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 If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does. || Hanner

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    Date de Naissance : 18/09/1992







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MessageSujet: If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does. || Hanner   Mar 11 Déc - 20:54

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“Water does not resist. Water flows. When you plunge your hand into it, all you feel is a caress. Water is not a solid wall, it will not stop you. But water always goes where it wants to go, and nothing in the end can stand against it. Water is patient. Dripping water wears away a stone. Remember that, my child. Remember you are half water. If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does.”
Margaret Atwood





- Je la veux !

***

Ah, l’hiver. Officiellement, il ne débute que le vingt-et-un décembre, mais tout un chacun sait bien qu’il prend ses aises bien avant cette date, surtout dans notre bien-aimée Angleterre. Les températures chutent et peu à peu les gens sortent aussi couverts que possibles pour éviter que le froid ne s’immisce et ne les rende malades. Beaucoup préfèrent rester au chaud, mais il n’est pas rare de voir quelques personnes qui, à mon instar, ne délaissent par leurs activités quotidiennes sportives pour autant. Le grand intérêt de courir en de telles conditions est justement de se réchauffer en faisant quelque chose qui nous plaît tout en profitant du grand air. Les conditions hivernales rendaient parfois le jogging encore plus sportif qu’à l’accoutumée, mais là était justement mon grand plaisir. Loa m’avait bien fait comprendre qu’elle n’adhérait absolument pas à mon point de vue, mais n’ayant jamais été une adepte du sport, ni une personne à la limite de l’hyperactivité, son avis à ce sujet ne comptait pas vraiment.

L’autre grand avantage de cette période était la proximité de Noël, fête que Loa n’appréciait pas spécialement, bien que cela ne l’ait jamais empêchée de la passer en ma compagnie, à ma demande. Vous ne voyez pas le rapport avec le sport ? C’est sans doute que vous n’avez jamais parcouru lesdits marchés à ma façon, soit en long et en large et sans perdre de temps. Pour en revenir à cet événement, car c’en est effectivement un concernant la présence de Loa, je me devais de le préparer comme il se doit, et donc d’écumer les magasins, ou plutôt les marchés de Noël dans le cas présent pour dénicher les cadeaux que je voulais. Et celui d’Hyde Park convenait tout à fait.

Hyde Park avait la particularité gigantesque d’accueillir en son sein non pas seulement un marché de Noël, mais aussi une sorte de fête foraine à longue durée, Winter Wonderland. La grande roue plutôt spectaculaire qui était l’une des manifestations principales de l’événement, se repérait de loin, tout comme la foule – même si c’est un grand mot ici – qui arrivait toujours en masse plus ou moins importante vers le lieu, même en cette fin d’après-midi de jeudi. J’avais précisément choisi un jour de semaine pour éviter d’avoir affaire à une trop grande partie de la population Londonienne, ou de touristes quelconques, mais il fallait croire que j’avais fondé trop d’espoir en cette idée. Mais toujours était-il que j’arrivais à circuler très facilement, parvenant à marcher à ma vitesse normale, soit souvent excessive à la moyenne. Je devais tout de même avouer que les lieux étaient magnifiques. Après avoir contourné la gigantesque patinoire en plein air, et de nombreux manèges, je pus enfin remarquer les petits chalets annonçant le début du véritable marché, et un sourire s’épanouit sur mon visage.

Je contournais les différents stands et attractions avec rapidité et ne consentis à ralentir un peu l’allure qu’arrivée à hauteur des premiers chalets en bois. Chaque année je revenais à ce même endroit, et je parvenais toujours à trouver mon bonheur, même si je devais y passer un certain temps. Le jour que je choisissais pour mes achats de Noël était unique, aussi avais-je bien dans l’intention de trouver une grande part, voire la totalité des cadeaux que je comptais offrir. Je ne perdis pas de temps en tergiversions, étant de toute manière une adepte du « je fonce, je réfléchis après ». Et en l’occurrence, je n’y allais pas mollo. Mon allure rapide m’avait déjà value de percuter de nombreuses personnes, ce qui ne me ralentissait que très légèrement, puisque je m’excusais à la volée mais ne m’arrêtais pas pour autant. Ma technique était relativement simple : pour éviter d’avoir à parcourir la même rangée deux fois, j’effectuais des genres de slaloms parfois assez étranges pour une quelconque personne essayant de repérer mon parcours, et alternais les stands du côté gauche avec ceux opposés. Ayant déjà une idée de ce dans quoi je comptais investir pour les fêtes de fin d’année, je n’avais aucun mal à juger à toute vitesse de l’utilité que les produits présentés avaient pour moi, et donc de passer plus rapidement tel ou tel présentoir. Je contournais volontairement tous les endroits qui vendaient de la nourriture, mon estomac ne se manifestant pas le moins du monde, et n’ayant nullement l’intention d’acheter de la nourriture en guise de présent. Voyez comme mon parcours se révélait tout à fait logique et pouvait s’effectuer finalement sans aucune difficulté, si l’on excepte les passants qui se mettent volontairement sur mon chemin.

Une heure plus tard – n’oubliez quand même pas que le marché est gigantesque ! –, j’avais réussi à mettre la main sur ce que je comptais offrir à Loa et à Iwan, bien que j’eusse dans l’intention de compléter avec autre chose pour la première nommée. Qui plus est, j’avais déjà trouvé par hasard les cadeaux pour Paige et mon père, avant même de venir sur ce marché. Il ne me manquait donc plus que ma mère, et c’était de loin ce qui me semblait le plus facile, sachant d’avance où je pourrais trouver mon bonheur.

Chaque année je me débrouillais pour retrouver un vendeur très sympathique dont les créations faisaient la joie suprême de ma génitrice. Celle-ci était en effet férue des objets faits main, et elle portait une grande attention aux moindres détails, ce qui était la partie préférée du créateur, comme il avait fini par me confier, l’an passé. Sachant que dans ma précipitation je pouvais être amenée à casser les précieux objets, je prenais soin de garder ce genre d’achats pour la fin. Le fait même de devoir ralentir l’allure et d’en prendre soin après les avoir achetés me déplaisait, car je devais faire attention jusqu’à ce que je sois rentrée, mais je n’allais pas chipoter pour une fois dans l’année.

Je reconnus à quelques mètres l’endroit où avait été placé Monsieur O’Donnell, artisan irlandais qui faisait le déplacement exprès chaque année. Même si je n’avais jamais été réellement portée sur l’art, je devais reconnaître qu’il avait un talent indéniable. Peu de gens cependant semblaient s’arrêter le voir, et moi-même je serais passée à côté si mon œil n’avait pas été attiré, la première fois, par un éclat de verre où une lumière s’était réverbérée un instant. De loin, ses objets, quels qu’ils soient, apparaissent beaux, mais le marché était immense et il n’était au final qu’un vendeur parmi d’autres. On s’apercevait de la richesse des détails qu’en s’approchant plus près, et en regardant attentivement. Ce que je faisais dorénavant chaque année.

Je contournais quelques promeneurs et me dirigeais d’un pas vif vers le stand qui, je le savais, serait le dernier que j’irais voir et me contenterait sans aucun doute. Deux personnes étaient déjà arrêtées devant, mais je n’y pris pas garde, trop occupée à observer tout en marchant ce qui était déjà susceptible de me plaire. Peu attentive à mon allure que je jugeais normale, je ne ralentis le pas que dans les dernières secondes, ce qui me valut un coup d’œil de celui que je venais voir, qui finit par me reconnaître à mesure que je m’approchais.

- Vous revoilà !

- Comme chaque année ! répondis-je aussitôt d’un ton jovial. Vous savez bien que je ne manque jamais de passer vous voir.

J’avais visiblement interrompu l’Irlandais dans sa conversation puisqu’il se désintéressa juste après de moi pour reprendre là où il en était avec l’autre personne. Je ne pris pas garde à ce qu’ils disaient, trop occupée à inspecter avec minutie tout ce qui pouvait plaire à ma mère. Le nombre d’objets étalés m’étonnait toujours, autant que le fait que personne ne les ait encore achetés, puisque chacun avait une particularité propre.

Soudain, une splendide maquette de crèche me sauta aux yeux, et alors que je m’étonnais de ne pas l’avoir repérée plus tôt, des liens se firent dans ma tête. Mes parents étant très portés sur la religion, c’était le cadeau vraiment idéal. Sans compter le soin que Monsieur O’Donnell avait encore une fois apporté à cette œuvre. Exposée derrière lui, je me penchais donc autant que je le pouvais, prenant néanmoins garde à ne rien abîmer au passage. A une telle distance, je distinguais déjà la foule de détails présents, et je ne doutais pas d’en trouver d’autres une fois plus approchée encore.

Mes parents m’ayant bien éduquée – quoiqu’à presque constante proximité de Loa, comme ça avait été le cas depuis l’internat, ma politesse n’était plus aussi exemplaire –, j’attendis quelques secondes que la conversation entre le commerçant et le jeune homme à côté de moi se termine, le temps de sortir mon portefeuille. Enfin, je profitais d’une légère pause pour m’interposer, n’ayant finalement aucune envie d’attendre tant que ça :

- Je la veux !

Mon doigt pointé vers la maquette, et l’attention toute dirigée vers moi des deux interlocuteurs, je ne pris pas en compte le fait que ma spontanéité pouvait être mal vue – j’étais de toute manière imperméable au regard des autres –, et ajoutais avec conviction :

- J’y mettrais le prix qu’il faut. Mais je désire vraiment acheter cette maquette. S’il vous plaît.
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MessageSujet: Re: If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does. || Hanner   Mar 1 Jan - 23:39

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Be my honeypie, never say goodbye



Il y a des choses qui changent radicalement le comportement des gens. Gagner au loto, fonder une famille, perdre son emploi. Savoir la mort imminente. Asher Wenstone se trouvait dans ce dernier cas et, même s’il savait depuis sa naissance qu’il ne connaîtrait jamais la trentaine, cela ne pouvait l’empêcher de se sentir dominé par l’évènement puisque chaque jour qui passait l’en rapprochait fatalement. Ainsi, même s’il refusait désormais que ses parents prennent la moindre décision à sa place, il ne pouvait s’empêcher de réagir positivement à presque toutes leurs rares suggestions. Celle de sortir profiter du marché Noël d’Hyde Park, le plus beau de tout l’Angleterre selon sa mère, pour prendre un peu l’air était l’une d’elles et s’il avait accepté d’y répondre, c’était aussi parce qu’il se disait que c’était peut-être le dernier Noël qu’il passerait ailleurs que dans une caisse en bois habillée de satin.

- Ash, caisse en bois ou pas, t’es vraiment qu’un faible, se murmura-t-il en voyant de ses propres yeux la tonne de gens qui se trouvait au marché

Une vague de découragement s’abattit sur ses épaules mais il expira profondément et s’élança entre les premières maisons de bois, outrageusement décorées, qui constituaient la foire hivernale. Les odeurs de vin chaud, crêpes et gaufres n’attendirent pas une seconde pour l’assaillir. Son estomac se contracta. Il leva son écharpe sur son nez pour le protéger de ses assaillants, peu soucieux de l’image qu’il donnait aux autres. De plus, qui avait suffisamment de temps à perdre pour s’intéresser à ce genre détail futile et à y voir un quelconque mal ? Quelqu’un d’encore plus seul que lui, assurément. Quelqu’un à qui il était le seul à pouvoir penser. Quelqu’un, donc, qui ne comptait pas. Chassant ces pensées de cet esprit, il se félicita d’avoir échappé à la fête foraine qui se faisait entendre au loin. Il ne se serait pas vu au milieu de gens rayonnant de bonheur, lui qui avait à son domicile une pièce exclusivement réservée aux différents cercueils qu’on lui avait commandés au fil des années. Le plus petit faisait soixante-quinze centimètres de long et l’avait longtemps fasciné ; notamment durant son adolescence. Il avait éprouvé une certaine fierté à avoir résisté tant d’années alors qu’on le prédisait mort si tôt après sa naissance tout en ne pouvant s’empêcher d’imaginer ce qu’il se serait passé s’il avait effectivement été cloué entre quatre planches à soixante-quinze centimètres.

Il n’avait jamais trouvé de réponse fixe. Ses hypothèses variaient en fonction de ses humeurs, comme sur bon nombre de questions qui ne pouvaient se régler selon ses propres règles, et cela avait fini par le lasser d’en émettre en masse. Pourtant, quand le sommeil le fuyait, son esprit revenait doucement vagabonder autour du sujet, l’effleurant sans trop oser s’y attarder. Le fantôme de ce qu’il avait été le gardait trop jalousement pour lui permettre d’agir autrement.

Un vertige le prit soudain et il se figea au milieu d’une allée sans faire attention aux gens autour de lui. Il n’était plus habitué à être autant entouré, ni même à rester debout si longtemps. Généralement, ses trajets se limitaient à des choses telles que canapé-fauteuil, fauteuil-chaise, chaise-canapé, canapé-lit et n’excédaient ainsi pas plus de trois minutes de marche. Or, dans le cas présent, cela faisait bien un quart d’heure qu’il contemplait plus ou moins attentivement les différents ouvrages offerts à sa vue tout en évitant soigneusement tous les stands de nourriture. Malgré cette précaution, il sentait son estomac prêt à s’insurger violemment à la première occasion qui se présenterait à lui.

Son vertige se dissipa au bout de quelques secondes et il reprit sa marche. Il se sentait toutefois beaucoup moins vigoureux qu’en arrivant. Cela l’encouragea à se rapprocher des artères moins peuplées du marché, là où il pourrait davantage respirer tout en observant les articles à disposition.

Chaque Noël, il offrait à ses parents une maquette faite de ses mains et représentant un navire fantastique. Cette année, toutefois, il n’avait pas eu le temps de la confectionner en raison de sa nouvelle occupation qui l'absorbait bien plus qu’il n’aurait cru et s’il avait accepté la suggestion de ses parents de sortir au marché, c’était en troisième lieu pour pouvoir compenser cela. Il savait que sa mère s’inquièterait en constatant qu’elle n’avait pas la sacrosainte maquette, qu’elle penserait qu’il était devenu trop faible pour le faire et le lui avait soigneusement caché donc il lui fallait impérativement trouver un moyen de détourner son attention. Peut-être s’il était de bonne humeur, prendrait-il également quelque chose à ses jumeaux… C’était un exercice qu’il évitait depuis quasiment dix ans, maintenant, depuis qu’il avait compris qu’ils avaient tout et que, même s’il leur offrait quelque chose de tout nouveau, le fait que cela vienne de lui leur enlèverait toute joie. Il soupira en repensant à cela et enfonça ses mains dans ses poches, à défaut de pouvoir les envoyer dans les visages d’Anastasia et d’Alexander.

- Ca ne va pas, mon garçon ? demanda soudain une voix dotée d’un accent irlandais prononcé.

Interloqué, Asher sortit complètement la tête de son écharpe pour voir qui lui parlait et son regard tomba sur une échoppe qui paraissait ridiculement banale coincée entre deux chalets identiques, ses bibelots exposés selon un agencement classique. Un homme entre deux âges se tenait derrière et l’observait gentiment. Prenant conscience qu’il ne lui avait toujours pas répondu, Asher hocha la tête et se rapprocha pour voir ce que le vendeur proposait. Il craignit de se retrouver devant quelques objets « made in China » mais fut rassuré de voir que ce qui était en vente était de bonne qualité et fait maison. Son regard voleta d’une création à l’autre, appréciant la délicatesse que chacune exhalait, notant les détails que ses longues heures en solitaire lui avait appris à remarquer et un sourire enfantin vint s’échouer sur ses lèvres. Le stand l’emmenait loin, dans un monde féérique où il avait la possibilité d’être un chevalier en armure ou un dirigeant juste et loyal. Pas un garçon maladif qui jouait à tuer des gens.

- Vous cherchez quelque chose en particulier ? s’enquit le marchand d’une voix douce.

Une lueur d’hésitation traversa le regard vert du jeune homme.

- Oui et non.

- Oui et non ? répéta son interlocuteur avec une expression amusée.

Etrangement touché par cet air, Asher était désormais presque convaincu de se trouver face au cousin irlandais du Père Noël. Le marché et la foule qui l’emplissait étaient totalement oubliés. Il n’y avait plus que le marchand et lui. Sortant les mains de ses poches sans s’en apercevoir, il s’en servit pour ponctuer ses propos :

- Je cherche un cadeau pour mes parents mais c’est bien tout ce que je sais. Avant, je leur offrais toujours des maquettes que je construisais moi-même. Malheureusement, cette année, je n’ai pas eu le temps d’en faire une.

Il se rendit compte qu’il racontait sa vie en même temps qu’il le faisait mais sa langue ne semblait pas en être dérangée et continua dans sa lancée :

- Ma mère risque de s’en inquiéter donc j’aimerais trouver quelque chose qui puisse presque éclipser mon manque de temps. Vous pensez pouvoir m’aider ?

Un rire chaleureux éclata dans l’atmosphère et Asher ouvrit de grands yeux. Il n’avait pas du tout l’habitude de ce genre de comportement. En plus de cela, sa conviction que son interlocuteur était forcément apparenté au Père Noël venait de se consolider dangereusement.

Un frisson le traversa et il se mit à faire du sur place pour se réchauffer, ses mains ayant retrouvé leur place dans ses poches, tout en observant le marchand détailler sa marchandise d’un œil expert. Son choix s’arrêta bientôt sur un délicat cadre en bois au cœur duquel un magnifique paysage hivernal avait été gravé et peint et il le proposa à Asher qui tergiversa intérieurement avec lui-même avant de décliner la proposition. Loin de se laisser décourager, l’Irlandais repartit à la recherche d’une idée tandis qu’un jeune homme à peine plus vieux qu’Asher s’approchait à son tour du stand. L’héritier Wenstone troisième du nom eut envie de lui dire de partir parce que, pour le moment, le Père Noëlandais était occupé avec lui mais une part encore raisonnable de son esprit l’en empêcha.

Un instant après, ledit Père Noëlandais revenait vers lui, une sublime crèche dans les bras. Asher sentit ses lèvres s’arrondir pour former un « o » muet qui n’échappa pas à l’artisan. Il posa la crèche le plus près possible de son client et le laissa l’observer quelques secondes avant de lui demander si cela lui convenait. Les yeux brillants de contentement, Asher s’empressa d’acquiescer et le marchand prit la crèche pour la mettre derrière lui.

- Si vous avez d’autres achats à faire, je peux vous la garder ici : elle est fragile et elle risquerait de s’abîmer si elle restait trop longtemps au milieu de la foule.

- Nous serions deux, alors, lâcha Asher avant de se raidir. Il se morigéna de son manque de tenue mais le sourire bienveillant du vendeur l’apaisa :

- Que faisons-nous, alors ?

Asher oublia de répondre, distrait par l’arrivée énergique d’une jeune femme que l’artisan connaissait visiblement au vu de la salutation enjouée qu’il lui adressa. Elle lui répondit sur le même ton et Asher comprit que c’était une habituée à la fois du marché de Noël et du stand. Il en ressentit une légère jalousie mais elle disparut bien vite tant il était accoutumé à redescendre brutalement sur terre. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois que quelqu’un qu’il avait l’impression d’être différent se révèlerait au final aussi indifférent à son existence que les autres.

Néanmoins, contre toute-attente, la conversation entre les deux s’arrêta là puisque le Père Noëlandais revint vers lui sans tarder, faisant regretter du même coup à Asher ses mauvaises pensées.

- Alors, vous avez décidé, jeune homme ?

- Je vais la prendre dès à présent, répondit-il en notant avec une légère inquiétude que la nouvelle venue paraissait un peu trop intéressée par sa crèche pour que ce soit innocent. Un sourire éclaira à nouveau le visage de son interlocuteur.

- Cela vous fera donc trente-sept livres. Il esquissa un mouvement pour se retourner puis se ravisa : trente-cinq parce que vous m’êtes sympathique !

- Je peux vous régler par chèque ?

- Si vous avez des espèces, j’aimerais autant mais sinon un chèque sera parfait, assura le marchand.

A ces mots, Asher fouilla les poches de son manteau. Il savait qu’il avait son chéquier mais il n’était absolument pas sûr de disposer de trente-cinq livres en espèces. Il avait trop pris l’habitude des cartes bancaires et des chèques pour cela.

- - Je la veux !

L’éclat de voix lui fit relever la tête et il constata mortifié que la jeune femme qui avait salué le marchand était celle qui venait de parler et que l’objet de son exclamation n’était rien d’autre que sa crèche. Il eut alors la sensation que le monde lui tombait sur les épaules. Il n’aurait pas du sortir. Du reste, il était quasiment sûr d’avoir attrapé un rhume à force de rester le nez hors de son écharpe. Rester chez soi était bien meilleur pour la santé et le moral. Confronté à soi-même, on risquait moins d’être déçu. Cela lui faisait de l’entraînement pour son trépas prochain, de rester enfermé entre quatre murs, en plus.

- -J’y mettrais le prix qu’il faut, ajouta la jeune brune comme pour l’enfoncer davantage. Mais je désire vraiment acheter cette maquette. S’il vous plaît.

L’éclat enfantin qui se discernait dans ces trois derniers mots faillit faire soupirer Asher et changea du tout au tout son état d’esprit. Il avait l’impression de se trouver face à une enfant qui venait de repérer le nouvel objet de ses caprices. Dommage pour toi, eut-il envie de lui dire, mais c’est mon caprice que cette crèche va assouvir. Songer à cela l’avait revigoré et il se sentait désormais prêt à en découdre avec quiconque se mettrait en travers de son chemin. A la condition expresse que ce quiconque ait un âge mental de huit ans et demi comme cela semblait être le cas de l’origine de ses soucis momentanés.

Le regard redevenu aussi neutre que d’habitude, il croisa ses yeux noisette et un sourire poli se dessina sur ses lèvres.

- Je suis désolé pour vous mais je vais acquérir cette maquette, dit-il en mettant à profit les bonnes manières hypocrites dans lesquelles il était régulièrement pétri depuis l’enfance. Je suis persuadé que vous trouverez autre chose pour faire votre bonheur. Monsieur (il désigna le marchand), comme vous avez l’air de le savoir, ne vend que de l’excellent ouvrage.

Ces quelques phrases prononcées, il se retourna complètement vers l’artisan, son chéquier en main, et nota avec un léger agacement qu’un trouble semblait s’être emparé de son ancien Père Noëlandais. Afin de le dissiper, il lui demanda s’il avait un stylo en même temps que l’ordre auquel adressé son argent. Il avait envie de régler cette affaire en vitesse pour pouvoir rentrer chez lui à l’abri du monde qu’il ne pouvait plus supporter. Il ne lui appartenait pas et cela s’affirmait un peu plus chaque jour qui passait.

Du coin de l’œil, il se rendit compte que la jeune femme ne paraissait pas être prête à le laisser filer avec leur but commun et il se retourna vers elle au moment où elle lui répondait aussi énergiquement qu’elle était arrivée. Au fond de lui, près de l’endroit où se rangeait la conviction que le Père Noël existait bel et bien, le constat que l’impétueuse brune était la première chose qui l’avait fait doublement réagir aussi vite depuis qu’il avait découvert que les fenêtres de son salon s’ouvraient aussi en kippfenster apparut. Rapidement, l’idée que les kippfensters auraient certainement du mal à concurrencer la jeune femme dans un concours d’intérêt sur du long terme naquit également et Asher remit son écharpe sur son nez tandis que son interlocutrice continuait de s’exprimer.

La neutralité de son regard s’était presque effacée au profit d’une faible attention et le stylo que lui tendait l’artisan aurait tout aussi bien pu se trouver dans une autre galaxie.
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    Date de Naissance : 18/09/1992







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MessageSujet: Re: If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does. || Hanner   Mer 2 Jan - 19:22

A la tête de Monsieur O’Donnell et à celle du jeune homme à mes côtés, quelque chose n’allait pas. Seulement, sur le moment, je remarquais simplement le changement d’état sur leurs faciès respectifs et l’associais à mon manque de civilité, qui pouvait être très mal perçu. Mais mis à part ça, je ne voyais vraiment pas ce qui gênait. J’étais certaine que le marchand serait heureux que je fasse acquisition, comme chaque année, de l’une de ses créations, et l’autre, depuis le temps qu’il parlait, pouvait bien attendre les quelques minutes durant lesquelles j’allais payer et prendre ce que je désirais. Je dois bien avouer que pas une minute je n’avais songé que la maquette pouvait aussi être l’objet qui intéressait l’autre client, comme il me l’indiqua, passée la surprise :

- Je suis désolé pour vous mais je vais acquérir cette maquette, m’assura le jeune homme avec un sourire poli. Je suis persuadé que vous trouverez autre chose pour faire votre bonheur.

Autant j’étais sans gêne que l’autre ne savait pas encore à qui il avait affaire. J’avais décidé que j’obtiendrais la maquette, et ce, quoiqu’il m’en coûte. L’objet sur lequel j’avais jeté mon dévolu était bien trop merveilleux, et comptait désormais bien trop pour que je le laisse filer sans que je ne réagisse. Non, rien d’autre ne pouvait faire mon bonheur – ou plutôt celui de ma mère en particulier, plus précisément –, mais ça, il allait vite le savoir.

- Monsieur, comme vous avez l’air de le savoir, ne vend que de l’excellent ouvrage.

Il m’avait désigné l’Irlandais, comme s’il me prenait pour une demeurée et que je ne pouvais pas deviner qu’il parlait, évidemment, de l’homme qui assistait silencieusement à notre échange. Mais la pensée me passa juste rapidement par la tête, car cette dernière était attendue ailleurs. En effet elle avait besoin d’être exploité de façon à ce que je réponde de la meilleure des manières à celui qui voulait me voler mon cadeau de Noël.

Je ne remarquais le chéquier que mon interlocuteur avait dans la main qu’au moment où il se retourna vers Monsieur O’Donnell pour lui réclamer un crayon, ainsi que l’ordre auquel il devait adresser le chèque. Bien, j’avais donc un avantage sur le jeune homme en étant une cliente régulière. Et je comptais bien exploiter ce point sans plus tarder.

- Oh que oui, j’ai pu le remarquer. Puisque moi, je viens chaque année, répliquais-je en jetant rapidement un coup d’œil au marchand qui semblait mal à l’aise mais continuait de tendre le crayon demandé au brun.

Les mots me venaient d’eux-mêmes, finalement, sans que je n’ai le besoin de réfléchir. Je me savais capable de beaucoup de choses pour obtenir ce que je voulais, et cette fois ne faisait pas exception. Je me tournais complètement vers le marchand et lui lançais :

- Vous savez que je mets toujours le prix pour vos objets. Je suis une cliente régulière, et je peux bien vous promettre de revenir chaque année si c’est ce qu’il faut pour que vous me cédiez cette maquette. Vous savez que vous y gagnerez plus qu’en la vendant à un client qui ne reviendra sans doute pas.

Je ne marquais que de très courtes pauses, le temps de reprendre mon souffle. Heureusement, la course m’en avait donné un très bon, et, sans attendre de réponse, revenais à celui qui avait sensiblement les mêmes envies que moi, en ce qui concernait ce cadeau. Un détail dans ses paroles que j’avais dû noter au vol m’était revenu, et je le lui balançais aussitôt, désireuse de marquer autant de points que possible avant de lui laisser le temps de répliquer :

- Et vous, fis-je en le désignant du doigt comme lui l’avait fait auparavant pour Monsieur O’Donnell, vous ne possédez pas cet objet. Vous le voulez, comme moi, mais vous n’avez rien payé. Donc tout est encore possible.

Je ne perdis pas une seconde et aussitôt mon corps tout entier pivota de nouveau vers le marchand auquel j’accordais désormais toute mon attention pour lui demander le prix de la maquette, et sans me soucier du bruit sec de la fermeture, j’ouvrais mon portefeuille que je n’avais pas lâché. L’Irlandais me répondit en balbutiant, visiblement peu habitué à ce qu’on se démène ainsi pour un de ses objets. Au moins pouvait-il être sûr, dorénavant, qu’il avait un sacré talent.

Je ne savais pas ce que faisait le jeune homme désireux de faire la même acquisition que moi, trop occupée à farfouiller dans mon portefeuille en quête de la somme annoncée. Comme chaque année, j’avais prévu le coup et avais fait un saut à la banque avant de rejoindre le marché. Et comme j’avais tendance à toujours prévoir plus que pas assez, j’étais parfaitement certaine de pouvoir régler l’homme entre deux âges sans plus tarder. N’ayant pas de monnaie, et désireuse avant tout de faire au plus vite pour ne pas être devancée, je tendis quarante livres au vendeur dont le malaise ne semblait pas s’être évaporé durant le laps de temps où j’avais lancé un nouvel argument à l’autre personne avec laquelle j’échangeais.

Le marchand avait l’air d’hésiter, et nous regardait successivement le jeune homme et moi. Et pourtant, le premier n’avait toujours rien dit. Ou alors, je ne m’en étais pas rendue compte. Mais de toute manière, il ne pouvait pas avoir avancé meilleur argument que moi. A moins d’organiser une vente aux enchères, là, tout de suite, ou d’acheter tout son stand. Ce qui était absolument absurde. Aussi chassai-je aussitôt ces deux alternatives de mon esprit, et préférai-je accélérer un peu les choses.

- Je promets de faire particulièrement attention à cette maquette, et qu’elle sera appréciée à sa juste valeur.

N’y tenant finalement plus, et comme un coup d’œil me permit de remarquer que mon voisin était complètement absorbé par… ma personne – ce qui me dérangea juste un instant –, je me décalais pour être en face de Monsieur O’Donnell, forçant ainsi le brun à se pousser lui aussi par la même occasion. Dans une manœuvre périlleuse, et voyant que je n’aurais pas assez de mains pour tout faire, je glissais mon portefeuille dans un des sacs que j’avais aux bras. Puis j’attrapais d’une main le stylo que le vendeur tendait toujours, pour placer, avec les doigts de l’autre, mon argent dans sa main toujours tendue. Il resta un instant hébété, les yeux fixés sur les billets, et ramena finalement son bras à lui. Il s’excusa auprès de l’autre client, et s’apprêtait à me rendre la monnaie mais j’ajoutais que ce n’était pas nécessaire, qu’il pouvait tout garder. Ca m’arrangeait aussi, d’une certaine manière, et je n’étais pas à quelques livres près.

Alors que Monsieur O’Donnell commençait à emballer la crèche de différentes matières, de manière à la protéger le plus possible, je m’adressais à nouveau au parfait inconnu auquel je remarquais seulement dorénavant un certain charme :

- Désolée, mais comme vous l’avez dit vous-même, ce qu’il fait est magnifique. Vous trouverez bien autre chose qui fasse votre bonheur.

Je ne détournais mon regard du sympathique faciès de mon interlocuteur que lorsque l’autre homme ne m’interpella. Je lui souriais, très heureuse, en prenant délicatement le futur présent de ma mère, après m’être assurée que tous mes sacs étaient bien calés sur mes épaules. Je le remerciais chaleureusement, lui souhaitais de bonnes fêtes de fin d’année, ainsi que – soyons fous – à l'autre jeune homme, puis m’éloignais doucement du stand, un sourire étirant toujours mes lèvres. J’avançais prudemment, soucieuse de prendre le plus grand soin de l’objet que je tenais à deux mains, tout en étant heureuse d’avoir réussi, une nouvelle fois, à obtenir ce que je voulais.


Dernière édition par Hanna Sharps le Lun 22 Avr - 12:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does. || Hanner   Jeu 3 Jan - 16:47

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- Oh que oui, j’ai pu le remarquer. Puisque moi, je viens chaque année, répondit vivement l’inconnue avant de se tourner vers le Père Noëlandais.

Asher suivit son mouvement et constata que le stylo qu’il avait demandé était à sa portée. Il ne fit pourtant pas le moindre geste pour s’en saisir. Il était curieux de voir jusqu’où le raisonnement de la jeune femme pouvait aller dans l’absurdité étant donné que, à ses yeux, on ne pouvait décemment pas construire une quelconque argumentation sur le fait qu’elle était une habituée et que lui, non. C’était de la discrimination pure et simple, surtout que c’était lui qui était arrivé en premier.

- Vous savez que je mets toujours le prix pour vos objets, dit-elle en s’adressant à présent au marchand qui paraissait ne pas savoir comment réagir. Asher fronça les sourcils devant l’incrédulité confuse qui se lisait sur son visage avant de les relâcher quand la jeune femme poursuivit sa démonstration : Je suis une cliente régulière, et je peux bien vous promettre de revenir chaque année si c’est ce qu’il faut pour que vous me cédiez cette maquette. Vous savez que vous y gagnerez plus qu’en la vendant à un client qui ne reviendra sans doute pas.

C’est sûr que s’il cède à tout ses ‘anciens clients’ dès qu’ils exigent quelque chose qu’un ‘nouveau client’ veut, il va pas avoir beaucoup de sang neuf parmi ses acheteurs, songea Asher. Il avait un instant pensé à le dire à voix haute mais vu le débit et le volume de son opposante, personne n’aurait prêté à sa remarque et cela n’aurait donc eu aucune utilité. Abandonnant l’artisan, qui ne méritait plus du tout la dénomination de « Père Noëlandais », l’inconnue se réintéressa à lui et il soupira dans son écharpe. Il commençait à se sentit sérieusement fatigué par les bruits alentours, or, elle n’arrangeait rien en s’excitant comme elle le faisait.

- Et vous, asséna-t-elle en appuyant ses mots d’un geste indicatif qui faillit faire reculer Asher. Il ne voulait pas qu’elle le touche. Si elle le faisait, il y avait de grandes chances qu’il tombe vu la faiblesse qui commençait à rayonner en lui et il n’avait pas la moindre envie qu’elle interprète cela comme un signe de victoire. Vous ne possédez pas cet objet. Vous le voulez, comme moi, mais vous n’avez rien payé. Donc tout est encore possible.

J’ai mon chéquier en main et la maquette est à l’arrière du stand donc j’étais quand même très bien parti pour l’emporter avant que vous arriviez, espèce de glut, répondit-il mentalement tandis qu’elle se retournait vers le marchand pour exiger de savoir le prix à laquelle la crèche était. Asher croisa le regard affolé de l’homme et sa lassitude grimpa d’un cran. Il voulait bien qu’il n’ait pas l’habitude de ce genre de situations mais là, il s’agissait d’une simple question de savoir-vivre, au final. Loin de se rendre compte du jugement peu flatteur dont elle était l’objet, la jeune femme ouvrit son portefeuille à la recherche de la somme que le marchand avait finalement marmonnée en adressant un long regard désolé à Asher, lequel avait agi comme s’il n’avait rien vu.

Deux billets de vingt livres apparurent soudain sous son nez et il se demanda ce qui se passerait s’il les arrachait de la main de l’inconnue pour les laisser partir au vent. Il s’évanouirait, probablement, à cause de l’appel sanguin que cela provoquerait. Etre mourant était vraiment frustrant parfois. Il se consola toutefois en constatant que l’artisan ne semblait pas tout à fait prêt à régler l’affaire de la façon dont la jeune femme l’entendait. Fort de ce fait, il était sur le point d’intervenir à la faveur du silence qui s’était crée entre eux quand elle décida de continuer son argumentation sans prêter davantage attention à lui. Pour ne pas le dépayser, supposa-t-il cyniquement.

- Je promets de faire particulièrement attention à cette maquette, et qu’elle sera appréciée à sa juste valeur.

Le jeune homme était sur le point de commenter (mentalement ou oralement, il ne savait pas encore) ce qu’elle allait dire quand quelque chose l’arrêta. La gaminerie qu’il avait déjà remarqué chez son opposante prenait là une toute autre dimension : il avait l’impression qu’elle tenait sincèrement à la maquette mais pas parce que c’était un magnifique objet, plutôt parce qu’elle savait qu’elle produirait un effet très positif sur la personne à qui elle la destinait. S’il avait raison, leurs points de vue sur l’objet étaient très différents et il n’avait légitimement pas la priorité sur elle. Au cours de ses longues journées en solitaire, il en était effectivement arrivé à la conclusion qu’apprécier quelque chose uniquement pour sa beauté, sans parvenir à saisir son essence profonde, n’avait qu’un intérêt limité. Dans le cas présent, il avait été prêt à ignorer ce précepte mais confronté tel qu’il était à quelqu’un qui y répondait inconsciemment, il n’imaginait pas faire autre chose que se retirer de la course. De toute manière, songea-t-il avec une certaine ironie, ce n’était pas comme si elle m’avait laissé le choix.

Il regardait désormais d’un œil nouveau son interlocutrice. Il était clair qu’elle avait encore de beaux jours devant elle et que rien ne l’arrêterait jamais, si elle avait décidé de quelque chose. Il envia la personne à qui était destinée la crèche. Il était convaincu que cette personne ne pouvait qu’être positive en côtoyant une fille telle que celle qu’il avait sous les yeux. C’était le genre de filles, il en était sûr, qui faisait bouger les choses et empêchait la moindre mélancolie, le moindre ennui. Sans qu’il ne sache précisément pourquoi, il se mit à imaginer ses boucles brunes sur le satin vert émeraude du cercueil de ses treize ans et la morbidité qui habillait jusque là l’objet disparut. Il ne restait plus qu’un tissu confortable étrangement engoncé dans une boîte en bois rectangulaire et accueillant la vivacité en veille d’une jeune femme épanouie. C’était une image aussi troublante que plaisante puisque jamais Asher n’avait été la victime de la partie grégaire de son imagination avant ce moment. Il devait vraiment être au bout du rouleau.

Une avancée impromptue de la brune l’obligea à se décaler et il le fit sans rechigner. Derrière son écharpe, ses lèvres esquissaient un sourire vaincu. Il l’observa ranger habilement son portefeuille dans un des sacs qu’elle portait, conscient qu’il se serait empressé de le ramasser si jamais il était tombé ; gentleman, il l’était autant qu’il le pouvait dès qu’une femme acquérait son respect. Toutefois, vu son entourage limité, il devait s’avouer qu’hormis sa mère et sa sœur, son opposante était l’une des seules femmes avec qui il avait eu un réel contact depuis des mois.

Elle se saisit ensuite du stylo que le marchand tendait toujours vers eux et Asher se demanda pourquoi il restait planté là. Etant donné qu’il avait très clairement perdu la manche, il pouvait s’éloigner sans plus attendre pour achever sa quête ou simplement rentrer chez lui. Il se répondit que c’était parce qu’il désirait acheter le premier article que lui avait proposé l’ancien Père Noëlandais mais ne se convainquit pas entièrement, à son léger étonnement. Pendant ce temps, l’article avait été payé, une excuse maladroite lui avait été adressée par l’artisan et la brune avait refusé la monnaie qui lui avait été tendue. Rien de bien intéressant ne s’était passé, en somme.

La jeune femme revint vers lui comme pour démentir la pensée qu’il venait d’avoir et qu’elle semble moins surexcitée qu’avant rendit doublement Ash attentif à ce qu’elle allait lui dire.

- Désolée, mais comme vous l’avez dit vous-même, ce qu’il fait est magnifique. Vous trouverez bien autre chose qui fasse votre bonheur.

Sous son écharpe, le sourire du jeune homme s’agrandit sensiblement. Il avait eu raison de penser qu’elle avait finalement la priorité sur lui. Elle n’avait du tout l’air d’être une mauvaise personne. Au contraire, elle paraissait prête à défendre la veuve et l’orphelin sans la moindre hésitation ; comme en témoignait son franc-parler et son aplomb. Il ne lui répondit toutefois pas. Il sentait que sa voix serait éraillée si jamais il parlait et cela briserait assurément le moment ; même s’il n’y avait rien de romantique, dedans, mais simplement la satisfaction de voir certaines de ses idées exister réellement. Le marchand appela finalement la jeune femme pour lui donner son paquet habilement emballé et elle se détourna sans attendre, un large sourire éclairant son visage et révélant des fossettes qui plurent aussitôt à Asher. Elle s’assura rapidement que ses sacs ne risquaient pas de glisser puis se saisit précautionneusement de la crèche tant convoitée. Les remerciements qu’elle adressa suite à cela à l’artisan fit songer à Asher qu’aucun d’eux deux ne devait regretter d’avoir laissé la jeune femme les entourlouper ainsi.

Sa conviction s’accrut quand, après avoir souhaité de bonnes fêtes à l’Irlandais, elle lui adressa à lui ses meilleurs vœux avant de tranquillement partir vers d’autres aventures. Il la suivit machinalement du regard jusqu’à ce qu’un toussotement fort peu discret ne le ramène à la réalité. L’expression confuse qui avait prédominé sur le visage du marchand tout le long de la transaction s’était effacée au profit de l’éclat bienveillant qu’il avait au début. Ash en fut légèrement surpris mais avant qu’il n’ait pu dire la moindre chose, l’homme prenait la parole avec assurance, une pointe de malice dans la voix.

- Je vous propose un marché, dit-il, suscitant par ces simples mots l’intérêt de son interlocuteur. Peut-être allait-il dédommager la perte de la crèche d’une façon ou d’une autre ? Je vous fais à moitié prix le cadre que je vous ai montré en premier et vous, vous invitez la jeune femme qui vient de partir à boire quelque chose. Devant l’air effaré d’Ash qui, yeux plissés, avait clairement l’air dégoûté, même à moitié caché derrière son écharpe, il s’empressa de justifier ses propos : Je ne suis pas de la première jeunesse, mon garçon, aussi sais-je remarquer quand deux personnes se plaisent mais ne font rien parce qu’elles-mêmes ne jugent pas l’attraction si importante que ça. Je ne suis pas en train de dire que je vous garantis l’amour fou mais… C’est Noël. C’est l’occasion rêvée d’agir sans réfléchir, vous ne croyez pas ? Alors pourquoi ne pas tenter votre chance ? Sauf si vous êtes déjà en couple, évidemment.

- Et si c’est elle qui l’est ? répliqua le jeune homme, pris malgré lui au jeu.

La vivacité sympathique qu’exhalait à présent le marchand était très différente de celle, plus agressive, qu’avait laissé transparaître l’inconnue, au début, et paraissait aspirer la fatigue de son auditeur. Ou peut-être était-ce la perspective d’agir comme un garçon de son âge et d’inviter une fille à prendre un verre qui le ragaillardissait. C’était une bonne question, surtout qu’il n’avait jamais été réellement confronté à cette situation. Quand il était plus jeune, il avait eu une ou deux copines mais ayant été rencontrées par le biais de ses parents, il n’avait jamais eu à prendre son courage à deux mains et risquer un râteau.

- Souvenez-vous juste d’une chose : vingt secondes insensées peuvent changer le cours d’une vie.

- N’importe quel moment peut changer le cours d’une vie.

- Faites comme bon vous semble, rétorqua l’Irlandais en haussant les épaules. Pour emballer le cadre, vous voulez du papier avec ou sans motifs ?

Répondant qu’il s’en fichait complètement, Asher jeta un coup d’œil derrière son épaule, signa le chèque en y notant la somme officielle, le tendit au marchand et déclara qu’il reviendrait récupérer le cadre dans deux heures au maximum. Il avait repéré la silhouette de son ancienne opposante. Elle marchait peu vite, sûrement en raison du fait qu’elle tenait la crèche à deux mains et ne voulait pas risquer de la laisse tomber. Il s’en trouva satisfait et se mit à avancer vers elle aussi rapidement qu’il le pouvait. Son dos lui faisait mal et l’impression vague dans ses jambes était toujours présente, prête à s’affirmer traîtreusement dès qu’il baisserait sa garde, mais il n’y prêta pas attention. Pour l’une des premières fois de sa vie, il agissait impulsivement. La froideur scientifique qui caractérisait sa réflexion s’était envolée au profit d’une fougue toute juvénile. Une voix lui disait qu’il allait regretter de débordement mais c’est à peine s’il l’entendait avec le bruit des gens autour. La silhouette de la jeune femme se rapprochait. Il ralentit son rythme pour ne pas arriver essoufflé et rouge devant elle. Un homme choisit ce moment pour bloquer le passage de la brune avec une palette remplie de caisses entourées d’un film plastique et Asher en profita pour combler la distance entre eux sans s’affaiblir.

Abaissant l’écharpe qui lui dissimulait encore une partie du visage, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, il déglutit puis s’adressa à la jeune femme qui releva aussitôt les yeux vers lui.

- Je vais sûrement vous paraître bizarre, dit-il avec hésitation, mais… Est-ce que vous avez un peu de temps pour que je vous offre un café ou autre chose ?

Il tenta de sourire. Malheureusement, il sentit que ses lèvres paraissaient plus grimacer qu’autre chose et il maudit le marchand pour lui avoir si efficacement monté la tête. Il venait de s’humilier uniquement pour pouvoir agir une fois enfin comme n’importe quel garçon stupide de son âge. C’était absolument ridicule. Il allait mettre au moins trois jours à se le pardonner et à l’oublier, dès qu’il serait revenu dans son appartement.

Sa bouche, toutefois, ne sembla pas trouver qu’il s’était suffisamment rendu risible parce qu’elle ajouta quelques mots à sa précision dès qu’il eut senti qu’il grimaçait plutôt qu’il ne souriait :

- Promis, ce n’est pas un quelconque stratagème pour vous voler la crèche. Je viens d’acheter autre chose et je passerai la récupérer plus tard. Enfin, dans deux minutes, si vous déclinez ma proposition, ajouta-t-il spontanément.

Même s’il y avait eu une certaine malice dans le début de ce qu’il disait, à la fin, il s’agissait d’un simple constat que son esprit, habitué à appréhender les faits scientifiquement et non-emphatiquement, avait fait et transmettait.

Il réalisa alors qu’il n’avait pas peur de se voir opposé un refus. Cela froisserait son égo et le conforterait dans l’idée qu’il n’avait besoin de personne d’autre que lui et surtout pas des conseils d’un pseudo Père Noël Irlandais mais il savait que cela finirait par passer. Rassuré par le retour de son côté méthodique et cynique, il parvint à agrémenter ses derniers mots d’un sourire qui semblait vraiment en être un.

Qu’il gêne la bonne circulation des gens en ayant fait s’arrêter la brune au croisement de deux allées ne l’effleura même pas. Les gens n’étaient que des décorations autonomes et les décorations ne méritaient pas la moindre considération une fois qu’elles étaient placées. C’était bien connu.


Dernière édition par Asher Wenstone le Jeu 21 Fév - 14:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: If you can’t go through an obstacle, go around it. Water does. || Hanner   Jeu 3 Jan - 22:53

Avancer si lentement relevait presque de la torture, tant l’envie d’accélérer le pas me démangeait. Ce n’était certainement pas dans mes habitudes de prendre mon temps, mais étant donné le mal que je m’étais donné pour acquérir cette crèche, je n’allais certainement pas tout ruiner en risquant de la casser. Je devais donc, en plus de ma lenteur forcée, prendre garde à ce que personne ne heurte le précieux objet. La pensée que le plus tôt je serais sortie du marché – voire même rentrée chez moi –, le mieux ce serait, m’effleura l’esprit avant de carrément s’y imprimer quand je dus contourner un couple à qui toute réalité échappait.

Comme chaque année – puisque je devais réitérer cette « expérience » de devoir avancer prudemment et avec attention suite à un achat au stand de monsieur O’Donnell –, j’en profitais pour vérifier mentalement que je n’avais rien oublié. Je m’étais fait une liste à la va-vite, il y avait de ça déjà un moment, mais je revoyais visuellement de façon globale ce que j’avais pu y marquer. A chaque nom je pouvais désormais associer ce que j’allais offrir, et je fus satisfaite de constater que mis à part un petit truc, j’en avais terminé là avec mes courses de Noël. La foule et le piétinement, ce n’était décidément pas mon truc. Et justement, tandis que je m’en faisais la réflexion, on me bloqua la route. Habituellement, je me serais aussitôt décalée et glissée entre deux personnes pour poursuivre mon chemin, mais là, il se trouvait que l’homme qui me forçait à m’arrêter était cerné, lui aussi, de toutes parts, et ne pouvait pas tellement bouger, surtout encombré comme il l’était. Je sentis que ma précédente très bonne humeur commençait à s’envoler à la pensée que ce n’était que le début, et qu’il y avait de forts risques que je doive encore faire face à un cas comme celui-ci.

Alors que le passage était enfin dégagé – après des secondes qui m’avaient paru bien longues –, j’eus la parfaite surprise de retrouver le jeune homme à qui j’avais « volé » la crèche. Je n’eus même pas le temps de me demander pourquoi diable il m’avait rattrapé, comme en attestaient ses joues rougies, qu’il s’exprimait sans plus attendre :

- Je vais sûrement vous paraître bizarre, mais… Est-ce que vous avez un peu de temps pour que je vous offre un café ou autre chose ?

C’aurait été un euphémisme que de dire que je ne m’attendais absolument pas à un tel revirement de situation. Puis je me rappelais soudainement que le jeune homme n’avait répondu à aucune de mes remarques, réduit au silence par je ne sais trop quelle raison. Peut-être qu’il n’était tout bonnement pas doué dans ce domaine, après tout. Mais toujours était-il qu’il me faisait face, l’air d’être vraiment à plat et j’aurais bien été tentée de lui faire remarquer que de l’exercice ne lui ferait pas de mal quand cela me frappa : il venait peut-être essayer de récupérer la crèche que je tenais fermement de mes deux mains. Si c’était le cas, il avait un sacré temps de réaction, et il ne risquait pas le moins du monde d’arriver à me la prendre. Quoiqu’il puisse me proposer, je refuserais. Je n’étais pas intéressée par l’argent, et aucun objet ne vaudrait ce que représentait à mes yeux cette crèche. Donc ni vente ni troc. Et c’était en plus certainement pas en me tirant une tête pareille qu’il avait des chances de me la prendre par le charme.

- Promis, ce n’est pas un quelconque stratagème pour vous voler la crèche. Je viens d’acheter autre chose et je passerai la récupérer plus tard. Enfin, dans deux minutes, si vous déclinez ma proposition.

Ainsi, j’avais eu tort sur toute la ligne. Pas que ça soit vraiment nouveau, remarquez. Et je m’en fichais éperdument car en plus de ça, je n’avais pas oralisé mes pensées. Et puis, je n’étais pas du genre à faire particulièrement attention aux intonations d’une voix, mais là, j’étais forcée d’admettre que celles de celui qui me faisait face étaient assez particulières pour que je les remarque. Elles me confortaient dans l’idée que le jeune homme ne cherchait pas à me devancer et à me prendre mon bien. Je remarquais assez distraitement qu’il avait enfin découvert sa bouche, laquelle avait été tenue cachée tout le long de ce qui avait abouti à mon achat de l’œuvre de l’Irlandais. Il ne semblait pas malhonnête, et je n’avais rien contre une boisson chaude. Surtout s’il pouvait ainsi m’aider à m’éloigner de tout ce monde. Aussi, je ne cherchais pas plus de raisons d’accepter l’offre qui m’avait été faite, étant de toute manière peu habituée à réfléchir mais plutôt à agir.

- Ca me va parfaitement. Je connais un café, pas loin, ajoutai-je en me souvenant subitement dudit lieu. On y va ?

Le brun hocha la tête, et remit son écharpe en frissonnant alors qu'il ne faisait pas si froid que ça, surtout quand on a couru, ou à défaut, marché vite, juste avant. Je fus une nouvelle fois tentée de lui lancer une remarque sur sa forme physique, et le naturel aidant, je ne pus pas m’empêcher de penser tout haut, cette fois :

- Vous devriez y aller doucement. Pas que je puisse vraiment courir avec un tel colis en mains, mais vous semblez vraiment pas être au meilleur de votre forme.

L’inconnu me lança un regard que je jugeais comme étant plutôt étrange, mais comme ce n’était ni dans mes compétences ni dans mes envies de tenter de le décrypter, je haussais vaguement les épaules. Je remarquais seulement à cet instant-là – cherchant à m’orienter par rapport au café que j’avais mentionné – que nous nous étions arrêtés au beau milieu du passage, à la jonction de plusieurs allées, qui plus est. Peu soucieuse du dérangement que ça avait éventuellement provoqué, je pris cela comme un avantage et me hissais sur la pointe des pieds pour vérifier que la direction que je pensais être celle qui nous amènerait au bon endroit était bien bonne. Rassurée sur ce point, je changeais mon trajet initial pour emprunter l’allée à ma droite, qui d’ailleurs n’échappait pas à l’afflux de gens écumant le marché. Mais le plus rapide serait le mieux, et avec un peu de chance, nous pourrions sortir sans plus de difficultés.

Je slalomais entre les différentes personnes à ce qui me semblait être une allure d’escargot, mais je me trouvais forcée de faire toujours attention à ce que je tenais, ainsi qu’à ne pas perdre l’inconnu qui, je l’espérais, me suivait bien. Je ne voulais pas prendre le risque de m’arrêter pour le vérifier, des passants, tout comme lui, pouvant me rentrer dedans. Et puis, j’étais toujours désireuse de me sortir de là au plus vite.

Ce fut un réel soulagement lorsque nous atteignîmes enfin un bout une sortie du parc en lui-même, et donc ainsi du marché. Les rues alentours étaient lieu de fréquents passages également, mais au moins nous étions hors d’Hyde Park. Je n’avais pas tant de difficultés que ça à être entourée, mais il m’arrivait souvent de saturer, au bout d’un moment. Surtout lorsque je ne pouvais pas m’échapper rapidement.

Je tournais vivement la tête de droite à gauche pour vérifier que je ne m’étais pas trompée, et fus ravie d’apercevoir à une vingtaine de mètres de là où je me tenais, de l’autre côté de la rue, le café auquel j’avais pensé. Je me décalais un peu pour ne pas boucher le passage et fus assez estomaquée de découvrir que l’inconnu, qui risquait de ne plus vraiment l’être d’ici peu, avait encore quelques mètres de retard. Remarquez que vu ma lenteur, il avait certainement pu avoir le temps de s’arrêter à certains stands en passant pour regarder ce qui était proposé. Ou il était naturellement lent. Ce qui devenait inquiétant, car il ne semblait pas excéder la trentaine. Je sais que je lui avais dit en gros de se ménager, mais il ne fallait pas pousser.

J’attendis patiemment qu’il me rejoigne pour lui désigner l’endroit où nous pourrions avoir accès à des boissons chaudes dans un calme relatif :

- C’est là-bas. Il ne reste pas des masses de chemin à faire, ça va aller ? lui demandai-je, en voyant qu’il semblait vraiment pas tellement en forme et parce que la question m’était venue tout naturellement.

Il me rassura sur le dernier point, et comme je n’avais pas lieu d’insister, ne le connaissant pas, je me remis en marche, tenant toujours précautionneusement la crèche. Ce ne fut qu’une fois arrivée, débarrassée de mes paquets et enfin assise que je remarquais que je commençais à avoir sérieusement mal aux jambes, à piétiner ainsi depuis un moment. Tout en retirant mon manteau et mon écharpe, j’enveloppais le lieu du regard, notant les décorations ajoutées, en raison des fêtes qui approchaient. L’endroit était plutôt rempli, mais pas non plus bondé, ce qui nous avait permis de trouver une table libre un peu à l’écart. Installé confortablement en face de moi, le jeune homme avait gardé son écharpe alors que les lieux étaient bien réchauffés à mon goût. Mais passant ce détail, je préférais reprendre la parole pour enfin savoir comment je pouvais le dénommer :

- Je m’appelle Hanna, au fait. Et vous ?


Dernière édition par Hanna Sharps le Lun 22 Avr - 12:25, édité 1 fois
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