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 You knock me over ~ Alaël + Ana {1/4}

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MessageSujet: Re: You knock me over ~ Alaël + Ana {1/4}   Sam 24 Sep - 16:06

Quand Anaël se tut, il vit le jeune homme devant lui changer. Il se redressait quelque peu, levait la tête, durcissait ses traits. Il ne se laissait plus abattre, frappé dans son orgueil par les mots de l'infirmier qui souriait intérieurement, sans rien laisser apparaître sur son visage pour ne pas brusquer l'homme qui se tenait maintenant face à lui. Il le vit reculer jusqu'au plan de travail en inox installé derrière lui et s'y adossé, posant ses mains sur le métal froid. Anaël soutenait son regard glacial sans dévier le regard. Ils restèrent plusieurs instants ainsi, avant que le jeune homme prenne la parole :

- Très bien, monsieur l’infirmier. J’ai bien entendu tout ce que vous avez dit. Donc, afin d’éviter de vous faire perdre davantage votre temps, puisque tant de gens ont besoin de votre divine présence, je vais vous dire ce dont j’ai besoin : j’ai besoin d’être seul. Je ne veux pas attendre des nouvelles de ma sœur avec vous. Votre compagnie m’est vraiment intolérable. Envoyez-moi quelqu’un si vous pensez que je risque de me frapper avec le rouleau jusqu’à ce que mort s’ensuive mais vous, partez. Ou sinon, nous nous battrons et même si je ne suis pas sûr de gagner, je suis certain que cela ne vous fera pas que du bien.

- Je ne bougerais pas d'ici, rétorqua tout de suite Anaël. Et vous ne me frapperez pas, nous ne nous battrons pas. Et vous avez beau avoir fait remonter votre égo à la surface, je sais pertimment que vous êtes toujours autant effrayé au fond de vous, que vous tremblez de peur mais que mes mots vous ont piqués au plus vif de votre orgueuil. Et que vous tentez de vous protéger en agissant ainsi, froidement, en vous détachant de la situation et en jouant au gros dur. Mais vous savez, ça ne marchera pas. Parce que votre soeur est sur le billard, entrain de se faire enlever une balle du corps.

Anaël gardait ses yeux dans ceux du jeune homme, sans jamais détourner le regard. Ils étaient d'un bel émeraude, il avait toujours aimé les yeux verts. Jon avait les yeux verts. Et cette pensée lui serra le coeur. Jon... Il avait beau être arrivé à Londres depuis plusieurs mois et s'occuper toute la journée, son ancien amant revenait le hanter jour et nuit. Il avait beau ne plus être à New York, il trouvait toujours quelque chose qui le rapellait à lui. Les yeux verts du jeune homme qui se tenait face à lui, ou la Tamise qui lui rappellait le Hudson, où ils s'étaient rencontrés et sur le bord duquel ils avaient fait de nombreuses balades, ou une musique, qu'il entendait par hasard et qu'ils avaient écouté ensemble, ou un passant croisé dans la rue qui portait des affaires semblables aux siennes... Il venait aussi le rendait chaque nuit, parfois sous forme de rêves, ses meilleures nuits, mais s'était plus régulièrement sa mort qu'il revivait, leur agression, avant de voir Jon lui reprocher d'être encore vivant, d'entendre ces mots sortir de sa bouche...

Il frisonna, ferma les paupières un instant et se reconnecta à la réalité. Ne plus penser à Jon. Ne plus penser à Jon. Ses tripes étaient toutes nouées dans son estomac, il sentait la bile lui remonter dans l'oesophage, comme chaque fois qu'il revivait ou pensait à son cauchemar, mais la retint. Il devait s'occuper du frère effrayé, pour l'instant, et d'autres patients attendaient encore son aide. Ne plus penser à Jon. Il rouvrit les paupières et croisa à nouveau les pupilles du jeune homme qui se tenait face à lui. Pupilles émeraudes. Il détourna le regard et s'assit sur le fauteuil, pour se ressaisir. Ne plus penser à Jon. Il resta un moment assis en silence, le regard dans le vague, tentant d'effacer l'image de Jon ancré dans son crâne, avant de prendre la parole, regardant à nouveau le jeune fomme dans les yeux :

- J'ai cru comprendre, vaguement, que vous étiez riches et célèbres. Mais je ne te connais pas, et mes collègues, qui vous connaissent sûrement, ont autre chose à faire que s'intérésser à vos frasques. Nous ne sommes pas des journalistes assoifés par vos faits et gestes, à toi et à ta soeur. Et je ne voulais pas dire que tu ne nous intéréssais pas, qu'on se fichait de toi, de vous. Je me suis mal exprimé. Et je sais que tu n'en as rien à foutre de ma compassion, mais je cherche juste à ce que tu te sentes mieux. Même si je sais pertimment qu'aucun discours, qu'aucun mot ne pourrait te défaire de ton angoisse, de ta peur, et que tu ne pourras te sentir mieux jusqu'à ce qu'elle se réveille. Mais au moins, ta soeur se réveillera, tu sais.
Anaël poussa un soupir. Il se sentait inutile face à ce jeune homme hostile et froid, barricadé derrière son orgueil et son égo.

- Tu peux peut-être me parler d'elle, de vous, de ce qui s'est passé... Peut-être. Ne monte pas tout de suite sur tes grands chevaux. Mais je resterais ici. Comme je te l'ai dit, dans le silence, ou dans l'écoute. Et si ça t'amuse de te défouler, je ne suis pas à ça près...
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    Date de Naissance : 03/08/1989







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MessageSujet: Re: You knock me over ~ Alaël + Ana {1/4}   Jeu 10 Nov - 23:26

La réaction de l’infirmier ne se fit pas attendre. Pourtant, ce fut comme si une éternité était passée, aux yeux d’Alexander, tant il ne s’attendait pas à recevoir une quelconque résistance, chose qui advint cependant quand il entendit la réponse qui lui fut faite.

- Je ne bougerais pas d'ici, commença le jeune homme avec autant d’assurance qu’il en avait lui-même démontré, une seconde auparavant. Et vous ne me frapperez pas, nous ne nous battrons pas.

A ce moment-là, le Vagabond mourut d’envie de le cogner avec le rouleau ou son poing, peu importait, tant que cela lui faisait ravaler ses mots. Le flot verbal continu l’en empêcha.

- Et vous avez beau avoir fait remonter votre égo à la surface, je sais pertinemment que vous êtes toujours autant effrayé au fond de vous, que vous tremblez de peur mais que mes mots vous ont piqués au plus vif de votre orgueil. Et que vous tentez de vous protéger en agissant ainsi, froidement, en vous détachant de la situation et en jouant au gros dur. Mais vous savez, ça ne marchera pas. Parce que votre sœur est sur le billard, en train de se faire enlever une balle du corps.

La rage qu’il était difficilement parvenu à calmer se raviva subitement en Alexander comme un brasier tout juste alimenté et il fusilla son interlocuteur du regard, souhaitant transpercer ses orbes bleutées et le faire plier, une bonne fois pour toute. Parce qu’il n’avait pas droit de continuer à dire ce qu’il venait de dire ! Il n’avait pas le droit de frapper où cela faisait mal ! Il était un infirmier, quelqu’un qui aidait son prochain, alors pourquoi s’acharnait-il sur lui ? Profondément fatigué, autant moralement que physiquement, le Vagabond songea à partir, à rentrer chez lui mais la perspective de louper une quelconque annonce au sujet de sa sœur l’incita à rester. L’idiot du village, en face de lui, n’avait pas à prendre une place trop importante dans sa vie, même pour une courte période. D’ailleurs, que faisait-il les yeux fermés ? Le regarder l’insupportait-il tant qu’il devait se ménager une pause ? Ou, au contraire, sa beauté l’éblouissait-elle à un point quasiment inacceptable pour un simplet tel que lui ? Connaissant ses qualités physiques plutôt incontestables, Alexander estima la seconde solution plus probable, et même si au fond de lui, il se demandait sincèrement ce qui pouvait susciter cette réaction chez cet homme qui avait du cran à revendre, il n’en laissa rien paraître. Il ne faisait pas partie des services sociaux. Et aider son prochain ne faisait décidément pas partie de ses loisirs, à lui. Le teint de l’infirmier prit brusquement une teinte délavée. La perspective d’un quelconque éclat vomitif fit jeter un coup d’œil alentour au Vagabond qui ne trouva malheureusement pas de bassine pour endiguer l’éventuel flot. Relativement dépité, il ferma à moitié ses paupières tel un félin au repos mais prêt à bondir sur la moindre proie qui passerait à sa portée et attendit que son vis-à-vis cesse de faire l’autiste. Comme s’il entendait son impatience grandissante, l’infirmier rouvrit soudainement les yeux et leurs regards se rencontrèrent, s’harponnèrent, immédiatement, avant de se lâcher tout aussi rapidement alors que l’apprenti autiste allait s’asseoir sur le siège à côté de lui.

Autant qu’Alexander pouvait en juger, dire que cela n’allait pas était presque un euphémisme tant le jeune homme avait l’air bouleversé. Il en oubliait presque sa sœur, sa moitié, à cause du brusque changement d’état de son interlocuteur. L’envie de savoir ce qui avait bousculé l’infirmier se fit plus pressante en lui. L’envie de lui donner une gifle pour lui faire regagner Terre et avancer la situation, aussi. Néanmoins, une fois encore, il se contint. Par respect pour le choc que l’autre paraissait subir ? Peut-être. Par flemme de bouger jusqu’à lui ? Sûrement. Alors, durant un moment qui parut ne pas avoir de véritable repère chronologique, ils restèrent immobiles, chacun à sa place, pas trop près mais pas trop loin non plus, Alexander fixant l’infirmier qui, lui, contemplait le vide avec une expression presqu’hallucinée. Ce qu’il voyait n’était pas discernable aux yeux du Vagabond, toutefois, ce dernier n’était pas certain de le regretter. D’une façon aussi inattendue qu’il avait rouvert les yeux, l’autiste bientôt confirmé fit bouger son regard jusqu’à Alexander et reprit la parole, d’une fois un peu distante dans ces premiers mots :

- J'ai cru comprendre, vaguement, que vous étiez riches et célèbres. Mais je ne te connais pas, et mes collègues, qui vous connaissent sûrement, ont autre chose à faire que s'intéresser à vos frasques. Nous ne sommes pas des journalistes assoiffés par vos faits et gestes, à toi et à ta sœur.

Le manque flagrant de connaissance qu’avait le jeune homme sur le monde dans lequel il vivait, dans lequel ils vivaient tous les deux, titilla l’envie qu’avait le Vagabond de lui faire du mal mais il s’abstint. S’il épuisait ses dernières réserves d’énergie, il ne pourrait peut-être pas assister au réveil de sa sœur et il le refusait. Pendant ce temps, son bourreau verbal continuait de s’exprimer :

- Et je ne voulais pas dire que tu ne nous intéressais pas, qu'on se fichait de toi, de vous. Je me suis mal exprimé. Et je sais que tu n'en as rien à foutre de ma compassion, mais je cherche juste à ce que tu te sentes mieux. Même si je sais pertinemment qu'aucun discours, qu'aucun mot ne pourrait te défaire de ton angoisse, de ta peur, et que tu ne pourras te sentir mieux jusqu'à ce qu'elle se réveille. Mais au moins, ta sœur se réveillera, tu sais.

Un soupir accompagna la remarque, comme si le jeune homme regrettait cela. Une vague de haine déferla en Alexander et il crispa ses doigts sur le formica qui composait le plan de travail sur lequel il était appuyé. De quel droit ce bon à rien se permettait-il de penser ce genre de choses ? Etait-il vraiment infirmier ? Un doute surgit dans l’esprit agité du Vagabond et il se prit à considérer son interlocuteur d’un œil nouveau. Après tout, il était à la portée du premier venu d’enfiler une blouse immonde et de parler comme un abruti. Pourtant, la certitude qu’il faisait bien partie du personnel soignant de l’hôpital était ancrée en lui, au même endroit que celle disant qu’il ne dirait à aucun de ses collègues ce qu’il était en train de se dérouler dans cette salle. D’une certaine façon, ça serait leur petit secret. Alexander n’était même pas sûr d’en parler à Anastasia. Notamment parce qu’il n’était pas certain de se souvenir de tout, lorsqu’il lui serait possible de communiquer avec sa sœur, ou même de se souvenir tout court de cet entretien pourtant si particulier.

- Tu peux peut-être me parler d'elle, de vous, de ce qui s'est passé... Peut-être. Ne monte pas tout de suite sur tes grands chevaux. Mais je resterais ici. Comme je te l'ai dit, dans le silence, ou dans l'écoute. Et si ça t'amuse de te défouler, je ne suis pas à ça près...

Ces dernières phrases coupèrent le Vagabond dans son élan pensif. Il lui avait semblé comme entrevoir une faille dans ces mots, une faille profonde et douloureuse. Une faille qui n’était pas prête à cicatriser. Une faille dont il n’avait pas à se préoccuper. Il n’était pas assistante sociale pas plus qu’il n’était l’ami de l’autiste dépressif face à lui. Décrispant ses doigts du formica sur lequel ils étaient encore serrés, il reprit instinctivement son regard de félin au repos et se redressa avant de s’avancer de son pas naturellement assuré vers l’infirmier.

- Alexander Wenstone, enchanté, déclara-t-il en tendant sa main à l’homme face à lui avant d’enchaîner immédiatement. Je suis ici parce que j’attends ma sœur : elle est en salle d’opération. Un salopard lui a tiré trois balles dessus.

Il ne savait pas ce qui le poussait à faire cela. L’envie de repartir sur de nouvelles bases ? Certainement mais pourquoi ? Pour se ménager ? Ne pas user ses dernières forces ? Il préférait se dire que c’était cela plutôt qu’écouter une possibilité ô combien dérangeante : celle qu’il faisait cela pour détourner l’infirmier des idées noires, des démons prenants, qu’il paraissait avoir en lui. L’hypothèse que sa poignée de main ne lui serait peut-être pas rendue ne lui traversa cependant pas l’esprit : il n’avait pour ainsi dire jamais été rejeté et au vu de la situation, de l’effort qu’il faisait, même s’il avait envisagé le fait, il aurait trouvé incroyablement peu cordial de la part de l’homme de le faire. Un constat l’éclaboussa soudain : peut-être était-ce simplement l’utilisation qu’avait faite l’infirmier du tutoiement qui l’avait poussé à faire cela. Pour que le vouvoiement revienne. Ainsi que la distance entre eux.

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