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 Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan

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    Date de Naissance : 27/05/1986

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MessageSujet: Re: Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan    Dim 9 Déc - 14:49

Elle avait fait rebasculer son regard sur Iwan en disant ses derniers mots et avait pu constater de ses propres yeux les réactions que ses paroles avaient engendrées. Manifestement, ce n’était pas encore aujourd’hui qu’elle pourrait postuler pour un emploi de diplomate. Le jeune homme avait l’air plus qu’exaspéré et irrité par elle. Il semblait totalement abasourdi par ce qu’elle disait, sûrement à cause de l’écart de pensées qu’il existait entre eux. Pinçant les lèvres avec résignation, Sophia attendit en silence qu’il exprime ce que son visage présageait.

- C’est vrai que vous êtes sincèrement à plaindre, attaqua-t-il en grondant presque. Vous avez peur d’être un robot, ou peut-être un extraterrestre, qui sait, en réalisant que vous êtes incapable d’éprouver des sentiments. Pauvre de vous. Ca ne doit pas être facile tous les jours.

Elle faillit lever la main pour l’interrompre et amener quelques atténuations à ce qu’il venait de dire mais la colère qui était clairement perceptible dans le ton de sa voix l’invita à garder le silence. Plus tard, elle pourrait éventuellement lui préciser ce qu’il avait mal compris et s’excuser de s’être mal exprimée – pour éviter de davantage encore le braquer en sous-entendant qu’il était peut-être un peu idiot ; chose que la jeune femme le savait ne pas être.

- Vous voulez savoir pour éprouver quelque chose et je suis censé être celui qui va tout déclencher ? Vous me faites un grand honneur, là, poursuivit-il avec l’âpreté qu’elle semblait si douée à lui inspirer. Je ne sais pas si je peux être aussi spontané que vous semblez tant le vouloir, mais ce dont je doute le plus, c’est de si vous, parmi tous les autres, vous méritez de savoir. Méritez-vous que je déterre mon passé dont j’ai tant de mal à me défaire aujourd’hui encore ? Je ne pense pas. Vous êtes une scientifique en mal de savoir. Et une femme qui a réalisé que son côté émotionnel est fortement réduit. Mais ça ne veut pas dire pour autant que vous méritez cet effort de ma part. Surtout pas après le harcèlement que vous m’avez fait subir.

Sophia eut l’impression qu’on atteignait enfin le fond du problème, le véritable, celui dont ils n’avaient conscience ni l’un, ni l’autre avant de se confronter et qui les animait pourtant depuis le début. La notion de mérite était primordiale dans les rapports humains et la brune pouvait parfaitement entendre qu’elle n’avait pas gagné le droit de demander le moindre effort à Iwan sur un sujet aussi sensible que celui qu’elle voulait lui faire aborder. Cela ne l’empêcherait pas de faire en sorte de rentrer dans ses bonnes grâces, suite à ça, mais c’était un argument qu’elle jugeait parfaitement légitime.

- Puisque vous avez fait des recherches, vous savez les catégories de personnes envoyées au camp, dit-il soudain en captant d’autant plus l’attention de son interlocutrice. La plus grande part n’avait que le malheur d’être nés dans les mauvaises familles, avec des origines différentes. Ou d’être homosexuels. Comme si on choisissait où l’on naît et nos préférences. Mais ce n’était pas mon cas. Mon homosexualité n’a jamais été la cause de mon envoi pour le camp. Être né de l’alliance d’un père allemand et d’une mère polonaise non plus.

Les yeux de Sophia se foncèrent malgré elle. Elle n’avait jusque là pas eu accès à ces informations et espérait qu’il ne pense pas que c’était à cause de ces critères de ‘choix’ qu’elle l’avait sélectionné. L’unique raison qui l’avait poussée à le harceler, lui, était qu’il y avait été et que cela ne faisait pas si longtemps que ça, au fond. Toutefois, elle continua à garder le silence, sentant qu’il atteignait le sujet qui l’intéressait tant.

- A quatorze ans j’ai officiellement rejoint la Résistance française. Six jours plus tard, mon père et moi devions tuer un haut gradé allemand. Je n’ai pas commis l’acte en lui-même, mais j’ai participé à l’attentat. Qui m’a valu un aller simple pour le camp, au lieu d’être fusillé sur place comme mon père. Très longtemps j’ai souhaité qu’ils m’aient tué directement, moi aussi, plutôt que de m’envoyer mourir à petit feu et en souffrant atrocement. Mais j’étais en pleine croissance et robuste, donc utile à leur projet où ils avaient besoin de main-d’œuvre.

Sophia avait la bouche légèrement entrouverte tant elle était prise dans le récit. Il était succinct mais elle arrivait étonnamment bien à imaginer la scène, portée par le ton emphatique d’Iwan et son regard presque noir qui servait de toile à ses propos. Elle voyait très bien les nazis le considérer d’un œil appréciateur, envisageant ses qualités physiques et ce qu’ils pourraient en tirer. Elle comprenait même leur état d’esprit, ce besoin d’optimiser et de déshumaniser tout ce qui leur passait entre les mains et une légère crampe naquit dans son estomac. Elle choisit de ne pas y prêter attention, préférant s’intéresser à Iwan qui recommençait à s’exprimer.

- Mais peu importe. Maintenant que vous savez ça, vous voulez vraiment savoir ce que moi j’ai pu ressentir ? Je l’ai mérité, après tout, n’est-ce pas ?

Son expression agressive donna l’impression à Sophia de se trouver devant un enfant qui avait besoin d’être rassuré. Quoiqu’un adolescent eut mieux convenu à la comparaison vu la taille d’Iwan et la juvénilité de ses traits. Elle était sur le point de lui dire qu’elle ne voyait pas pourquoi il l’aurait mérité, qu’elle n’était pas là pour le juger mais il l’interrompit avec la même hargne précédemment employée :

- Attendez, je vous vois venir avec un « personne ne mérite ça » se voulant rassurant. Même si c’est vrai, cela ne serait pas très justifié de votre part de dire ça après avoir avoué ne rien ressentir sur le plan émotionnel. Vous pouvez donc vous garder un éventuel « je vous comprends » aussi. Surtout qu’on ne peut que l’avoir vécu pour le comprendre.

Sophia leva les yeux au ciel mais retint le soupir qui menaçait pourtant de lui échapper. Iwan avait compris les choses les plus importantes à son sujet mais il lui manquait encore quelques trucs à intégrer tels qu’elle ne disait pas de mensonges et donc, généralement pas de banalités. Qu’il ait pu penser qu’elle allait dire quelque chose dans ce genre titillait son égo mais elle fit en sorte de passer outre puisque, après tout, il avait quand même bien avancé dans le processus qu’elle avait voulu entamer.

- Alors, qu’avez-vous à répondre ou à redire à ça ? demanda-t-il et Sophia eut de nouveau l’impression de se trouver face à un adolescent qui veut pousser ses parents à bout.

Malheureusement, le sujet qu’ils évoquaient était autrement plus grave qu’une vague rébellion adolescente et Iwan n’avait pas choisi ce qui lui était arrivé.

- Je ne crois pas que ce soit à moi de juger si vous avez mérité la moindre chose vous étant arrivée, que ce soit à ce niveau ou à n’importe quel autre, commença-t-elle à dire. Je ne suis pas là pour vous condamner ou vous gracier. Je n’ai pas ce pouvoir et je n’en voudrais pas. Je m’intéresse aux faits bruts. Mon côté coincé me permet cette distance et donc, j’aimerais toujours savoir ce que vous avez pu ressentir, en effet. D’ailleurs, je tiens à vous remercier de m’avoir raconté les circonstances qui vous ont fait être enfermé ; surtout que je n’avais pas la moindre idée là-dessus. Je crois que je supposais bêtement que vous étiez juif.

Elle parlait d’un ton égal. Elle ne craignait pas ses réactions. Il était déjà énervé, après tout, et ne paraissait pas prêt de pleurer donc elle se disait qu’elle n’avait vraiment plus rien à perdre avec lui. D’autant plus qu’il avait commencé à évoquer ce passé qui l’intéressait tant. Il aurait été plus que dommage de ne pas essayer de s’infiltrer dans la brèche.

- Qu’est-il arrivé à votre mère ? demanda-t-elle ainsi de but en blanc. Votre père est mort fusillé mais vous n’avez pas précisé ce qu’il en était de votre mère. Etait-elle aussi dans la Résistance ?

Elle n’avait pas non plus peur de parler de sujets aux allures douloureuses puisqu’Iwan ne se gênerait pas de la renvoyer dans ses buts, si jamais elle dépassait les bornes. Chose qu’elle faisait vraisemblablement continuellement au vu des réactions du jeune homme. Aussi ne pas oser poser de telles questions dans leur situation aurait été absolument stupide du point de vue de la curiosité scientifique. Même si là, c’était davantage de sociologie historique dont il était question.

- Et, reprit-elle rapidement, aviez-vous des frères et sœurs ?


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MessageSujet: Re: Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan    Mar 1 Jan - 14:43

La pluie continuait de battre les carreaux, mais je n’en percevais le bruit que très distraitement. Cette satanée Sophia Leiden m’avait vraiment poussé à bout, et avait même réussi à me faire lâcher des aveux sans que je ne m’en rende réellement compte, sur le moment. J’osais espérer qu’ils lui suffiraient, qu’elle me laisserait en paix, après ça. Mais c’était, bien entendu, trop demander.

- Je ne crois pas que ce soit à moi de juger si vous avez mérité la moindre chose vous étant arrivée, que ce soit à ce niveau ou à n’importe quel autre.

Je ne fus même pas vraiment content de ses dires, puisque je jugeais normal qu’elle n’ait rien à redire à ce sujet-là. Elle n’avait pas vécu à cette époque-là. Elle n’avait pas vécu certains jours en ayant que très peu à manger, ni vu le départ de voisins dénoncés pour avoir eu le simple malheur d’être juifs. Ses parents étaient certainement encore vivants, qui plus est. Elle avait vécu à une époque où les Guerres mondiales étaient révolues. Alors non, elle n’était pas en droit de juger.

- Je ne suis pas là pour vous condamner ou vous gracier. Je n’ai pas ce pouvoir et je n’en voudrais pas. Je m’intéresse aux faits bruts. Mon côté coincé me permet cette distance et donc, j’aimerais toujours savoir ce que vous avez pu ressentir, en effet. D’ailleurs, je tiens à vous remercier de m’avoir raconté les circonstances qui vous ont fait être enfermé ; surtout que je n’avais pas la moindre idée là-dessus. Je crois que je supposais bêtement que vous étiez juif.

Je ne répondis rien, appréciant, sans trop savoir pourquoi, qu’elle se remette en cause, mais surtout qu’elle n’en sache pas autant que ce qu’elle prétendait. Elle était heureuse que je lui aie raconté ça ? Tant mieux. Si maintenant elle voulait bien me lâcher la grappe, elle ne serait pas la seule à être contente de quelque chose aujourd’hui.

- Qu’est-il arrivé à votre mère ? Votre père est mort fusillé mais vous n’avez pas précisé ce qu’il en était de votre mère. Etait-elle aussi dans la Résistance ?

Je me raidis à ses propos, absolument pas préparé à de telles questions. Elle n’avait pas le droit. Pas le droit d’évoquer mes chers parents défunts, et surtout pas ma mère. Mes poings se serrèrent d’eux-mêmes et je me tournais vers la fenêtre pour ne pas avoir à faire face à l’autre, qui continuait de m’interroger à propos d’éventuels frères et sœurs, cette fois. Je ne voulais pas voir la jeune femme capable d’aborder les points les plus sensibles avec un sérieux implacable et sans le moindre remords. Parce que j’avais bien peur de devenir violent si elle continuait ainsi, même si ce n’était pas dans ma nature. Elle n’éprouvait rien. Je n’étais qu’un pauvre gars qui avait eu le malheur de réchapper aux camps de concentration et qui pouvait assouvir sa curiosité scientifique à ce sujet. Qu’elle aille crever. Elle en savait déjà bien assez.

Je fis un nouveau tour sur moi-même pour l’avoir dans mon champ de vision, les jointures blanchies et ce qu’il me restait d’ongles me rentrant dans la peau. Je ne cherchais même pas à cacher à quel point elle me portait sur les nerfs, à quel point le sujet était sensible et douloureux. Elle me détaillait comme tout bon scientifique, et je songeais au fait qu’elle me considérait certainement comme un insecte qu’elle observait sous son microscope. Un insecte qu’elle tâtonnait pour voir ce qui le faisait le plus réagir, quels étaient les points les plus sensibles. Et bizarrement, cette désagréable image me permit enfin de reprendre la parole :

- Je vous ai déjà assez bien répondu. Foutez-moi la paix.

Je m’avançais à grandes enjambées vers la porte, ne réfléchissant pas plus loin que le bout de mon nez, puisque mon seul désir était d’être le plus éloigné possible de la demoiselle Leiden. Je m’acharnais un instant sur la poignée de la porte qui ne voulait pas s’ouvrir, tandis que du coin de l’œil, je voyais Sophia se lever brusquement. Et puis la réalité me sauta aux yeux. Elle nous avait enfermés. Mes mains, que j’avais rouvertes un instant auparavant se refermèrent à nouveau en poings, sous la colère. Sophia arrivait décidément à me porter sur les nerfs de bien des façons. Mais je restais cependant juste assez lucide pour me souvenir subitement de mon précieux anneau qui me permettait de voyager dans le temps.

Quelques secondes plus tard je me retrouvais à nouveau seul, toujours dans le futur, mais de quelques années de plus. Tout était calme. Et noir. Mes yeux s’accoutumèrent en quelques minutes, et je me rendis compte que j’avais relâché la pression sur mes mains par la même occasion. Je me sentais toujours aussi tendu, et la « discussion » que j’avais eue avec Sophia n’avait rien arrangé. D’ailleurs, il était bien possible qu’elle débarque d’un instant à l’autre. Ou qu’elle ait finalement un minimum de bon sens et qu’elle décide qu’elle avait assez poussé le bouchon. Je ne savais toujours pas pourquoi diable j’avais fini par lui révéler de telles informations. Elle était la première personne vivante au courant. La seule qui avait réussi à m’arracher, sous la colère, des souvenirs, et un peu de ce que j’avais pu éprouver. Et cette prise de conscience me fit tourner la tête, autant physiquement que moralement.

Une petite voix m’avait bien chuchoté que je ne pourrais jamais tout garder pour moi. Qu’un beau jour, il faudrait que j’en parle. Je n’en avais pas tant dit que ça, mais juste ce qu’il fallait pour que la porte longtemps restée close sur mes souvenirs finisse par s’ouvrir. D’un seul coup. Et sans ménagement. Les images affluèrent, et je revis ma mère, mon père, le camp. Je ressentis un creux au ventre, alors que je me savais en bonne santé. La faim. Le froid. La mort. J’avais eu la chance de réchapper de cet enfer, mais il avait continué de me torturer, inlassablement. Je faisais encore des cauchemars, malgré mon acharnement à garder cette fichue porte fermée. Mais j’avais l’impression que jamais ils n’étaient venus avec autant de force que ce flot de souvenirs.

Je fus forcé de m’asseoir, à même le sol, sans faire vraiment attention où je me trouvais précisément. J’étais bien trop occupé à me débattre avec mon esprit que je savais impossible à détourner de ces sombres pensées maintenant. Je me souvenais du jour précis où j’avais pu mettre fin à mon calvaire. Le 7 juin 1943, j’avais fait un bond de soixante-quatre ans en avant. Les touristes qui m’avaient remarqué, alors que j’étais complètement désorienté et que je me demandais bien où diable j’avais pu atterrir, n’avaient rien dit sur ma tenue, trop affolés par mon état. Par ma maigreur, mes côtes saillantes, l’absence de gras sur le corps, mes joues creusées, mes yeux enfoncés dans leurs orbites. On m’a conduit à l’hôpital, on m’a demandé qui j’étais, ce qui m’était arrivé. Et j’étais incapable de parler. De comprendre. J’avais bien cru être arrivé au Paradis. Sacrément amoché, mais au Paradis.

Mais une pensée en amenant une autre, ma colère, qui commençait à tomber, se raviva quand je revis mentalement le mauvais traitement qu’on nous avait fait subir. L’absence de pitié, de compassion de la part des êtres immondes qu’étaient nos bourreaux. On nous avait bien fait comprendre que nous n’étions des moins que rien, que nous n’étions plus des hommes. Et j’aurais sans doute fini par y croire s’il n’y avait pas eu quelqu’un comme Jean, éternel optimiste. J’espérais qu’il avait fini par s’en sortir, sans trop y croire. Il avait sans doute été tué, de fatigue, de maladie, ou lâchement abattu dans le dos par un soldat qui s’ennuyait, et qui prétendrait que le détenu avait fait quelque chose de mal. Ils avaient toujours une bonne raison, quelle qu’elle soit.

Je secouais la tête lorsque mentalement je revis la pendaison de deux hommes qui avaient tenté de s’enfuir, lors d’un bombardement, mais qui avaient été rattrapés. J’étais furieux. Contre le monde entier. Je me relevais précipitamment, n’y tenant plus. J’avais besoin d’air frais, et sans tarder. Mais alors que je m’avançais pour sortir, la porte que je comptais passer s’ouvrit sur Sophia. Elle était de retour, visiblement toujours aussi peu encline à abandonner. Puisque l’énervement ne semblait pas avoir d’effet sur son acharnement, peut-être que le silence le pourrait, lui. Mais je doutais de tenir bien longtemps sans m’emporter à nouveau. Et rien qu’en me barrant la route lorsque je tentais de la contourner, en me retenant de toute remarque, je sus que les mots avaient de forts risques de jaillir à nouveau. Je me retenais difficilement mais reculais et lui demandais d’un ton excédé mais moins colérique qu’auparavant :

- Qu’est-ce que vous me voulez encore ?

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“They were simply another stable thing that he could enjoy. See, the beauty of numbers was that they had been around forever and they belonged to no one. Their meanings, orders, and interpretations had never changed. One plus one always equalled two. Not once had three never decided that it was going to be the answer to one plus one; it didn't work that way. Numbers were universal, but, at the same time, like rules, numbers could be manipulated to fulfill the needs of men. It was simple yet complex, and exactly the way he liked it.”


Dernière édition par Iwan Koslow le Lun 22 Avr - 16:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan    Jeu 4 Avr - 19:13

Iwan se ferma immédiatement. La brèche que sa fureur avait ouverte s’était bouchée aussi vite qu’elle était apparue. Sophia ne perdit pour autant pas espoir. Elle l’observa s’éloigner d’elle pour se rapprocher, encore, de la fenêtre. Elle observa ses poings serrés. Elle observa la rigidité de sa tenue. Pour la première fois, elle se demanda si sa démarche apporterait réellement le moindre bien au jeune homme.

Quelques secondes passèrent avant qu’Iwan ne fasse volte-face vers elle. Ses poings ne s’étaient pas desserrés. Toute la douleur du monde paraissait peser sur ses épaules, toute la colère de l’humanité paraissait transparaître sur ses traits. Sophia inspira doucement. Elle ne voulait pas qu’il voie qu’elle se mettait à douter : cela fragiliserait sa crédibilité et vouerait assurément l’expérience à l’échec. Or, cela était simplement hors de question.

- Je vous ai déjà assez bien répondu. Foutez-moi la paix.

Il se hâta vers la porte tandis que Sophia se disait que la brèche qu’elle avait aperçue ne s’était finalement pas refermée. Il pensait certainement l’avoir fait, ceci dit, mais qu’il prenne le temps de continuer à lui répondre prouvait qu’il était finalement rentré, sûrement malgré lui, dans le processus de réponse. La thèse de la politesse était exclue en raison de son langage. Elle l’entendit secouer la porte, désirant l’ouvrir mais n’y parvenant pas, et songea que la fureur qui l’animait finirait par se dissiper rapidement : elle était trop violente pour continuer à exister sans le fatiguer. Une nouvelle fois désireuse de se trouver hors de portée de lui, pour le cas où sa colère le pousserait à un geste stupide, elle se leva et l’observa, debout au milieu de la pièce. Ses yeux revinrent sur ses mains, les trouvèrent ouvertes, en furent surpris (était-il déjà résigné par la fatigue ?) puis constatèrent qu’ils avaient vu trop vite : les poings, féroces et dangereux, étaient réapparus. Sophia leva le regard sur le visage d’Iwan. Elle savait qu’il n’était pas réellement violent par nature mais si elle ne l’avait pas su, la douceur juvénile dans ses traits le lui aurait dit. Ce point était loin d’être scientifique, elle en était consciente, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être frappée par le regard franc du jeune homme et c’est ainsi que se traduisait ce « choc ».

Toutefois, même si Iwan n’était pas déterminé à la frapper, il n’en était pour autant pas prêt à abandonner. Sophia le constata lorsqu’il disparut une nouvelle fois dans le temps. Sans perdre une seconde, aussi résolue à le rattraper qu’il était à la fuir, elle rejoignit la cellule de localisation et se propulsa, grâce à elle, dans le futur où Iwan avait choisit de trouver refuge. Elle courait dans les couloirs comme si sa vie en dépendait, désirant retrouver son témoin le plus vite possible. Elle y parvint au moment où il paraissait s’avancer vers la porte qu’elle franchissait. L’obscurité du laboratoire la surprit et elle eut le réflexe de chercher à tâtons l’interrupteur mais immobilisa sa main à quelques centimètres de lui : l’obscurité n’était pas totale et permettrait peut-être à ses rapports avec Iwan de prendre une autre direction.

Loin de donner l’impression de penser la même chose, le jeune homme s’avança vers elle, sa haute silhouette s’approchant pour la dépasser et elle réagit automatiquement en s’acharnant à l’empêcher de partir. Son réflexe se révéla bénéfique parce qu’Iwan recula de quelques pas, l’air de toujours autant la détester, et abandonna le silence qui les liait depuis qu’il lui avait demandé de lui « foutre la paix ».

- Qu’est-ce que vous me voulez encore ? demanda-t-il et son ton, même s’il était encore loin d’être calme, parut moins agressif aux oreilles de Sophia.

Elle avança dans la pièce, de façon à pouvoir refermer la porte derrière elle, et s’empressa de prendre la parole à son tour :

Est-ce que cela vous dérange si j’allume la lumière ?

Elle savait qu’Iwan risquait de trouver sa demande bien ironique en raison de l’acharnement qu’elle mettait à ignorer ses vœux de tranquillité mais, comme pour elle il s’agissait de deux plans parfaitement distincts, n’en ressentait aucune honte. Quelques secondes de silence passèrent. Elle comprit qu’il ne lui répondrait pas tant qu’elle, elle ne l’aurait pas d’abord fait. Elle hocha légèrement la tête pour elle-même. Ca lui semblait cohérent.

Je ne veux rien d’autre que ce que je demande depuis le début : des réponses à mes questions. Soit, je ne poserai plus de questions sur votre famille (pour le moment, ajouta-t-elle à sa propre intention) mais j’aimerais que vous me disiez si vous estimez que tous les nazis, qu’ils soient officiers ou simples soldats, sont tous à loger à la même enseigne.

La question était en apparences facile. N’importe qui, en deux mille onze, aurait pu y répondre en disant que tous les nazis ne l’étaient pas par idéologie mais par absence de choix. Iwan pouvait partager leur point de vue, sincèrement ou non, tout comme il pouvait avoir le sien, totalement différent. En vérité, Sophia n’y accordait pas de réelle importance. Cette question servait de test et pouvait lui permettre de reprendre de manière plus diplomate sa recherche. Le risque, cependant, était qu’Iwan pensât qu’elle le considérait comme un débile et que le but de toute cette affaire n’était en vérité pas aussi légitime que ce qu’elle voulait faire croire. Afin de dissiper ce risque, elle ajouta qu’elle voulait savoir s’il avait lui-même eu un quelconque contact positif avec un membre actif du troisième Reich.

Peut-être par le biais de votre père ? Il était officier allemand avant l’accession d’Hitler à la chancellerie, si je ne m’abuse, il avait peut-être gardé des contacts, futurs enrôlés nazis dans l’armée ?

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MessageSujet: Re: Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan    Lun 28 Oct - 21:45

Est-ce que j’avais la moindre chance de me défaire de cette sangsue de Sophia Leiden ? J’en doutais fortement. Cette satanée bonne femme s’acharnait à me poursuivre partout où j’allais. Et en un sens, si ce n’était pas de la torture à proprement parler, ça devenait franchement plus qu’agaçant. Et encore, je mesure mes mots. A cet instant-là, j’en avais plus que marre de cette jeune scientifique qui voulait savoir ce que ça avait été d’être enfermé dans un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle n’avait pas conscience de ce que j’entreprenais déjà dans ma vie quotidienne pour m’échapper de mes souvenirs, sans qu’en plus elle ne vienne les faire remonter à la surface. Elle venait tout foutre en l’air, chaque fois que je la voyais. Mes moindres efforts étaient réduits à néant. Je n’allais encore pas réussir à dormir tranquillement cette nuit. Saloperie de Leiden.

- Est-ce que cela vous dérange si j’allume la lumière ? me demanda-t-elle après avoir doucement refermé la porte derrière elle.

Quoi que je puisse dire, elle allait de toute manière n’en faire qu’à sa tête. Et même si j’avais tendance à trouver l’obscurité bénéfique en ce moment, ça ne changerait rien au fait qu’elle n’allait pas me laisser tranquille maintenant, et que lumière ou non, elle resterait là. De toute façon, elle n’avait pas répondu. Je ne voyais franchement pas pourquoi elle, elle pourrait ignorer mes questions et moi non, aussi puéril que cela puisse paraître.

- Je ne veux rien d’autre que ce que je demande depuis le début : des réponses à mes questions. Soit, je ne poserai plus de questions sur votre famille, mais j’aimerais que vous me disiez si vous estimez que tous les nazis, qu’ils soient officiers ou simples soldats, sont tous à loger à la même enseigne.

Si le début ne m’étonnait pas, je reconnus être un peu étonné qu’elle laisse finalement tomber le sujet sur ma famille. Ce n’était franchement pas pour me déplaire, bien au contraire, et même si je ne tenais pas vraiment à m’entretenir de quoi que ce soit avec elle, c’était toujours bon de savoir qu’elle ne reviendrait pas sur un sujet qui m’était particulièrement douloureux. Quant à sa question… Je n’avais pas la moindre idée de comment y répondre. Je n’y avais pas pensé depuis un moment, à vrai dire, et le fait que je puisse voyager dans le temps avait quelque peu changé ma perspective à ce sujet. Mais dans le fond, ne cessais-je pas de leur en vouloir pour leur cruauté sans bornes envers nous qui étions des êtres humains ? Ou du moins, l’avions été. J’avais vu des hommes ne plus vraiment en être, devenir plus des loques qu’autre chose. Leurs mouvements étaient saccadés par l’habitude et le peu de force qu’ils avaient encore. Ils agissaient comme des robots. Certains avaient l’air de n’être là plus que physiquement parlant. Et tout ça à cause d’eux. C’était leur faute si nous étions devenues de vraies loques, et pas au sens qu’on emploie le mot maintenant. Comment ne pas leur en vouloir ? Comment ne pas détester ces gens, alors qu’il y avait tant matière à ne leur souhaiter que de brûler en enfer ?

Sophia me sortit plus ou moins de mes sombres pensées en reprenant la parole, demandant si toutefois j’avais eu un contact positif avec un Allemand à cette période, avant de préciser :

- Peut-être par le biais de votre père ? Il était officier allemand avant l’accession d’Hitler à la chancellerie, si je ne m’abuse, il avait peut-être gardé des contacts, futurs enrôlés nazis dans l’armée ?

Alors même qu’elle venait de préciser qu’elle ne reviendrait pas à ma famille, il fallait qu’elle fasse un lien avec mon père. Je n’aurais sans doute pas dû la prendre au mot lorsqu’elle m’avait assuré laisser ce sujet de côté. Elle trouverait sans doute un moyen de revenir sur sa parole et d’outrepasser cette limite. Ca m’horripilait. Qu’elle en sache autant sur mon compte n’était, qui plus est, pas à mon avantage, puisqu’elle pouvait toujours trouver une façon de tourner ses questions de manière à m’arracher des informations que je n’aurais pas voulu lui donner. Saloperie de scientifique. Comme si ce n’était déjà pas suffisant qu’elle soit si vivace d’esprit.

- Non. Pas de contacts positifs. Si mon père avait des amis allemands, il s’est toujours gardé de nous les présenter, répondis-je sans tergiverser.

« Et c’est sans doute mieux ainsi », pensais-je. Même si mon père n’avait jamais été d’accord avec les mesures prises par le gouvernement de son peuple, ce n’est que face à la dure réalité des choses que son opinion s’est affirmée, ainsi qu’au contact de ma mère, je suppose. Sans compter sa mort… Un quelconque ami membre actif du troisième Reich aurait pu nous dénoncer. Et les choses auraient peut-être été bien différentes.

Refusant de m’engager dans cette direction parce que j’avais appris depuis bien longtemps qu’il ne servait à rien de se demander « et si… ? », je comblais le silence naissant en étayant un peu :

- Je ne porte certainement pas les Allemands dans mon cœur. Enfin, tout du moins, les SS. Ce sont des monstres, à mes yeux. Difficilement des hommes. Quant aux autres… Non. Ils ne sont sans doute pas tous à loger à la même enseigne. Mais je ne sais pas si j’aurais dit ça il y a plusieurs années... Je fis une pause avant de poursuivre, me remémorant soudainement les prisonniers allemands, puis des collabos, allemands comme français : ils ne sont certainement pas les seuls à blâmer. J’ai haï les Allemands, sincèrement. Mais les Français n’étaient pas mieux placés…

Je commençais à divaguer, et je peinais même dorénavant à me souvenir si je répondais bien à ce qui m’était demandé, mais, pour être honnête, je n’en avais rien à faire. Je sentais que ma colère commençait à tomber au profit de la lassitude, sans savoir ce qui avait provoqué ce changement en particulier. Cette satanée bonne femme n’allait pas me lâcher la grappe de sitôt, alors lui répondre, même si c’était bien la dernière chose que j’avais envie de faire, me permettrait peut-être davantage de liberté. Et je ne réalisais même pas encore, sur le moment, le flot d’informations que je lui avais déjà données, sous la colère. Toutes ces choses que j’avais pris soin de garder pour moi. Sophia en savait plus qu’assez. C’était relativement étonnant qu’elle n’ait pas rebondi sur le sujet, mais, ne cherchant certainement pas plus loin, je profitais justement du silence qui régnait pour lui faire savoir que je n’avais pas l’intention de m’étendre là-dessus :

- Ecoutez, je pense que je vous en ai largement assez dit. Vous m’avez suffisamment pourri la vie comme ça, et maintenant vous avez vos réponses. J’aimerais juste que vous me fichiez la paix maintenant. Je pense avoir vécu un enfer assez terrible sans qu’on en rajoute une couche.

J’eus l’idée spontanée de vouloir repartir dans le temps, mais sachant que ça pouvait encourager l’autre scientifique à enchérir de plus belle, je pris pour une fois le temps d’écouter ma raison – ce qui était bien la preuve que mes émotions se tassaient sérieusement. Je décidai de lui laisser quelques minutes avant de changer d’avis et de tout bonnement m’en aller. Mais de toute manière, je n’avais pas l’intention d’ajouter quoi que ce soit. Et j’espérais bien qu’elle allait le comprendre. Même si j’en doutais sérieusement.

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“They were simply another stable thing that he could enjoy. See, the beauty of numbers was that they had been around forever and they belonged to no one. Their meanings, orders, and interpretations had never changed. One plus one always equalled two. Not once had three never decided that it was going to be the answer to one plus one; it didn't work that way. Numbers were universal, but, at the same time, like rules, numbers could be manipulated to fulfill the needs of men. It was simple yet complex, and exactly the way he liked it.”
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MessageSujet: Re: Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan    Jeu 2 Jan - 16:01

- Non, répondit rapidement le jeune homme. Pas de contacts positifs. Si mon père avait des amis allemands, il s’est toujours gardé de nous les présenter, continua-t-il aussitôt.

Sophia resta silencieuse, attendant de voir où tout cela allait les mener. Iwan paraissait avoir décidé de parler et elle ne voulait surtout pas briser sa dynamique d’expression. Il lui semblait entrevoir quelque conflit mystérieux en lui, auquel il ne lui fallait surtout pas toucher. En tout cas, une chose lui apparaissait comme certaine : ce n’était surtout pas le moment de tenter une approche par l’allemand.

- Je ne porte certainement pas les Allemands dans mon cœur, reprit Iwan au bout d’un court instant. Enfin, tout du moins, les SS. Ce sont des monstres, à mes yeux. Difficilement des hommes. Quant aux autres… Non. Ils ne sont sans doute pas tous à loger à la même enseigne. Mais je ne sais pas si j’aurais dit ça il y a plusieurs années...

Mentalement, Sophia compléta les notes qu’elle avait sur Iwan, en y ajoutant sa capacité d’analyse et de recul qui se manifestait clairement à l’heure actuelle. Il était flagrant qu’il avait passé des heures à penser, plus ou moins volontairement, à tout cela et qu’il avait eu l’intelligence de ne pas réduire ses pensées à sa colère, sa douleur… Il était bel et bien l’individu parfait pour un compte-rendu sur la seconde guerre mondiale, du point de vue des opprimés. Le hasard faisait donc bien les choses. Parfois.

- Ils ne sont certainement pas les seuls à blâmer, poursuivit-il sans donner l’air de réellement s’intéresser à elle ou à ce qu’elle était en train de penser. J’ai haï les Allemands, sincèrement. Mais les Français n’étaient pas mieux placés…

Les doigts de Sophia se mirent à s’agiter tandis qu’elle plongeait petit à petit dans un état avancé de concentration, portée par les données qu’elle avait déjà en sa possession et celles qu’Iwan consentait finalement à lui livrer. Il le faisait sans fard, sans honte, très simplement et avec une honnêteté qui était somme toute parfaite au vu des circonstances. Il dépassait les questions pour simplement dérouler un écheveau de pensées, qui recouvraient différents domaines mais appartenaient au même thème : le nazisme, sa réalité et ses conséquences. Précisément ce que Sophia avait pour ambition d’étudier afin de le comprendre, de le rationnaliser et de, peut-être, pouvoir se rapprocher de l’humanité par son biais.

- Ecoutez, je pense que je vous en ai largement assez dit, dit soudain Iwan, après une nouvelle courte pause. Vous m’avez suffisamment pourri la vie comme ça, et maintenant vous avez vos réponses. J’aimerais juste que vous me fichiez la paix maintenant. Je pense avoir vécu un enfer assez terrible sans qu’on en rajoute une couche.

Le ton de sa voix était différent de ceux qu’il avait eus jusque là. Il n’y avait plus de colère, plus de vie. Uniquement, une profonde lassitude. Sa tenue, elle-même, avait changé et derrière ses larges épaules, légèrement fléchies, Sophia entrevit l’adolescent qui avait dû subir un évènement aussi dramatique. Précédemment, elle avait déjà deviné la fougue de la jeunesse dans ce jeune homme qui lui faisait face. Mais désormais, c’était bel et bien lui qu’elle voyait. Elle se rendit compte, pour de vrai, que ce qui l’avait bouleversée et tant fait réfléchir était réel, que des gens l’avaient vécu, en avaient souffert directement. Et qu’elle avait l’un d’eux en face d’elle. Ce constat la mit très mal à l’aise. Elle ne savait plus ce qu’il lui fallait faire. Il lui semblait impossible d’accéder à la requête du jeune homme en le laissant partir mais elle comprenait confusément, aussi, qu’elle ne pouvait pas – pour l’instant – poursuivre son interrogatoire. Elle abordait, désormais, la vérité de l’atrocité. Au sens derrière les mots. C’était fugace mais puissant. Et elle allait devoir gérer le phénomène pour mener à bien son expérience.

Le mouvement de ses doigts ralentit alors jusqu’à totalement disparaître. Ce qu’il lui fallait faire venait de lui apparaître. Elle n’était pas totalement convaincue que ce fût la meilleure des choses à faire dans pareille situation mais rien d’autre ne lui venait. Choisissant, par conséquent, de se fier à cette possibilité, elle recula jusqu’à ce que son dos touche la porte et son bras se leva pour appuyer sur l’interrupteur. La lumière jaillit. Grâce à elle, Sophia constata que la lassitude entendue dans le ton de voix d’Iwan se retrouvait sur son visage. Elle l’observa silencieusement quelques secondes, évaluant une dernière fois le taux de raison dans ce qu’elle allait faire, avant de reprendre la parole :

Je suis partie du principe que cela ne vous dérangeait pas, dit-elle pour commencer. La lumière, je veux dire.

Ces mots prononcés, il lui sembla qu’Iwan hésitait entre rire et hurler mais elle n’en était pas certaine et, plutôt que le lui demander, elle poursuivit :

Je sais que vous ne voulez rien avoir à faire avec la communauté Vagabonde et encore moins avec moi. Mais vous savez, de votre côté, que je ne vous lâcherai pas encore. Pour autant, mon ambition n’est pas de vous pourrir la vie. Je ne suis pas quelqu’un de méchant.

Elle fit une pause, se sentant de nouveau plutôt mal à l’aise. Elle avait l’impression de comprendre ce que « marcher sur des œufs » signifiait et cela ne lui plaisait pas du tout. Elle préférait mille fois quand elle était assurée et confiante, déterminée à en devenir horripilante. Toutefois, elle acceptait ce léger changement de sentiments parce qu’elle savait qu’outre être temporaire, c’était également nécessaire à la construction d’un véritable dialogue avec Iwan Koslow. Comme lorsqu’elle avait rencontré Ellan et comprit qu’il pourrait devenir quelqu’un de spécial pour elle, il lui fallait, une seconde fois, faire l’effort de devenir accessible pour son interlocuteur. Sans cet effort, Iwan arrêterait lui-même d’en faire, que ce soit de façon consciente ou non.

Forte de cette analyse, elle recommença à parler :

Du coup, à présent, je peux vous reconduire hors de Buckingham et nous pourrions, en suivant, aller prendre un café ensemble. Si vous acceptez, je vous fais le serment solennel de ne pas parler de ce qui a trait à votre passé. Peut-être, en revanche, voudriez-vous entendre le point de vue de mes supérieurs sur mes travaux à votre sujet ? Je pense qu’il vous plairait. Eux aussi estiment que je dépasse souvent les bornes. Si vous refusez, soit. Le choix est vôtre. Mais je tiens à vous préciser que je serai de retour dans vos pattes dès demain.

Elle se rendit brusquement compte qu’il pouvait y avoir une erreur d’interprétation vis-à-vis de ce qu’elle venait de dire et elle s’empressa d’ajouter que, quoique son choix fût, il risquait de ne pas être encore définitivement débarrassé d’elle.

Alors autant permettre à la Couronne de lui offrir un café, n’en convenait-il pas?

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Don't you wanna find out our secret ? || Sophia & Iwan

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