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 Like a Broken Arrow... Aylian III. ♥ (With Sam)

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MessageSujet: Like a Broken Arrow... Aylian III. ♥ (With Sam)   Lun 18 Juil - 11:39

Une main qui se saisit de la sienne, l'autre qui se place délicatement sur sa hanche. Un corps qui se rapproche du sien, ses doigts qui se placent doucement sur le haut du bras gauche de son partenaire. Une valse imaginaire. Un pas, suivi d'un autre sous la pluie. Une évolution aquatique, féérique. Enchanteresse.
- Vous ai-je attrapée, là ?
Un sourire. Son sourire.

* * *

Un coup de tonnerre, une réaction instinctive. Des doigts qui effleurent son dos avec tendresse. Son cœur qui bat, un peu trop vite. Un peu trop fort. Un cœur qui s'enfle de sentiments contraires. C'était comme si elle touchait les étoiles. En réalité, elle les effleurait du bout des doigts.

* * *

- Est-ce que sans la pluie nous agirions de façon identique ? Je veux dire... La pluie n’est-elle pas une protection pour nous ? Elle nous empêche de toucher l’autre directement, après tout… Grâce à elle, ce n’est pas vraiment notre épiderme qui est touché… C'est comme si nous offrions en pâture à l'autre une image de nous, pas plus...
Une question, une remarque. Une réalité. Le cœur d'Aylin qui se fige sous la véracité des mots. Et d'un coup, la peur. La peur de le perdre.

* * *

Son nez qui frôle le sien, ses lèvres qui effleurent son front. Le rythme cardiaque qui s'accélère, un sourire qui nait. Une peur qui s'apaise.
- Mais moi, je veux un peu plus qu'une image. Je crois que vous avez fini par le comprendre, d'ailleurs, malgré l'étrangeté qui demeure...
Ses yeux. Un feu d'artifices de bonheur. Et sa chute. La panique, et la douleur. Les étoiles qui s'effacent au profit des ténèbres.

* * *

Interdite, la jeune femme avait vu Maximilian glisser en bas du générateur mais figée par la panique qui l'envahissait, elle ne réagit pas immédiatement, tentant tant bien que mal de calmer les battements effrénés de son cœur. Ses yeux se fermèrent alors qu'elle respirait profondément. Garder le contrôle. Dans le silence de la nuit, la pluie continuait de tomber, inlassablement. La jeune femme prit soudain conscience de l'absence de réaction du Vagabond, ce qui signifiait qu'il devait être particulièrement mal en point, pour ne pas dire mort, mais c'était une éventualité à laquelle elle refusait de penser. Elle s'approcha donc du bord avec précaution, ne souhaitant pas rejoindre Maximilian par le chemin qu'il venait d'emprunter. Son corps gisait en contrebas, inanimé, l'un de ses bras formant un angle inquiétant. La respiration de la brune s'accéléra. Ne pas penser au fait qu'il pourrait être mort...

Elle descendit avec agilité, réfrénant les angoisses qui l'assaillaient, puis s'accroupit auprès de lui. Ses doigts cherchèrent un pouls hélas faible, qu'ils mirent un certain temps à trouver. Aylin se mordit la lèvre. L'amener à l'hôpital serait bien trop long, d'autant plus qu'elle n'avait pas son portable pour appeler du secours. Le trajet lui serait sans aucun doute fatal. Refusant de s'abandonner au désespoir qui la gagnait, elle évalua la distance jusqu'à son appartement. C'était faisable, mais cela ne l'avancerait pas à grand chose. Elle était une guerrière, pas une guérisseuse. Elle n'était pas en mesure de soigner ses blessures. Les larmes commencèrent à perler au coin de ses yeux. Des larmes de rage mêlées de peur. Le perdre lui semblait impossible... Et voici que la culpabilité commençait à la ronger. C'était de sa faute, si elle ne l'avait pas invité à danser, il ne se serait pas autant approché du bord... Pour aller encore plus loin dans les remords, c'était elle qui avait lancé ce jeu stupide. Si elle ne l'avait pas fait, il serait sans aucun doute assis à une table dans l'un des nombreux casinos de Covent Garden, en train d'amasser une véritable fortune... ou de perdre. Le hasard qui avait provoqué leur rencontre avait vraiment mal fait les choses. Le hasard, ou bien le destin ? Peut être était-elle destinée à rencontrer cet homme si... différent. Mais elle aurait volontiers échangé ce destin contre sa propre vie pour permettre au jeune homme d'être indemne.

Ses doigts vinrent caresser son visage crispé par la douleur. Il semblait inconscient, mais peut être ne l'était-il pas... Aylin n'en savait rien. Déboussolée, elle pleurait. Elle vint se blottir contre le corps du Vagabond, complètement abattue, refusant de voir le sang qui s'écoulait d'une blessure qu'il avait à l'arrière de la tête. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire amer.
- Vous n'avez pas le droit de mourir, Maximilian... Pas maintenant.
Elle venait de l'appeler par son prénom pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, et cela la fit sourire. Jusqu'à ce qu'une phrase de son frère lui revienne en mémoire. Pleurer, c'est pour les faibles Princesse. Tu ne seras jamais faible. Faible... Aylin l'avait été, de par le passé. Elle s'était même jurée de ne plus jamais l'être. Elle se devait d'être forte, pour elle, pour lui... Pour son passé, pour le futur qui se profilait, pour l'éventualité d'un amour... L'amour. Un mot qui avait longtemps été teinté de mépris et de souvenirs acides qui résonnait aujourd'hui comme une promesse... Une promesse d'avenir.
Sous la pluie, une jeune femme se relève. Elle sait ce qu'elle doit faire.
When I get older, I will be stronger...

La jeune femme, un sourire triste aux lèvres, cala tant bien que mal un oreiller derrière la nuque du brun. Le canapé avait été rapidement recouvert d'une couverture afin d'en protéger le cuir, mais l'installation du Vagabond avait été plus compliquée. Aylin avait déjà eu beaucoup de difficulté à le ramener chez elle. Descendre le blessé du toit par l'escalier de secours sans davantage aggraver son état avait été un exploit, trouver un taxi ayant accepté la course sans poser la moindre question avait tenu du miracle. Quant au fait d'amener Maximilian jusqu'à l'appartement... c'était également un miracle, encore plus extraordinaire que le premier tant la tâche avait été ardue. Trempée et les mains tâchées de sang, la jeune femme avait un air débraillé qui ne lui était pas familier. Elle avait allongé le jeune homme sur le canapé de son appartement, et calé sa tête comme elle l'avait pu. C'était alors que ses doigts étaient entrés en contact avec le liquide pourpre qui tâchait désormais sa peu pâle. Poussant un soupir, elle ferma les yeux un court instant. Rester calme. Ses yeux fouillèrent l'appartement à la recherche du téléphone. Elle s'empara du combiné et composa un numéro qu'elle avait finit par apprendre par cœur. Une sonnerie, deux sonneries, trois sonneries... Messagerie.
- Sam... Je, enfin, excuse-moi de te déranger aussi tard mais..., sa voix tremblait alors qu'elle prononçait ces mots. Elle inspira profondément, tentant de se contrôler. Écoute, je suis désolée de te demander ça, mais c'est une urgence. J'ai besoin de toi, et de ton Don... Je t'en supplie, allume ton téléphone, écoute ce message et vient...
Un sanglot mal étouffé la coupa.
- C'est une question de vie ou de mort Sam, j'ai vraiment besoin de toi, deux vies en dépendent... J'espère que tu auras ce message. À bientôt..., sa voix se brisa sur les derniers mots.
Elle raccrocha, puis respira. Elle ne pouvait plus rien faire d'autre pour l'instant... Malgré la situation, Aylin partit prendre une douche, ressentant le besoin de se détendre. L'eau chaude coula sur son corps, lavant la pluie, effaçant les souvenirs de cette maudite nuit. Le temps lui échappa, le désespoir s'envola. Le calme revint. Apaisée, elle s'habilla rapidement d'un débardeur et d'un bas de survêtement sombres avant de retourner dans le salon. Ses yeux se posèrent sur Maximilian, inconscient. Silencieusement, Aylin pria pour que Sam arrive à temps. Peut être avait-elle méprisé ses sentiments, peut être avait-elle détesté ce qu'elle ressentait auprès de cet homme. Mais en le voyant ainsi, oscillant entre la vie et la mort, toutes ces émotions négatives disparaissaient. Elle avait eu peur de souffrir à ses côtés, mais une vie sans lui était impossible. Avoir peur de souffrir, c'était avoir peur de vivre. Aylin souffrirait une vie entière pour qu'il survive. Elle serait même prête à en mourir. Sa vie sans lui n'était qu'un désert de froideur, un océan de désolations, de remords et de souvenirs. Celle avec lui était un arc-en-ciel de couleurs chatoyantes, un feu d'artifices d'émotions.

Assise au pied du canapé, elle lia ses doigts aux siens. Les secondes s'écoulèrent, les minutes s'égrainèrent. Le temps fila sans qu'elle ne s'en rende compte. Perdue dans ses souvenirs, elle ressentait la saveur de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de son corps contre le sien, les battements de son cœur à l'unisson des siens... Elle priait de toutes ses forces, implorait de toute son âme. Aylin attendait un miracle. Un miracle qui se matérialisa en trois coups frappés à sa porte.
- Entre...
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MessageSujet: Re: Like a Broken Arrow... Aylian III. ♥ (With Sam)   Lun 1 Aoû - 21:14

Dehors, le temps se déchaînait. Sam entendait distinctement les gouttes de pluie s’échouer bruyamment contre les fenêtres de son appartement, et étrangement, ce bruit l’apaisait. A dire vrai, non, ce n’était pas étrange. Loin de là ; il avait toujours aimé la pluie. Le son qu’elle produisait lorsqu’elle griffait les vitres des maisons, l’odeur qui envahissait l’air lorsqu’elle se déversait sur l’herbe en été, sa forme parfaite et pourtant unique de ses gouttes lorsqu’elles venaient heurter une surface aqueuse. Tout, il aimait tout, et ce depuis qu’il n’était pas plus haut que les placards de la cuisine de la maison Nailish, même si sa première opinion était loin d'avoir été prometteuse.

« - Papa, c’est quoi ce qui tombe du ciel là ?
- C’est la pluie, Sam, ça te plaît ?
- Non, arrête-là, j’aime pas, j’aime pas, j’aime pas ça !»


Un sourire étira ses lèvres alors que ce souvenir refaisait calmement surface. C’était sa mère qui le lui avait raconté, ponctuant son récit de sourires envers son fils, mais aussi envers son mari qui dissimulait à grande peine son hilarité. Sam avait tout d’abord était étonné de cette réaction, puis s’était trouvé quelque peu idiot, avant de finir par rire de lui-même. Il n’était encore qu’un enfant, à l’époque, alors que maintenant, il n’en était plus un. Oui, maintenant, il était grand – à tout les sens du terme. Et il aimait la pluie.

Il posa le Journal qu’il était en train de lire avec délectation au vu des critiques de la société actuelle qui s’y étalaient, et son regard se tourna vers l’unique fenêtre du salon/cuisine/bureau dans lequel il se trouvait. Ce geste lui en rappela un autre, exécuté quelques semaines plus tôt, et celui-ci lui fit penser à un endroit. Cet endroit à un moment. Ce moment à quelqu’un. A ce stade de la réflexion, son cœur bondit dans sa poitrine. L’image d’une jeune femme apparut dans son esprit, chassant le reste de ses pensées. Yeux bleus époustouflants, cheveux mouillés séchant sur des épaules fines, sourire serein et crispé à la fois. Il les revoyait comme si la scène venait de se passer. Il la revoyait, elle. Chaque jour, chaque heure, chaque minute. Elle était là, à ses côtés, sans y être vraiment. Il avait tenté tant bien que mal de résister aux sentiments qui l’envahissaient dès que ses pensées se tournaient vers cette personne, mais il avait bien vite rendu les armes ; c’était trop intense pour résister, trop intense pour occulter, trop intense pour rater sa chance. Et ceci l’étonnait, d’ailleurs. Il s’en était voulu, au début, de se rendre volontairement plus vulnérable qu’il ne l’était déjà, et de l’accepter. Il ne voulait pas souffrir une nouvelle fois, d’autant plus que les sentiments qu’il ressentait en ce moment étaient bien plus importants que ceux qu’il avait ressentis plus jeune. Mais il s’était fait à cette idée, avec une étonnante rapidité au vu de son caractère, d’ailleurs. Alors elle continuait d’être là. Toujours. Quand la reverrait-il une nouvelle fois ?

Perdu dans ses pensées, il n’entendit pas son portable vibrer, sous le journal qu’il avait déposé au sol. Il continuait de fixer la pluie, au dehors, et un second souvenir vint s’emparer de son esprit. Celui d’une seconde rencontre. Impliquant une seconde jeune femme ; devenue très importante à ses yeux. Assez importante pour qu’il s’inquiète pour elle, comme un frère le ferait pour une sœur allant plutôt mal. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, elle avait paru… Absente, et différente. Comme à chaque fois qu’il y pensait, l’inquiétude s’empara de lui, mais il repoussa ce sentiment en se disant que tout cela n’était peut-être que le reflet de son propre comportement. Car oui, il ne lui avait rien dit, pour Jillian Lishanet. Même pas une allusion. Rien.

Une soudaine pulsion guidée par la culpabilité le fit attraper son téléphone dans le but d’envoyer un texto à son amie en question pour :

1) Voir si tout allait bien.
2) Lui avouer son secret.


Fier de se montrer entreprenant, il s’apprêtait à taper sur les touches de son téléphone lorsque qu’il s’aperçut que quelqu’un avait essayé de le joindre. Et ce quelqu’un avait laissé un message.

Sam... Je, enfin, excuse-moi de te déranger aussi tard mais… Ecoute, je suis désolée de te demander ça, mais c'est une urgence. J'ai besoin de toi, et de ton Don... Je t'en supplie, allume ton téléphone, écoute ce message et vient... C'est une question de vie ou de mort Sam, j'ai vraiment besoin de toi, deux vies en dépendent... J'espère que tu auras ce message. À bientôt...

C’était Aylin. Celle à qui il pensait quelques secondes auparavant. Aylin au bord des larmes. Aylin désespérée. Aylin. Sans penser à autre chose qu’à cela, il se leva, ne prit même pas la peine d’attraper son fidèle couvre-chef, et quitta son appartement à grands pas. Il s’en voulait tellement de ne pas avoir décroché quand elle en avait besoin qu’il courut jusqu’à chez elle sans faire de pauses.

Deux vies en dépendent.

Deux vies. Lesquelles ? Celle de Aylin, celle de son amie, celle de sa presque sœur ? Il ne voulait pas y penser. Non. Il redoubla d’efforts, franchit les derniers mètres qui le séparaient de l’appartement de son amie la plus chère, et parvint à attraper la porte alors qu’un voisin la laissait battre derrière lui pour aller promener son gros chien allemand. Une fois dans le hall de l’immeuble, il préféra snober l’ascenseur bloqué quelques étages au-dessus et gravit les marches de l’escalier en colimaçon quatre par quatre. Il arriva enfin à l’endroit désiré. Traversant le palier desservant, entre autres, l’endroit où logeait son amie, il pria pour ne pas être arrivé trop tard. Il frappa à la porte sans prendre le temps de réfléchir plus longuement à la question. Un coup. Deux. Trois. Un mince silence. Puis il devina plus qu’il n’entendit un « entre… » faiblement prononcé. Instantanément, il se sentit soulagé. Elle était en vie. Aylin était en vie. C’est donc légèrement plus serein qu’il pénétra dans l’appartement. Le spectacle qui l’accueillit alors le toucha bien plus que n’importe quels paysages à couper le souffle qu’il avait eu l’occasion de capturer avec son appareil photo. Infiniment plus, oui.

Seulement vêtue d’un débardeur est d’un bas de jogging, son amie était assise à même le sol contre le canapé. Là, un homme était étendu. Immobile.

Inconscient ?

Ses doigts étaient entrelacés à ceux de son amie. Toutes les pensées de celle-ci semblaient être fixées sur cet homme, ses yeux eux-mêmes ne le quittaient pas un instant. Ils débordaient de tant de détresse et d’amour que Sam ne pu empêcher son cœur de faire un bond ; acte qu’il ne tenta ni de réprimer ni d’expliquer. Deux vies en dépendaient, avait-elle dit. Oui, à cette vue, tout devient clair.

Sans s’attarder davantage, le jeune homme se dirigea vers le centre de la pièce et, s’agenouillant aux côtés de la jeune femme qui retira ses mains de celles du blessé, il parcourut rapidement des yeux celui qui attendait d’être sauvé. Un de ses bras était visiblement en mauvais état ainsi que la plus grande majorité des côtes, mais ce n’étaient que des blessures mineures. Le plus gros de la tâche à accomplir résidait dans la large blessure sanglante à l’arrière de son crâne. Peut-être y avait-il même des dommages internes. Malgré tout, il avait intimement conscience que son Don viendrait à bout de tout cela. Oui. Son Don sauverait une vie, cette nuit. Il le savait, et, se tournant vers Aylin, il tenta de la rassurer avant que la guérison ne débute.

- Aylin, je suis là, maintenant. Et tout va bien se passer, je te le jure.

C’était un peu léger, il devait bien l’avouer. Léger, peut-être, mais vrai, alors il ne s’inquiéta pas outre mesure, d’autant plus que son amie le connaissait assez bien pour savoir qu’il ne s’embarrassait que très rarement de paroles superflues. Il posa donc sa main sur l’épaule de la jeune femme en un ultime geste rassurant, et se détourna. Fermant un instant les yeux dans le but de mobiliser la moindre parcelle d’énergie disponible dans son corps, il posa ses deux mains de part et d’autre de la tête de l’inconscient ; les blessures les plus urgentes étaient prioritaires. Une seconde passa. Puis deux. A la troisième, un faible halo lumineux d’une couleur bleutée vint éclairer ses mains en même temps que l’épiderme de l’homme qui allait bientôt être sur pieds. Le halo s’intensifia jusqu’à devenir une lumière éclatante. Sam sentit son Don parcourir ses veines. Il se laissa porter.

Une dizaine de minutes plus tard, c’était terminé, Aylin et Sam avaient devant eux un homme neuf. Oui, une poignée de minutes avaient suffi à sauver la vie d’un autre homme. C’était une idée étrange. Aussi étrange que le sentiment qui s’empara de lui. Un mélange de fierté, de joie et de reconnaissance. Fierté d’avoir réussi après son échec passé, joie d’avoir aidé son amie, et reconnaissance envers ce qui lui avait permis tout ceci. Un sourire éclaira son visage alors qu’il se levait, quelque peu ankylosé. Il regarda Aylin dont les yeux brillaient de larmes.

- Il est sain et sauf, tu n’as plus à t’en faire. Normalement, il ne va pas tarder à se réveiller! Il marqua une pause. Elle ne répondit pas ; ses mains avaient déjà repris possession de celles quittées un peu plus tôt. Il reprit : Je vais vous laisser, il me semble que ma tâche est accomplie et que ce qui va suivre ne regarde que vous. Prend bien soin de toi, Aylin, je t’appelle demain.

Sur ce, il se dirigea vers la porte d’entrée après avoir adressé un grand sourire empreint de tendresse à la jeune femme, ainsi qu’un clin d’œil. Il n’aspirait déjà plus qu’à une unique chose : marcher seul sous la pluie. Seul, ou avec Jillian Lishanet. A cette idée, il sourit. Encore.
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MessageSujet: Re: Like a Broken Arrow... Aylian III. ♥ (With Sam)   Lun 29 Aoû - 0:19


Du noir. Du noir. Rien que du noir. Du noir puis d’un coup, du vide. Comme si son esprit avait été aspiré par un autre trou noir. Maximilian se sentait flotter mais ne possédait plus de corps. Il n’était plus que du noir et du vide, rien du tout. Il était bien. Vide. Rien que du noir et du vide. Balloté au rythme de son cœur mourant.

- Vous n'avez pas le droit de mourir, Maximilian... Pas maintenant.

Une lumière brève dans le noir. Puis le vide qui reprend ses droits, l’avale. Du noir partout. Du noir autour de lui. Du noir à l’intérieur de lui. Il n’est plus que du noir et son cœur bat de plus en plus lentement. Il ne se rend compte de rien. Il se sent bien. Il glisse plus profondément dans le noir. Du noir, du noir, rien que du noir puis d’un coup, du vide. Un second creux qui l’attire à lui. Des vagues dans le creux. Comme des éclairs grisâtres dans un ciel tellement noir que c’en est indécent. Des pertes d’équilibre. Une chute inversée. De bas en haut. Maximilian est un rien agité. Le noir ne sait pas quoi faire. Il finit par le récupérer et il le serre dans ses bras avant de replonger dans le vide. Du noir. Du noir. Rien que du noir. Du noir puis d’un coup, du vide.

My body is a cage that keeps me frrom dancing with the one I love but my mind holds the key.

Du noir, du noir, puis d’un coup, du vide. Le cycle paraissait sans fin, capable de s’étirer à l’infini. Du noir, du noir puis d’un coup, du vide. Réglé comme un métronome, le phénomène était parfait. Sans y prêter attention, Maximilian sombrait de plus en plus et tout allait bien. Du noir, du noir puis d’un coup, du blanc. Il y avait un problème. Le noir refluait. Le noir commençait à se trémousser comme en proie à quelque chose de désagréable. Le noir le rejetait et le vide recommençait à s’écouler à l’envers. Les éclairs qui avaient zébré son monde noir si parfait, un peu plus tôt, revinrent avec plus de force que jamais, ils l’appelaient mais il ne voulait pas partir avec eux. Il ne désirait rien de plus que rester dans le noir, avec le vide, vu qu’il n’était rien d’autre que du noir, du noir, rien que du noir et puis un peu de vide. Malheureusement, cela n’allait pas être possible. Sans qu’il ne le sache, pas plus qu’il n’avait su qu’il avait été sur le point de s’arrêter, son organe cardiaque reprit un rythme normal et les lésions qui avaient frappé son corps étaient repérées et réparées par les éclairs de moins en moins grisâtres, de plus en plus blanchâtres. Le noir continuait de disparaître, aspiré par le vide qui l’avait si aimablement accueilli et, bientôt, Maximilian ne discerna plus que les battements agités, assourdissants de son cœur qui paraissait hurler au monde qu’il avait ressuscité. Une raideur dans sa nuque le libéra du monde sonore qui l’avait pris en otages. Doucement, étape par étape, il reprenait contact avec ses cinq sens. Ouïe. Une respiration derrière le son effréné de son cœur. Toucher. Des doigts entrelacés aux siens. Ne manquaient plus que la vue, l’odorat et le goût. L’odorat ne tarda pas à s’activer grâce au parfum léger mais envoûtant d’une peau récemment savonnée avec un gel douche à la pêche. Une peau qui, combinée au bruit de respiration et à la douceur de la main dans la sienne, donna envie au jeune homme d’ouvrir les yeux. Et lui permit ainsi de passer sur la vue. Précautionneusement, en faisant en sorte de s’habituer progressivement à la luminosité pourtant peu importante de la pièce mais tellement violente comparée au monde de noirceur duquel il venait, Maximilian ouvrit les yeux sur le joli minois d’Aylin Stevens qui l’observait, ses grands yeux bleu légèrement brillants. Le choc que cela lui causa l’obligea à refermer les paupières quelques secondes mais il pressa doucement les doigts entremêlés aux siens pour signifier à la brune qu’il était toujours avec elle. Il lui fallait juste un peu de temps pour se remettre les idées en place. Déjà, remonter le temps pour identifier la dernière chose dont il se souvenait. Se concentrant, il revit des flashes-back de leurs retrouvailles, ressentit la pluie sur son visage, ses vêtements et revécut le contact du corps de la jeune femme tout contre le sien. Le flot d’émotions l’étourdit. Il eut l’impression de sombrer à l’intérieur de lui-même. Peu désireux de se laisser réemporter par le monde de noir et de vide qu’il venait de quitter, il se força à rouvrir les yeux et le fil de sa mémoire continua à se dérouler dans son regard vide. Ses derniers mots, ses derniers ressentis, son dernier pas, celui qui aurait pu, qui aurait du, lui être fatal puis le trou noir et maintenant. Maintenant avec Aylin qui était toujours près de lui, sa main dans la sienne, ses yeux fixés sur son visage. Un sourire amusé déforma les lèvres du jeune homme sans qu’il ne sache ce qui le provoquait et il caressa du bout des doigts la paume à sa portée avant de tourner lentement la tête vers le visage de la brune, une sensation de lourdeur persistant à l’intérieur de lui:

- Je crois bien avoir une dette envers vous, désormais, mademoiselle Stevens… Et pas des moindres étant donné qu’il semblerait que vous m’ayez sauvé la vie.

Son sourire se transforma, abandonnant l’amusement qui s’y lisait pour une tendresse que le Vagabond ne se savait pas avoir. Il était heureux que ce soit la Vagabonde au caractère bien trempé et au visage d’Ange qui soit à son chevet. Si ça n’avait pas été elle, se réveiller n’aurait assurément pas eu la même saveur pour lui. Doucement, il pivota sur le flanc, éprouva la raideur de ses muscles et apprécia les sentir répondre parfaitement. Comme s’il n’était jamais tombé mais qu’il avait simplement trop dormi et que son corps était encore endormi. Il leva alors sa seconde main et caressa le visage de la jeune femme, comme il l’avait déjà fait par le passé. La sensation demeurait agréable pour lui. Il espéra que ce fut aussi le cas pour celle qui recevait la caresse.

___________________________


Max
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MessageSujet: Re: Like a Broken Arrow... Aylian III. ♥ (With Sam)   Lun 27 Fév - 3:56

__C l o s e r t o l o v e__
Bon, chéri, j'vais t'exploser la gueule mais c'pour te montrer mon amour.

C'est drôle, la vie. Il est même effrayant de constater que tout peut basculer en une fraction de secondes. En un vulgaire instant, l'être humain peut passer de la joie à la peine, du rire aux larmes. De la vie à la mort. L'existence est une chose étrange, sans sens réel, sans but. Jusqu'à ce que le destin place sur votre route une personne, qui ébranlera les fondements de celle-ci. Alors, vous vous sentirez étrange. Votre cœur semblera battre plus fort, les monde vous semblera plus beau, plus coloré. L'être qui partagera votre âme illuminera vos journées, sans raisons apparentes. Il ne suffira que d'un regard, un sourire. Mais lorsque le sourire se fane et que le regard s'éteint, le rideau se déchire. Et c'est alors que vous plongez dans les abîmes du désarroi, ravagé par un raz-de-marée de souffrance.

Le visage de Maximilian Leevanston était pâle, terni par la mort qui était venue l'embrasser. Le cœur serré, la jeune femme à ses côtés se demandait comment les choses allaient se passer. Le pouvoir de Sam avait un certain je-ne-sais-quoi d'abstrait mêlé de concret, si bien qu'Aylin n'arrivait pas à savoir si il avait été efficace. Le temps qui s'était écoulé depuis que Sam était parti lui semblait bien trop long dans le cadre d'une réussite. Alors, elle envisageait ce qui lui paraissait inimaginable. Avait-elle perdu le Vagabond ? Avait-il disparu avant même qu'elle n'ait pu découvrir ce qu'elle ressentait ? Perdue dans ses pensées, elle ne réalisa pas qu'il avait brièvement ouvert les yeux. En revanche, elle ressentit parfaitement la légère pression sur ses doigts. Légère, mais réelle. Alors, elle le fixa, en attente de quelque chose, le cœur rendu douloureux par l'espoir. Ce même cœur qui se mit à battre brutalement dans sa cage thoracique lorsque le jeune homme ouvrit de nouveau les yeux, posant ainsi son regard noisette sur elle. Figée, elle observa sans réagir un sourire amusé se dessiner sur ses lèvres.
- Je crois bien avoir une dette envers vous, désormais, mademoiselle Stevens… Et pas des moindres étant donné qu’il semblerait que vous m’ayez sauvé la vie.
Le son de sa voix s'écoula en elle comme une cascade de joie. Sa respiration devint moins douloureuse et elle ferma un bref instant les yeux, craignant d'halluciner. Pourtant, lorsqu'elle les rouvrit, ce fut pour voir Maximilian porter une main à son visage afin d'effleurer doucement sa joue. Alors seulement, elle se laissa submerger par une foule de sentiments contradictoires tels que la joie, la colère, le soulagement et bien d'autres.
- Vous êtes un idiot, Maximilian Leevanston. Un parfait idiot.
Sa lèvre inférieure trembla un peu lorsqu'elle prononça ces mots. Puis, ce fut le reste de son corps qui se mit à trembler alors qu'elle martelait son torse de coups de poings, furieuse.
- Vous avez failli mourir ! Ne me refaites jamais un coup pareil, jamais ! Je vous déteste... JE VOUS DÉTESTE !
Les mots fusèrent, acides, tandis qu'elle continuait à le frapper de façon désordonnée. Envahie par la peur de le perdre mêlée au soulagement de le savoir en vie, la jeune femme se mit à pleurer. Elle frappe, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus la force de le faire. Alors seulement, elle se recula, et alla s'appuyer contre la table basse, loin de l'homme qui avait chamboulé son existence jusqu'alors tranquille. Ses yeux se mirent à fixer un point dans le vide à l'opposé de Maximilian tandis que des larmes amères coulaient silencieusement le long de son visage fin. Qu'elle semblait fragile, en cet instant précis... Telle une poupée de porcelaine en train de vaciller au bord du vide, menaçant ainsi de se briser en mille morceaux. Les doigts de la jeune femme glissèrent sous son débardeur, effleurant ainsi la cicatrice hideuse qui barrait son ventre. Ainsi prostrée, un sanglot la secoua et elle ferma les yeux.
- Vous m'en voulez vraiment ?
La voix du Vagabond s'était brisée sur cette question. Il était blessé, meurtri. Son interrogation était malsaine. Bien sûr qu'elle lui en voulait ! Elle lui en voulait d'être ce qu'il était, un homme qui avait franchi les barrières qu'elle s'obstinait à maintenir autour d'elle et qui avait violé la carapace qu'elle s'était forgé autour du cœur. Elle lui en voulait de s'être glissé ainsi dans sa vie et d'avoir pris une place aussi importante, et de lui plaire autant. Et surtout, elle lui en voulait d'avoir failli l'abandonner. Mais c'était quelque chose qu'elle ne pourrait jamais lui dire, parce que le blesser ne servirait à rien, à part à démontrer un certain égocentrisme. C'était lui qui avait frôlé la mort, pas elle, et lui faire du mal était quelque chose de non-envisageable. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Incapable de le regarder après l'avoir meurtri par ses paroles violentes et empoisonnées, la seule chose qu'elle pu faire fut de répondre à sa question :
- Non.
Paradoxalement, il s'agissait de la vérité. Avoir perçu la douleur dans la voix du jeune homme avait fait retomber toute la colère de la brune, une colère factice due à la peur intense qu'elle avait ressenti depuis qu'elle l'avait vu chuté. Alors, elle ramena ses genoux contre elle et resserra ses bras autour de ceux-ci, se repliant sur elle-même, regrettant de s'être autant dévoilée. La crise de nerfs passée, elle se sentait vulnérable, et surtout perdue. Les larmes continuèrent de couleur, silencieuses. Elle n'était plus Miss Stevens, la jeune femme forte qui manipulait les tables de jeu. Elle n'était qu'Aylin, une femme brisée déboussolée par les sentiments qu'elle éprouvait...
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    Date de Naissance : 18/09/1986







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MessageSujet: Re: Like a Broken Arrow... Aylian III. ♥ (With Sam)   Dim 11 Mar - 18:28

Par sa seule présence, Aylin Stevens faisait disparaître le monde aux yeux de Maximilian. Il ne s’en était jamais véritablement rendu compte jusque là bien que leurs jeux aient été plutôt prenants et que les jours sans recevoir de nouvelles de la jeune femme avaient été bien plus longs que les autres. Mais là, il ne lui était plus possible de le nier. L’attirance qu’il ressentait pour la Vagabonde dépassait largement la simple attirance physique. Il y avait réellement des sentiments derrière tout ça. Des sentiments qui faisaient que chaque acte de la brune provoquait une réaction chez lui et que chacune de ses actions à lui attendaient une réponse chez elle. C’était pour cela qu’alors qu’il caressait tendrement sa joue, il espérait que cela lui procure aussi une sensation agréable. Pour cela aussi qu’il ressentit une certaine anxiété naître en lui lorsqu’elle ferma les yeux, quelques secondes, après qu’il lui ait adressé la parole. D’une façon ou d’autre autre, il était en train d’irrémédiablement tomber amoureux d’Aylin. Ou peut-être l’était-il déjà mais ne le reconnaissait-il véritablement pour tel que maintenant ? Il n’en savait rien. La seule chose qui importait, pour le moment, était la foule d’émotions qui venait d’éclore sur le visage de la brune. C’était violent et embrouillé. Maximilian avait l’impression de découvrir une nouvelle émotion sitôt qu’il en décodait une autre. Cela le bouleversait mais que son réveil ait pu provoquer une telle réaction au sein de la Vagabonde le rendait quasiment extatique. Encore une fois, ils se trouvaient dans le même bateau, que ce soit celui de la séduction ou de l’acceptation. Et ce bateau paraissait avoir pour nom « Passion ».

- Vous êtes un idiot, Maximilian Leevanston, prononça-t-elle soudain d’une voix qui réveilla immédiatement tous les instincts protecteurs du brun. Un parfait idiot.

L’émotion transparaissait de manière évidente, que ce soit dans le tremblement de sa lèvre inférieure, ou dans le ton de sa voix. Encore un peu malhabile dans ses mouvements, le jeune homme eut envie de se laisser tomber auprès d’elle pour la prendre dans ses bras mais elle se mit à frapper furieusement son corps avant qu’il n’en ait eu le temps. Dans ses coups se ressentait tout le trouble que la chute du brun avait engendré. Il ne se sentit ainsi pas le droit de faire autre chose que subir, dans l’espoir qu’elle se sente mieux après cela.

- Vous avez failli mourir ! Ne me refaites jamais un coup pareil, jamais ! Je vous déteste... JE VOUS DÉTESTE !

Les mots vinrent le conforter dans son interprétation des évènements. Il savait qu’elle ne le détestait pas, au contraire, et il ferma les yeux pour éviter de laisser quelques larmes en sortir. Il avait une conscience aigüe du fait que cela ne ferait qu’ajouter du désordre à ce qu’Aylin ressentait et il ne le voulait surtout pas. La sérénité et le bien-être de la jeune femme passait largement avant le sien. Tant pis s’il se retrouvait avec quelques hématomes, à cause de cela. Rouvrant les yeux, il vit que les yeux bleus de la brune avaient finalement cédé et que des gouttes en tombaient, chaotiquement. Il aurait voulu les sécher, l’arrêter, la rassurer mais il resta immobile, son attention fixée sur elle, indifférent aux heurts qu’elle lui donnait. Car il était le centre de son monde autant qu’elle était le centre du sien. Et cet instant le symbolisait, à sa façon.

Brusquement, tout s’arrêta. Les petits poings d’Aylin à la dureté surprenante ne vinrent plus se confronter à son torse et discerner les sillons que ses larmes avaient creusés sur ses joues lui devint impossible alors qu’elle allait se poser contre la table basse. A un endroit où Maximilian ne pouvait plus l’atteindre en levant simplement le bras. Cela lui fit bien plus mal que n’importe quel coup. Il ne savait comment appréhender ce changement de situation. Alors, sans réagir, il l’observa oublier son existence. Il contempla le flot brûlant de ses larmes noyer son visage. Il nota l’impression de fragilité qu’elle exhalait plus que jamais. Et ses yeux noisette finirent par ne plus pouvoir endurer ce spectacle. D’eux-mêmes, ils se fermèrent avant qu’un instinct absolument primal ne lui enjoigne de les rouvrir. Elle avait fait de même. Elle avait besoin de lui. Il n’avait pas le droit de l’observer comme si une vitre les séparait parce que ce qu’il y avait entre eux n’était que du vide.

La première des choses qu’il pouvait faire pour essayer de l’aider était de cerner ce qui lui faisait aussi mal. Il avait, bien sûr, une petite idée sur la question mais rien ne valait l’explicitation. Décidé à savoir si c’était bien à cause de lui qu’elle se trouvait dans un tel état, il prononça donc cinq mots qui lui déchirèrent la gorge tant il avait peur de la réponse qu’ils pouvaient susciter :

- Vous m'en voulez vraiment ?

Tendu comme un arc, ses muscles lui faisant presque mal du fait de l’expectation dans laquelle il se trouvait, il bascula doucement ses jambes du canapé et grimaça lorsque ses pieds touchèrent le sol. Une pointe de douleur venait d’éclater dans sa tête. Elle disparut néanmoins rapidement et il se trouva assis approximativement droit, ses mains lui servant d’appui, de part et d’autre de ses cuisses. Son regard était toujours posé sur Aylin. Celle-ci persistait dans son acte d’ignorance visuelle et il sembla au brun qu’une éternité était passée alors que seul un instant s’était écoulé lorsqu’elle lâcha finalement sa réponse dans l’air chargé de tension de la pièce :

- Non.

Les paupières du Vagabond se fermèrent immédiatement tandis qu’il inspirait profondément, ses épaules abandonnant un peu de la raideur qui les emprisonnait jusque là. Avec lenteur, il expira et son regard fut de nouveau dévoilé, de nouveau concentré sur la jeune femme qui s’était recroquevillée en position fœtale. A quelques mètres de lui. Il voyait son abdomen tressauter, à cause des larmes qui n’avaient pas fini de s’écouler de ses yeux. Son cœur se serra. Sans réellement réfléchir à ce qu’il faisait, il se leva du canapé sur lequel il était jusque là et s’avança vers elle. Elle ne sembla pas remarquer son avancée, trop prisonnière du cocon douloureux qui s’était formé autour d’elle. En prenant garde à ne pas être brusque, il s’agenouilla près d’elle et fit courir lentement ses doigts sur son dos. Patiemment, il lui fit comprendre qu’il était là, caressa ses épaules et ses cheveux puis il se positionna en tailleur et l’entraîna sur lui. Il avait la sensation qu’il ne pourrait pas mieux lui faire comprendre que tout irait bien. Ses mains dansaient gentiment sur son corps, ses lèvres embrassaient ce qui passait à leur portée mais jamais, ô grand jamais, il ne se laissait emporter par une quelconque passion. De passion, il n’y avait pas. Ou plutôt, toute la passion qu’il ressentait à l’égard d’Aylin s’était métamorphosée en une tendresse infinie qui le poussait à vouloir faire n’importe quoi pour la rassurer. Il la serrait fort contre lui, la berçant, la câlinant. L’entourant de sa présence jusqu’à ce qu’elle ne perçoive plus que lui. Mais aucun mot ne perçait la barrière de ses lèvres. Il avait l’esprit vide. Un seul but le conduisait : rassurer Aylin Stevens. Et ce but continuerait à condamner toutes les autres parties du cerveau du brun tant qu’il n’aurait pas mené sa mission à bien.

Sa chute avait totalement disparu de son esprit. Il ne sentait même plus vraiment la sensation de lourdeur que son réveil avait dévoilée. Pas plus qu’il ne remarquait les légers tirements qui parcouraient son torse et qui avaient été provoqués par les coups de la Vagabonde. Cela ne comptait vraiment plus en comparaison de l’état dans lequel elle se trouvait. Finalement, au bout de quelques instants, il la sentit se calmer et son corps se détendit contre lui. Déposant un baiser sur son front, il se relaxa également mais une partie de lui se tenait attentive, prête à intervenir en cas de rechute de la part de la jeune femme. Un léger mouvement de balancier était imprimé à son abdomen, entraînant la brunette avec lui, mais il ne l’arrêta pas. Cela lui faisait du bien. Si la comparaison n’avait pas paru relativement malsaine au vu des sentiments amoureux qui paraissaient s’être développés entre eux, Maximilian les aurait volontiers comparés à une mère et son enfant, Aylin et lui-même. Lui tenant, bien évidemment, le rôle de la mère. Il laissa encore quelques secondes passer puis son cerveau dégela l’ensemble de ses fonctions habituelles, à peu près certain qu’il avait mené sa mission à bien.

- Je vous promets de ne plus jamais essayer de vous tromper avec la mort, chuchota-t-il, son regard fixé sur le mur devant lui.

Il savait que les mots qu’il venait de prononcer pouvaient être à double-tranchant. Ou bien la jeune femme les interprétait avec l’humour qu’il avait voulu y mettre et cela allégeait l’atmosphère, ou bien elle se renfermait par leur faute et là, Maximilian pourrait dire qu’il méritait la palme d’or de l’idiotie.

___________________________


Max
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