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 The Apocalypse is over - Katellie

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    Date de Naissance : 14/02/1987







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MessageSujet: The Apocalypse is over - Katellie   Sam 23 Mar - 16:36


Cette journée était vraiment pourrie. Je ne voyais pas en quoi elle pouvait encore se détériorer, sincèrement. Entre ce que j’avais entendu d’Ana et… Mon cœur se serra à la pensée de la brune, même si elle ne le méritait définitivement pas. Faisant un geste au barman, je commandais un cognac. Je ne connaissais pas vraiment les alcools moldus, préférant généralement ceux sorciers qui se trouvaient être bien plus efficaces pour ce genre de situation. Mais je voulais éviter le monde magique et ses sorciers pour le moment, soucieuse de me fondre dans la masse et d’aller au dernier endroit où je pourrais rencontrer quelqu’un que je connaissais. Je ne me souvenais même plus du nom du bar, pour le coup, m’y étant engouffrée parce que j’avais remarqué qu’il n’y avait pas trop de monde. J’avais beau être encore un peu dans ma bulle et ne pas faire tellement attention à mon environnement, j’avais toujours une sainte horreur de la foule. Par chance, en entrant, je m’étais rendue compte que j’avais effectivement choisi le bon lieu, et avais pu aller m’installer directement au bar sans avoir de trop proches voisins pour autant. C’était tout ce que je désirais.

Mon cognac arriva, et par le même temps, les souvenirs de la journée remontèrent également. Je savais déjà qu’Anastasia ne m’aimait pas, pas vraiment, en tout cas, même si, dans le fond, j’espérais le contraire. Et je ne m’en étais pas rendue compte avant aujourd’hui, de cet espoir. Ni que j’étais si attachée à elle, à ma grande honte. Bon sang. Elle avait dans l’intention de me liquider, de me sortir définitivement de sa vie. Je tâchais encore me dire que c’était dans le « meilleur » sens du terme, sans parvenir à m’en convaincre. Ecouter aux portes avait vraiment du bon, parfois. C’était au moins ce que je pouvais me dire. Et même si ça m’avait sauvée, en quelque sorte, ça ne restait qu’un détail. Et le reste s’imposait avec bien plus de force. Tous les souvenirs que je croyais plus ou moins heureux avec Anastasia n’avaient plus les mêmes couleurs. Et derrière chaque action, parole et pensée, je me demandais s’il ne se cachait pas quelque chose de particulier, un quelconque plan de la brune. De la fille dont j’étais bêtement tombée amoureuse.

Je bus une gorgée à cette pensée. Je m’en voulais profondément d’être tombée si bas. Je n’aurais jamais dû la revoir, et encore moins continuer à lui parler. Un an. Ca faisait plus d’un an que je côtoyais cette fille. J’avais osé espérer et penser que c’était sérieux. Je m’étais accommodée du mauvais caractère d’Ana, de former une espèce de couple un peu étrange, avec elle. Un couple qui n’avait pas l’air d’en être véritablement un, mais qui commençait à l’être, pour moi. Mais pas pour Ana. Elle en avait marre, de moi. Ne supportait plus de m’avoir dans ses pattes. Critiquait ouvertement à son frère certaines de mes coutumes qu’elle trouvait ridicules, comme celles que j’avais l’habitude de faire, le matin. Qu’il fallait vraiment que je ne fasse plus partie du paysage. Et chaque remarque de plus qu’Alexander approuvait m’enfonçait un couteau dans le cœur. Enfin, pas vraiment, mais c’était la sensation que j’avais. Dorénavant, je comprenais parfaitement ça, alors que j’avais toujours jugé que les gens faisaient beaucoup de raffut de pas grand-chose. J’avais réellement tout entendu, ne réussissant à me détacher de la porte qu’en les entendant bouger.

Je n’avais pas réfléchi, et avais transplané aussitôt, me retrouvant ainsi dans le premier endroit qui m’était venu à l’esprit. La rue où j’avais rencontré Ana. Ce qui n’était définitivement pas une bonne idée. J’en étais sortie en hâte, rejoignant une artère plus fréquentée de Londres. Encore sous le choc, je n’avais pas fait attention à ce que je faisais exactement. Je marchais juste, sans direction ni envie précise de destination, mais pour simplement rester en mouvement. Et c’est ainsi que j’ai provoqué l’incident. J’avais involontairement foncé dans un jeune garçon tout frêle qui, sous le choc, se retrouva les quatre fers en l’air. D’habitude, adorant les enfants, je ne serais donc pas partie ainsi, sans même m’excuser. Mais les circonstances étaient particulières. En prime, et surtout, il s’était mis à saigner du… Rien que d’y repenser, j’en avais des frissons. J’avalais automatiquement une nouvelle gorgée qui me brûla la gorge, mais qui eut le don de sauter l’image pour passer à la suite. Ma fuite délibérée qui avait suivi m’avait fait sortir de la tête tout ce qui m’avait amenée ça, étant trop occupée à mettre le maximum de distance entre moi et le gamin blessé. Heureusement pour moi, j’avais enfilé des chaussures plates, juste avant d’aller écouter aux portes, m’apprêtant d’ailleurs à en changer, quand j’avais surpris mon nom dans la conversation des Wenstone. Aussi, je n’avais pas eu trop de mal à atteindre et bifurquer dans le premier parc qui s’était présenté à moi. Je ne savais pas pourquoi j’avais choisi cet endroit, j’avais plus agi inconsciemment qu’autre chose. Mais c’était mieux que rien. Je m’étais avachie sur le premier banc, en nage, ne me souciant pas du regard curieux du jeune homme qui y était déjà. J’étais repartie dans mes sombres pensées quand il m’avait « demandé » ce que j’avais. Je ne le connaissais ni d’Eve ni d’Adam, pourtant. Mais il devait faire partie de ces gens qui sont naturellement altruistes. Alors comme il s’y intéressait, j’en étais arrivée à lui parler de ma phobie, à lui rapporter ce qui s’était passé, et à élargir à ce que je ressentais, plus globalement. Et ça m’avait aidée.

Je n’avais pas tardé à rentrer, quand même, après, souhaitant être seule avec moi-même et au calme. Et puis je n’avais plus supporté d’être renfermée, et, dans le fond, la solitude me pesait, même si je ne souhaitais pas forcément parler. J’avais besoin de sortir, prendre l’air, d’être quelque part avec d’autres personnes qui seraient là mais ne m’aborderaient pas pour autant. Mais surtout, je voulais oublier, boire jusqu’à ce que je ne puisse plus associer Ana à la moindre cachotterie. Que l’alcool réduise à néant la fille qui venait de me briser le cœur et d’en écraser furieusement les morceaux. J’avais dans l’intention d’occulter, pour un moment au moins, combien cette journée avait été épouvantable.

Je ne remarquai que distraitement qu’une personne avait pris place sur le siège en hauteur voisin au mien. Une soudaine pensée qui résumait parfaitement la situation venait de s’imposer à moi. Une pensée qui me figeait complètement. Une pensée qui me glaçait le sang, et ne me laissait pas de marbre.

Je n’étais qu’un objet aux yeux d’Anastasia Wenstone. Un simple objet. Et je l’avais toujours été.
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    Date de Naissance : 23/07/1987







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MessageSujet: Re: The Apocalypse is over - Katellie   Ven 29 Mar - 21:19