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 Ouvre les yeux et regarde le Monde tricher - Lilalo.

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    Date de Naissance : 22/02/1982







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MessageSujet: Ouvre les yeux et regarde le Monde tricher - Lilalo.    Mer 29 Juin - 15:01


You can breath, today.


Fermer les yeux. Rester calme. Sourire. Renversante dans sa longue robe noire, Liesel se préparait mentalement à ce qui l’attendait tout en progressant silencieusement le long du couloir, sa main posée sur les boiseries ornant les murs, comme pour s’empêcher de tressaillir. Son allure était lente, dans une tentative maîtrisée pour ne pas s’enfuir à grandes enjambées. Tout ce qu’elle savait l’attendre la dégoutait. Elle n’en montrait rien, pourtant. Un masque s’était greffé sur son visage ; un masque froid, que seul un pâle sourire tentait vainement d’illuminer. Dans ses yeux d’un bleu acier se reflétait un éclat dur. Presque coupant. Malgré cela et la noirceur de sa robe, elle savait ce qui allait se passer, Liesel. On lui ouvrirait cérémonieusement les doubles portes, et la totalité des regards se tourneraient alors vers elle. Vers la cascade de boucles dorées qui ondulaient dans son dos. Vers ses lèvres rouges carmin. Vers les courbes de son corps redessinées par la coupe de sa robe couteuse. Elle n’était pas vraiment parfaite, elle était désirable. Et d’un sourire, elle faisait plier n’importe quel homme présent à la soirée. Et peu importaient les expressions qui assombrissaient son regards –ils étaient bien trop aveugles pour s’en soucier. A chaque fois, le même manège se répétait. Inlassablement. Fermer les yeux. Rester calme. Sourire. Elle jouait son rôle d’Elizabeth à la perfection, ensorcelant ces messieurs d’un sourire éclatant d’hypocrisie et de quelques phrases provocatrices. Ils tombaient allègrement dans le panneau, ne se doutant absolument pas du double-jeu que menait en fait Liesel. Tout cela pour faire vivre le Journal. Il le fallait, même si le prix à payer était de passer une soirée en compagnie de la haute société londonienne, qui s’empiffrait, se vantant de leur richesse. Alors que d’autres, dehors, subissaient les terribles effets de la Crise. Eux, ils en tiraient profit. Impitoyablement, et sans aucune honte. L’amère saveur du dégoût lui emplit la bouche. Rien qu’à l’idée des grasses mains du Premier Ministre sur sa taille le temps d’une valse la révulsait.

Fermer les yeux. Rester calme. Sourire. Sa main cessa d’effleurer les boiseries alors qu’elle stoppait sa marche. Les doubles portes lui faisaient face. Son sourire s’agrandit alors qu’au fond d’elle, son cœur protestait. Elle passa une main tremblante dans ses cheveux pour tenter de calmer les sentiments qui l’assaillaient ; même avec le temps, elle ne s’y ferait jamais. Elle inspira une grande goulée d’air. Les bracelets en argents ornant son poignet droit tintèrent lorsqu’elle salua le portier. Les portes s’ouvrirent. Chaleur. Lumières. Concert de voix aux accents largement étudiés. Tout cela la frappa de plein fouet en même temps qu’une désagréable sensation d’habitude. Résignée, elle débuta son petit jeu sordide. A pas lents, elle s’approcha d’un groupe d’hommes en costumes hors de prix, qui, comme les autres, la regardaient. Elle avait appris à ignorer ces regards et, tout en se dirigeant vers le rassemblement restreint où elle avait aperçu un des plus grands magnats de la finance du pays, elle s’empara d’une coupe de champagne sur le plateau d’un serveur en livrée beige. A l’instant même où ses hauts talons cessèrent de claquer sur le dallage en marbre, elle leva sa coupe pour saluer les hommes formant le cercle dans lequel une place pour elle s’était instinctivement libérée. Ce fut seulement à ce moment-là qu’elle intégra pleinement la peau de son personnage. Elizabeth, orpheline, riche héritière de l’immense fortune léguée par son oncle l’ayant élevée. Cette fable et le mystère de son nom ne faisait qu’accroître l’intérêt de ces messieurs, qui ne cessaient de l’inviter à ce genre de soirées privées. Elle trinqua avec eux, faussement heureuse d’être en leur compagnie, leur raconta ses derniers voyages d’affaires imaginaires à travers le monde, puis les orienta vers la conversation qui l’arrangeait.

A grand renfort de sourires, elle les guida exactement là où elle le souhaitait sans qu’ils n’y voient de mauvaises attentions. Comme toujours. Elle dit des choses qu’elle regretterait longtemps après. Des choses sur la Crise. Des choses sur les pauvres. Elle mentait comme elle respirait, enfouissant ses scrupules sous une montagne d’autres pensées. Elle s’efforçait de laisse Liesel s’effacer derrière Elizabeth, mais elle était beaucoup trop prompte à s’emporter. De nombreuses fois, elle sentit ses mains se crisper. Des paroles hargneuses s’emmagasinaient alors au fond de sa grogne. Et elle refoulait tout cela, Liesel. Elle le devait. Fermer les yeux. Rester calme. Sourire. Elle aurait pu très bien cesser ce double jeu, trouver d’autre sujets pour ses articles, et de nouvelles sources d’informations. Mais au fond, elle aimait ce qu’elle faisait. Elle aimait le risque permanent qui planait sur elle, tout comme elle aimait berner ces pauvres riches. Quand elle rédigeait ses articles avec les informations découvertes durant la soirée, elle sentait un sentiment de victoire l’envahir. Doux et amer à la fois, et elle ne se trouvait que plus vivante.

- Saviez-vous que les impôts vont encore augmenter ? Néanmoins, je ne pense être beaucoup touché par cela, un coup de téléphone à mon banquier, un virement à l’étranger, et le tour est joué !

Des rires appréciateurs retentirent. Liesel sentit son sourire diminuer. Jusqu’à disparaître totalement. Sa main gauche raffermit sa prise sur le verre en cristal tandis que sa jumelle s’ingéniait à froisser le tissu de sa robe au niveau de la cuisse droite. Fermer les eux. Rester calme. Sourire. Non, elle ne pouvait pas. Elizabeth paniquait. Liesel enrageait. Comment osaient-ils rire de cette injustice ? Avec précipitation, elle prononça quelques mots pour reprendre le contrôle de la scène.

-
Je me sens quelque peu nauséeuse. Je sors un instant, nous reprendrons cette plaisante conversation à mon retour ! Dit-elle d’air air enjoué qu’elle méprisa.Un sourire forcé étira ses lèvres alors qu’elle rajoutait : Un de vous serait-il assez charmant pour me garder ma coupe ?

Elle l’abandonna à l’une des nombreuses mains tendues, et se détourna, non sans avoir jeté un dernier clin d’œil à ces messieurs. Elle se déplaça avec aisance et rapidité à travers la foule, et franchit avec soulagement la baie vitrée donnant sur le large balcon de la propriété privée offrant une vue admirable sur la Tamise. A la première goulée d’air nocturne et glacial, la journaliste se détendit. Un long frisson dû au froid la parcourut, mais elle ne s’en soucia pas. Un rapide coup d’œil pour s’assurer qu’elle était seule, et elle s’appuya lourdement sur la rambarde en marbre qui la séparait du vide.

-
C’est passé près, cette fois-ci. Tu vieillis, ma chère Lili, tu vieillis…

Elle s’empêcha de jurer, et opta plutôt pour un petit rire sans joie. Fermer les yeux. Rester calme. Sourire. Allait-elle trouver la force d’y retourner ?






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    Date de Naissance : 06/01/1992







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MessageSujet: Re: Ouvre les yeux et regarde le Monde tricher - Lilalo.    Mer 7 Sep - 14:41

Cigarette à la main, cravate noire dénouée autour du cou et colocataire en train de repasser une chemise blanche au col amidonné, Aloysius Vasteels finissait de se préparer autant mentalement que physiquement à la soirée qui l’attendait. Une soirée infestée de gens gras, lourds et ennuyeux mais qui avaient plus de pouvoir que lui, pour l’instant, et qu’il se devait donc d’approcher. D’ici quelques temps, les rôles se seront cependant inversés : il sera l’homme à approcher et à poignarder, ils seront ceux qui voudraient le faire. Quoiqu’en fait, il n’en était même sûr. Cela requerrait certainement trop d’efforts pour eux. Sûrement se laisseraient-ils dépérir comme les larves dégoûtantes qu’ils étaient, lorsqu’il aurait pris le pouvoir. Il l’espérait, en tout cas.

Relâchant un filet de fumée dans l’air déjà relativement souillé de la pièce, il se dit que ce n’était peut-être pas le meilleur parfum pour l’évènement auquel il allait participer. Avec un certain regret, il ouvrit donc la fenêtre et n’apprécia pas l’air frais qui entra immédiatement. Il était devenu naturel pour lui d’avoir de l’air pollué dans les poumons. Lou, sa colocataire, frissonna à cause d’un courant d’air et il ne put s’empêcher de lui faire remarquer que si elle daignait porter autre chose que ses shorts de sport idiots en tant que bas de vêtements, elle aurait moins froid. L’ignorant, la jeune femme acheva ce qu’elle était en train de faire, lui dit qu’il lui devait quelques grammes de dope et repartit se vautrer devant la télévision. Un peu circonspect, il la remercia en forçant la voix et enfila le vêtement encore un peu chaud par-dessus son maillot de corps blanc après s’être vaporisé d’une eau de toilettes coûteuse, achetée l’après-midi même. L’impression du vêtement juste repassé sur son épiderme était plutôt agréable, il ne pouvait le nier. Fermant les boutons soigneusement, il se dit qu’une soirée avec quelques membres de la Pègre était beaucoup moins ennuyante à préparer : même s’il fallait éviter de se présenter attifé comme un clochard, les costumes n’étaient pas chaudement recommandés. Mais étant donné qu’il avait fait en sorte de se faire inviter ce soir, il ferait l’effort qu’il s’était lui-même imposé. Debout devant sa glace, il fut bientôt temps de nouer sa cravate, chose qu’il avait le plus grand mal à faire. Après deux essais infructueux, il renonça à se débrouiller seul et alla chercher sa colocataire pour qu’elle s’en occupe. En grommelant, la jeune femme le fit rapidement et Aloysius pensa que si elle s’était trouvée un peu moins droguée, elle aurait été largement mariable. Il était encore temps pour lui de l’empêcher de plonger irrémédiablement dans le gouffre, songea-t-il en l’observant se réinstaller sur leur canapé. Quoique non, décida-t-il finalement en retournant dans sa chambre pour enfiler sa veste qu’il ferma avec des gestes empreints de solennité avant d’ajuster ses boutons de manchettes frappés de ses initiales. Fabriqués spécialement pour l’occasion, ils étaient d’argents et allaient parfaitement avec l’anneau de Vagabondage du blond qui finit par s’observer dans la glace avec beaucoup de satisfaction. Le reflet qui lui était renvoyé était lui d’un jeune homme distingué, habillé d’un costume sur mesures aussi noir que la nuit et prêt à entrer dans l’arène. Une troisième fois, il alla déranger Lou pour avoir son avis sur sa tenue et le geste du pouce levé vers le haut qu’elle lui offrit lui convint suffisamment pour qu’il se mette en chemin. Quittant l’immeuble, il pénétra dans le taxi qu’il avait fait appeler plusieurs heures auparavant et réalisa que dans moins de dix minutes, il entrerait pour la cinquième fois de sa vie dans l’une de ces soirées soi-disant huppées où toute la société « recommandable » de Londres se retrouvait. Louis Lestaves était dans la place, comme on disait.

OoO

Parfaitement intégré à un groupe d’hommes, tous banquiers ou avocats, le faux-Louis buvait du bout des lèvres une coupe de champagne en prenant soin d’écouter attentivement tout ce qui était dit. Décidément, plus on était riche au milieu d’un groupe de gens du même milieu, plus on avait la langue bien pendue par l’envie d’éblouir. Un sourire méprisant creusa le visage d’Aloysius et il s’empressa de boire une nouvelle gorgée pour le faire disparaître. Le coup acre de l’alcool le fit grimacer mais, par chance, une blague relativement nulle détourna l’attention de ceux qui auraient pu le remarquer. Riant aux éclats, non pas de la blague mais de ceux qui l’appréciaient, le Vagabond sentit une main grasse frapper son dos amicalement et il résista à l’envie de planter son cher couteau dans le ventre de l’importun. Au moins était-il désormais sûr d’être véritablement intégré. La double porte par laquelle les invités entraient au compte-goutte et par laquelle il était lui-même entré un peu plus tôt s’ouvrit soudainement et une femme qui devait avoir aux alentours de la vingtaine se présenta aux regards de l’assemblée. Magnifique blonde dont les boucles cascadaient d’une façon divine dans son dos, il semblait que la robe qu’elle portait avait été faite directement sur elle tant elle lui allait bien. Le sourire qui décorait son visage n’avait rien pour déparaître : ses lèvres maquillées d’un rouge élégant étaient aussi attirantes que le reste de sa personne. Un nouveau sourire moqueur plaqué sur le visage, Aloysius leva sa main pour le cacher et jeta un regard circulaire autour de lui : tous les hommes paraissaient envoûtés par la nouvelle venue. Par habitude, le blond essaya de voir si les mains de l’inconnue portaient un anneau identique au sien mais seuls des bracelets d’argent lui apparurent. Bien, au moins n’était-ce pas une Vagabonde venue ici dans un quelconque but. Sans plus prêter attentions aux bavardages près de lui, il la regarda s’inclure sans le moindre problème à un groupe et s’amusa de l’hypocrisie qui lui semblait tant évidente mais que les autres ne voyaient pas. Par égo ou simplement par stupidité, il n’aurait su le dire mais il aurait mis sa tête à couper qu’il y avait trop de sourires qui traversaient le visage de la jeune femme pour que ce soit naturel. Se désintéressant superficiellement d’elle, il interrompit l’homme qui discourrait pour lui demander qui était la charmante créature qui venait d’arriver. Un sourire grivois s’épanouit instantanément sur le faciès bien en chair du banquier et Aloysius en vint presque à plaindre la jeune femme tandis que son historique lui était récité. Elizabeth de nom inconnu était une orpheline élevée par un parent riche, aujourd’hui décédé, et donc une belle héritière, coqueluche de ce genre de soirée. Le narrateur concéda qu’ils ne savaient pas grand-chose d’elle mais rajouta avec un clin d’œil entendu que ce n’était pas ce genre de personnes qui pourrait faire du mal à qui que ce soit. Ce n’était pas comme cette affreuse journaliste qui écrivait des articles emplis de mensonges, conclut-il avec une grimace dégoûtée.
Observant la jeune femme avec un nouveau point de vue, Aloysius hocha la tête avec gravité puis finit enfin sa coupe de champagne qu’il s’empressa de déposer sur le premier plateau passant à sa portée. Les sourires trop présents de la blonde commençaient à se crisper tandis que le groupe autour d’elle s’esclaffait de plus belle. La belle héritière se sentirait-elle mal à l’aise parmi ses idiots de pairs ?

S’excusant auprès de ses propres compagnons de soirée sans se justifier, le Vagabond était sur le point d’intégrer celui d’Elizabeth pour avoir un autre aperçu d’elle quand elle se déroba aux « gentlemen » qui l’entouraient jusqu’alors et s’enfuit par la baie vitrée. Un regard autour de lui permit au jeune homme de constater que personne ne les observait, lui ou la blonde, tous les invités étant plongés dans leurs si palpitantes conversations, alors il lui emboîta le pas et fut aussi insatisfait que chez lui de retrouver l’air pur de l’extérieur. A ce qui paraissait être quelques pas du balcon, la Tamise étincelait sous la lune et le jeune homme trouva cela étrangement beau. Un peu plus loin sur le large balcon, qui était presqu’une terrasse, Elizabeth rit seule, avec la joie d’un iceberg se fissurant. La pensée qu’elle fut folle traversa l’esprit du blond. Néanmoins, peu décontenancé, il sortit une cigarette de l’étui en argent qu’il avait coincé à l’intérieur de sa veste et l’alluma avec le Zippo, lui aussi en argent, qu’il réservait pour ce genre d’occasions. Il aurait craint de le perdre, dans d’autres situations. Le bâtonnet empoisonné allumé, il s’approcha lentement de la jeune femme en prenant son temps et sans rien faire pour cacher sa présence. S’il se trouvait qu’elle était effectivement folle, il ne voulait pas qu’elle se jette sur lui pour lui arracher les yeux avec les doigts : il était convaincu qu’il aurait beaucoup de mal à expliquer aux autres convives que l’éviscérer avait été la meilleure chose à faire. A quelques pas d’elle, il s’arrêta :

- Bonsoir, miss Elizabeth. Je m’appelle Louis Lestaves. J’ai beaucoup entendu parler de vous… Il semblerait que vos charmes fassent des émules parmi nos compagnons…

La francisation de son nom était une idée de Lou. Il trouvait cela plutôt amusant, s’était même entraîné à parler avec un accent français mais avait fini par renoncer, trouvant cela vraiment trop moche. Comment ses congénères pouvait-il donc trouver cela mignon ? C’était à n’y rien comprendre. Un nuage de fumée se stabilisant autour de lui, il se dit que si la jeune femme était effectivement folle et qu’elle se retournait vers lui à cet instant présent, elle hurlerait certainement au Diable et il en vint presque à le souhaiter. Etre confondu avec un tel être aurait le mérite d’être divertissant même s’il ne croyait pas réellement à son existence.

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I will never die. I will never lose.

I will never be defeated.



I'm Aloysius, God, Vasteels.
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