, peut-être pas jusque là. Mais au moins une bonne distraction, une bonne diversion permettant à mon esprit de cesser d’orienter mes pensées vers une certaine brune. Restait simplement à espérer qu’elle n’ait pas décidé de me proposer ça dans le but de parler de sa vie, sans doute misérable, et des pauvres malheurs qu’elle pouvait avoir. Mais rien ne m’empêchait de partir, de toute manière.

- Je n’en ai jamais entendu parler. Mais tant que c’est alcoolisé, ça me va.

J’eus une brusque pensée pour Adlan puis pour Lukas. L’un comme l’autre m’avaient permis de découvrir certaines boissons moldues et quelques jeux liés à celles-ci, mais rien à propos de « tequilas-paf ». Si toutefois j’arrivais à garder quelques souvenirs de cette soirée, je me fis la réflexion d’en parler au second. Mon frère n’était après tout plus le mieux placé pour ce genre de discussions, de mon point de vue. Il voudrait savoir comment j’en étais arrivée là, et j’étais consciente de sa capacité à voir très clair dans mon jeu sans que je ne puisse y faire grand-chose. Je ne connaissais pas Lukas tant que ça, en revanche, mais je me doutais que lui en parler ne le dérangerait pas. Bien au contraire.

Revenant à la femme à la couleur de cheveux similaire à la mienne, je profitais qu’elle semble dans la lune, bien que son regard ne quitta mon visage, pour la détailler plus amplement. Je préférais m’accrocher à l’instant présent que de me risquer à trop réfléchir, ne sachant que trop qu’une idée en entraînant une autre, j’étais parfaitement en mesure de continuer à broyer du noir et à être assiégée par de nouveaux souvenirs douloureux, dorénavant. Son visage n’était pas parfait, et même un peu dur, vu ainsi. Mais c’était sans doute dû à sa forme un peu carrée. Ses traits, en revanche, laissaient transparaître la féminité de la blonde, et adoucissaient un peu le manque d’ovale et de finesse dans la forme de son faciès. Ses yeux bleus avaient quelque chose d’attractif, mais cela pouvait être dû à l’éclairage. Rien ne ressortait en particulier, sinon, car la singularité de son visage, à mes yeux, absorbait tout le reste. Mais je me surprenais à apprécier le faciès de cette inconnue, ce que j’associerais plus tard à la totale coupure qu’il y avait avec celui d’Anastasia. Au premier abord, elle ne m’avait pas parue très jolie. Mais au fur et à mesure que je prenais le temps de détailler son visage, elle se muait en réelle femme qui n’était pas désagréable à observer. Et plus tellement en inconnue. Je savais que ça ne durerait que le temps qu’elle réponde, mais c’était toujours ça de pris. Surtout que, même si je ne le constaterais que plus tard, cette minutieuse inspection m’avait permis de complètement occulter Ana, pour un instant.


Dernière édition par Diane Katel Cohen le Sam 18 Mai - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Jeu 16 Mai - 23:05

Les doigts d’Ellie étaient venus se poser en coupole sur son verre et elle bougeait doucement son index sur le rebord dans l’attente d’une réponse. Quoi que l’inconnue dise, elle commanderait, de toute manière. Mais boire à deux restait plus plaisant. Il y avait moins l’impression d’être isolée de tout, de vivre dans un monde qui vous rejetait… Sentant remonter certains de ses vieux démons à la surface, elle maudit Berlin Neacsu et ce qu’elle faisait à Lester tout autant qu’elle maudit ce dernier de ne pas avoir la force de lui résister. Ce n’était pas les hommes de sa famille à elle qui se serait laissé ainsi embobiner… Trop mâles, trop virils pour cela… Un sourire amer faillit s’échouer sur ses lèvres mais l’intervention de sa voisine l’en garda :

- Je n’en ai jamais entendu parler. Mais tant que c’est alcoolisé, ça me va.

Ellie se demanda ce qui lui était arrivé pour lui faire faire une telle réponse. Visiblement, c’était grave et personnel. Grave à cause de l’alcool, personnel à cause de la solitude. Ce ne devait pas être le genre de nouvelles que des amis ou de la famille pouvaient comprendre. Quelque chose qui touchait donc une zone un peu obscure puisqu’impossible à partager avec ceux qui pouvaient compter. Ou alors elle délirait totalement et imaginait à cette inconnue des secrets qu’elle ne possédait pas pour simplement continuer à s’éloigner de sa réalité. Ses doigts se cassèrent sur son verre, faisant presque toucher à sa paume l’alcool qu’il contenait. Elle lâcha du regard sa voisine pour alpaguer le barman auquel elle demanda une caisse de tequila-pafs. Il parut surprit, ses yeux s’égarant sur une horloge posée derrière elles, mais Ellie ne cilla pas et il se mit à préparer ce qu’elle avait commandé.

C’est alcoolisé, en effet, répondit-elle en revenant sur son interlocutrice. Le plus souvent, un jeu de questions y est associé mais je ne pense pas qu’il soit pertinent d’y jouer ; que ce soit maintenant ou plus tard.

Berlin, attends-moi.

Elle attrapa son mojito pour le finir, avec l’aisance de ceux qui trouvent dans ce qu’ils boivent leur dernier espoir, et repoussa le verre plus loin tandis que le barman déposait entre elles une caisse en bois contenant dix shooters remplis à ras bord de tequila et de soda. Une coupelle pleine de morceaux de citrons et une salière se tenaient, hésitantes, dans un coin. Ellie sortit un des shooters, lécha le dos de sa main, l’espace entre le pouce et l’index, le saupoudra de sel et récupéra le shooter tout en plantant son regard dans celui de sa voisine qui semblait quelque peu perplexe.

D’abord lécher le dos de sa main et le saler, ensuite attraper un shooter, le boucher avec la paume de sa main, le frapper sur le comptoir violemment puis le boire tandis qu’il mousse. Lorsque c’est fait, enchaîner immédiatement sur le sel et mordre dans un citron.

Elle laissa passer quelques secondes durant lesquelles elle se demanda ce qu’elle fichait là avant de verrouiller le shooter dans un geste précis ; celui que Stephen lui avait patiemment appris à faire après qu’elle ait plusieurs fois mal bouché ses verres.

Berlin, je suis presque là.

Je vous montre, annonça-t-elle avant de taper le shooter sur le comptoir, attirant à elles quelques regards qu’elle ne remarqua pas.

La sensation de l’alcool glissant dans sa gorge, rapidement rejoint par le piquant du sel et du citron, lui fit un peu tourner la tête. Cela faisait quelque temps qu’elle n’avait pas fait de tequila-paf et, même s’il n’y avait que peu de risques pour que cela la soûle de façon prononcée, cela restait suffisamment fort pour qu’elle sente le sang monter à ses joues et les colorer légèrement. Satisfaite, elle releva ses yeux dans ceux de sa voisine et sortit un shooter de la caisse qu’elle posa d’autorité devant elle :

A votre tour. Du moins, si cela vous tente. Autrement, je les finirai seule, ce n’est pas un problème.

Il y avait une légère provocation dans son regard tandis qu’elle prononçait ces mots, une provocation née de l’envie de déchirer les limites habituelles de sa vie et d’emmener quelqu’un à sa suite. Or, sa voisine paraissait être parfaitement adaptée pour cela.

Berlin, ne fais pas ça.
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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Sam 18 Mai - 13:42




Je me demandais ce à quoi ma voisine songeait pendant que je l’observais sans réellement tâcher d’être discrète. C’est elle qui avait lancé la discussion et avait proposé une boisson au nom étrange à mes oreilles. Il était donc normal que je m’intéresse un minimum à elle. Surtout que j’avais répondu par l’affirmative à sa proposition. Et puis, elle me permettait de ne pas penser à Anastasia. D’ailleurs, la brune connaissait-elle le principe quelconque dont la blonde m’avait parlé ? Certai… Non. Il fallait que je l’évacue de mes pensées. Pourquoi revenait-elle chaque fois que je commençais à passer à autre chose ? « Parce que tu es amoureuse », me susurra une insinueuse petite voix dans ma tête. Saloperie. Y repenser, alors même que l’inconnue alpaguait le barman, me fit finir mon verre d’une traite. Sachant que le cognac ne serait sûrement pas suffisant, je me pris à espérer que quel que soit l’alcool que m’avait proposé ma voisine, il serait fort. Très fort. Anastasia Wenstone allait vraiment réussir à m’abaisser bien bas.

- C’est alcoolisé, en effet, me répondit-elle après avoir ignoré le regard étonné du barman – pourquoi l’était-il, d’ailleurs ? Nous étions dans un bar, il était normal qu’on lui commande à boire. Le plus souvent, un jeu de questions y est associé mais je ne pense pas qu’il soit pertinent d’y jouer ; que ce soit maintenant ou plus tard.

La seule mention du jeu de questions m’aurait aussitôt fait revenir sur ma décision mais je n’eus même pas le temps d’y penser avec la précision qui avait été apportée. Et qui m’allait parfaitement. Ce que je voulais, c’était oublier cette foutue journée, et si possible, ne pas m’encombrer de qui que ce soit au passage. Bon, il se trouvait que je dérogeais à cette seconde partie de mon souhait. Mais apparemment, j’étais tombée sur la personne idéale. Une compagne relativement charmante avec qui boire mais sans être obligée de parler ou de répondre à des questions, quelles qu’elles soient. C’était parfait.

La blonde finit sans tarder son propre verre tandis que le barman apportait une caisse en bois qui contenait vraisemblablement ce qu’elle avait demandé. Dix shooters étaient effectivement remplis à ras bord d’un quelconque alcool – de la tequila, non ? – mais dans un coin avaient aussi été ajoutés une salière et un petit bol plein de morceaux de citrons. Qu’est-ce que ça venait faire là ? Du citron, encore, je pouvais comprendre à la limite. Mais du sel ? J’observais la jeune femme à mes côtés s’emparer d’un des shooters et lécher le dos de sa main, ou tout du moins l’espace à la jointure de l’index et du pouce, avant de prendre la salière qu’elle agita au-dessus dudit espace pour le saler. L’habitude aidant, je cachais plus ou moins mon étonnement, avant de me voir recevoir des explications, après qu’elle ait finalement récupéré le shooter qu’elle avait précédemment sorti de la caisse :

- D’abord lécher le dos de sa main et le saler, commença-t-elle en me regardant droit dans les yeux. Ensuite attraper un shooter, le boucher avec la paume de sa main, le frapper sur le comptoir violemment puis le boire tandis qu’il mousse. Lorsque c’est fait, enchaîner immédiatement sur le sel et mordre dans un citron.

Je mis quelques secondes à imaginer le cheminement complet qu’elle m’expliquait, me demandant qui avait bien pu ne serait-ce que songer à faire un pareil truc, puis l’inconnue attrapa son verre qu’elle boucha de sa main droite aux ongles courts.

- Je vous montre.

Concentrée, je ne la quittais pas des yeux tandis qu’elle appliquait ce qu’elle avait dit, joignant ainsi le geste à la parole. L’enchaînement, bien que relativement rapide, s’imprima aussitôt dans ma mémoire alors que les joues blanches de ma voisine rosissaient, sans doute sous l’effet de l’alcool ou plutôt du principe entier des tequilas-paf. Le nom prenait d’ailleurs une signification adéquate, maintenant que je connaissais le principe. Pas si mal trouvé que ça, bien que cela ne soit pas d’un nom grandiose à mon avis. Mais là n’était pas la question. Ma voisine ne me laissa de toute manière pas le temps de tergiverser puisqu’avant que j’aie pu faire la moindre démarche, elle déposait un shooter devant moi.

- A votre tour. Du moins, si cela vous tente. Autrement, je les finirai seule, ce n’est pas un problème.

Je haussais légèrement les sourcils, détachant mon regard du shooter pour le diriger vers elle. Après me l’avoir proposé si spontanément et en avoir fait une démonstration, elle pensait sincèrement que quelqu’un sain d’esprit, ou même n’importe qui, allait se lever et partir ? Oui, le principe me paraissait étrange, et elle ne me connaissait pas donc ne pouvait pas prévoir mes réactions, mais au point où j’en étais, je n’allais certainement pas la planter là sans même ne serait-ce qu’essayer. Et puis, le rouge qui avait monté aux joues de la blonde était bon signe, de mon point de vue, car ça pouvait signifier que l’alcool était suffisamment fort. Et c’était pile ce que je voulais. Après, elle, venait peut-être de changer d’avis. Son ton était resté relativement neutre, mais quelque chose dans son visage ne correspondait pas totalement à l’indifférence qui transpirait de ses propos, ce qui me fit rejeter cette hypothèse. D’ailleurs, ce par quoi elle avait fini confirmait qu’elle traversait quelque chose, quoi que ce soit, et je me pris à me demander si elle allait faire de telles allusions longtemps encore. En l’espace de deux minutes elle avait réussi à glisser subtilement qu’elle avait besoin de boire et qu’elle comptait bien le faire. Alcoolique alors ? Non. Des problèmes personnels correspondaient mieux, bien que je gardai tout de même l’autre option de côté. Et puisqu’elle ne voulait pas associer le jeu de questions au principe, elle ne tenait donc pas à en parler. Bien. Très bien, même. Le malheur des autres était le cadet de mes soucis en temps normal, et même si une certaine femme me rendait dans un état que je ne croyais pas atteindre, cette facette de mon caractère ne changeait pas pour autant.

Je me  détournais d’elle au bout d’une poignée de secondes, me contentant d’attraper mon shooter avant de me souvenir du début du processus. Ayant observé avec attention ce qu’elle avait fait, je n’eus aucun mal à me rappeler rapidement des diverses étapes, mais hésitais un instant quant au verrouillage de mon shooter. Ma voisine me précisa comment placer ma main, et de surtout bien tenir fermement le petit verre, ce qui me permit de réaliser la suite sans tarder. J’absorbais donc cul sec le contenu du shooter dont je découvrais le goût de la tequila – si toutefois il n’y avait que de la tequila –, léchai rapidement le sel avant de mordre dans un morceau de citron. Je fermais une seconde les yeux lorsque l’acidité du citron acheva de s’allier au reste, mais ressentis juste après l’effet du mélange qui me monta à la tête et fit sans doute rougir aussi mes joues. Mais ce n’était pas mal. Vraiment pas mal. Pas aussi fort et aussi efficace qu’un bon whisky Pur Feu, mais ça allait le faire pour le moment.

Venant une nouvelle fois d’associer l’alcool à Ana, une bouffée de colère à son encontre monta en moi – c’était à cause d’elle que j’en arrivais là ! –, mais disparut presqu’aussi vite qu’elle était arrivée. J’avais déjà ressenti l’envie de la blesser depuis que je l’avais entendu dire qu’elle voulait m’évacuer de son quotidien. Mais j’en étais arrivée à la conclusion que, quoi que je puisse tenter, ce ne serait pas suffisant. Il en faudrait vraiment beaucoup pour en arriver au niveau auquel elle avait réussi à m’abaisser. Et ce n’était même pas envisageable de mon côté. Car même si la colère me donnait envie de la blesser physiquement, dans quelques élans d’agressivité, je m’en savais aussi parfaitement incapable dans la mesure où malgré ce qu’elle avait dit, je ne pouvais pas nier, bien malheureusement, mes sentiments pour elle. Pour cette garce sans cœur, hautaine et méprisante. Cette garce qui, qui plus est, semblait intouchable et sans sentiments. Or comment la briser comme elle venait de le faire avec moi sans que je ne puisse toucher à ses sentiments ? Ca relevait de l’impossible.

- Vous n’allez pas finir toute seule, annonçais-je brusquement à ma voisine pour chasser mes idées noires, voisine qui devait sans doute se poser des questions sur mon temps de réaction, bien qu'il n’ait pas été excessivement long, mais plus que ma moyenne.

Je n’attendis pas plus pour m’emparer d’un second shooter, déterminée cette fois-ci à réaliser parfaitement ce que je venais d’apprendre. Il me semblait en effet que je n’avais pas osé taper assez fort la première fois. Pas que les regards me dérangeant, j’y étais complètement imperméable. Mais plutôt parce que la découverte faisait que j’avais fait comme j’avais pu sur le coup et comme je le sentais. Mais maintenant que je savais le goût que le tout donnait, il me semblait évident que je ne pourrais que mieux l’apprécier en faisant bien mousser le contenu du shooter. Cependant, avant de poursuivre, comme l’image d’une certaine brune m’était tout de même revenue en tête, comme c’était le cas dès que je laissais mes pensées aller où elles voulaient, et que je me sentais déterminée à tout faire pour qu’elle disparaisse, je me tournais de nouveau vers la jeune femme occupant le siège voisin.

- Etes-vous alcoolique ?

Toujours aussi pleine de tact et délicate, ma marque de fabrique, en somme. Je doutais fort que cela soit le cas, ceci dit, mais quitte à garder mes pensées loin de ce qui me préoccupait, autant résoudre une autre question qui m’était venue à l’esprit. Certes, l’autre ne voulait pas accompagner les tequilas-paf d’un jeu de questions. Ou plutôt, elle ne trouvait pas ça pertinent. Mais après tout, je n’avais ni nié ni approuvé son commentaire, et ce n’était qu’une question comme une autre.
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The Apocalypse is over - Katellie

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